Les bons réflexes si son enfant dort mal

10 octobre 2017
Pour aider votre enfant à trouver le sommeil, vous pouvez instaurer des rituels calmes et l’habituer à s’endormir seul. Si ses difficultés à dormir deviennent plus fréquentes ou plus importantes, il peut être nécessaire de consulter votre médecin.

Que peut-on faire par soi-même lorsque son enfant dort mal ?

Conseils pour favoriser un bon endormissement et un sommeil durable

Le rythme jour/nuit

  • adoptez progressivement des heures de coucher et de lever régulières, y compris le week-end. Évitez tout lever tardif  pour rattraper une mauvaise nuit car il s'ensuivra un décalage des heures de sieste et de coucher ;
  • si votre enfant a besoin d'une sieste, veillez à ce qu'elle ait lieu en début d'après-midi et qu'elle ne soit pas trop longue. Les siestes tardives dans l'après-midi retardent le coucher. Réveillez votre enfant si la sieste se prolonge ;
  • pensez, au cours du dernier repas de la journée, à nourrir votre enfant suffisamment et de façon équilibrée, selon son âge : ainsi, l'endormissement sera facilité et votre enfant ne se réveillera pas à cause de la faim ; ne lui donnez pas de biberon ou ne l'allaitez pas pour l'endormir.

Le coucher

  • avant de le coucher, optez pour des activités calmes (lecture...) et donnez-lui un bain qui l'apaisera ;
  • le soir venu, créez une atmosphère favorable au sommeil, en réduisant le bruit et la lumière dans la chambre ;
  • repérez les signes de fatigue chez votre enfant. S’il bâille, se frotte les yeux ou pleurniche, c’est qu’il a besoin de dormir ;
  • adoucissez la séparation du coucher par un petit rituel calme (histoire, chanson, câlin) à faire dans la chambre et proposez un doudou à votre enfant pour l’apaiser ;
  • ne laissez pas votre enfant devant la télévision ou tout écran le soir. Les jeux vidéo sur console, tablette ou sur ordinateur, l’utilisation du téléphone mobile sont déconseillés avant le coucher car ils sont associés à des problèmes d’endormissement et à un sommeil de médiocre qualité. L'utilisation des écrans est fortement déconseillée aux enfants de moins de 3 ans ;
  • la présence d'une veilleuse dans la chambre peut être utile pour rassurer l'enfant ;
  • une fois votre enfant couché, quittez votre enfant avant qu'il ne dorme. Laissez-le s’endormir seul.

Dans tous les cas, l’apprentissage de l’autonomie face au sommeil commence au coucher. En effet, un enfant qui sait s’endormir seul sait qu’il pourra se rendormir sans aide après un réveil nocturne.

Le sommeil

  • la nuit, si vous entendez que votre enfant est réveillé, attendez quelques minutes avant d'intervenir, il devrait se rendormir seul. Si vous intervenez, ne mettez pas la lumière, ne parlez presque pas et restez neutre afin de favoriser son endormissement ;
  • lors de ses réveils nocturnes, évitez de lui donner un biberon de façon répétée ; sinon, il deviendra incapable de s'endormir sans manger. N'oubliez pas que le biberon d'eau sucrée est, en plus, source de caries ;

Conseils en cas de parasomnies chez votre enfant

  • Si votre enfant présente des rythmies du sommeil avec des mouvements répétitifs importants qui le conduisent à se taper la tête contre le lit ou les murs, capitonner le tour du lit et si besoin faites dormir votre enfant sur un matelas à même le sol pour éviter les traumatismes.
  • S'il est somnambule et afin d'éviter un accident, vérifiez que les objets dangereux sont hors de portée, que les fenêtres et portes sont bien fermées et que l'accès à un escalier est impossible.
  • S'il a des terreurs nocturnes, n'essayez pas de le réveiller, mais éloignez les objets qui l'entourent et qui pourraient être dangereux en cas d'agitation intense.
  • Si votre enfant fait un cauchemar, il a besoin que vous le rassuriez pour se rendormir.
  • En cas d'énurésie nocturne, vous pouvez appliquer des mesures hygiéno-diététiques et éducatives, et consulter le cas échéant.

Comment réagir face aux pleurs d’un bébé au coucher ou dans la nuit ?

Si votre bébé pleure au coucher, c’est peut-être parce qu’il s’est habitué à ce que vous soyez présent au moment où il s’endort. Pour réduire cette dépendance, vous pouvez :

  • mettre votre enfant au lit, le quitter quelques minutes, puis, s’il pleure, revenir et rester jusqu’à ce qu’il s’endorme ;
  • réduire progressivement le temps passé dans sa chambre chaque soir au coucher, sur plusieurs jours. Au bout de cinq à sept jours, votre bébé devrait réussir à s'endormir seul.

Si au cours de son sommeil, votre enfant grogne, pleure, s'agite, s'assied dans son lit, voire se lève, essayez d’attendre un peu avant d’aller le voir. Cela ne sert à rien d'essayer de le consoler, il n'est pas toujours réveillé et il se rendort tout seul spontanément. Ces épisodes de "faux" réveils sont fréquents et peuvent survenir plusieurs fois par nuit.

Par ailleurs, si vous êtes déconcerté(e) par ses pleurs et si vous ne les supportez plus :

Il est préférable de ne pas donner de sirop sédatif à votre enfant sans avis médical.

Quand faut-il consulter en cas de troubles du sommeil de l'enfant ?

Des perturbations importantes du sommeil de votre enfant, s’installant dans la durée, peuvent nécessiter un avis médical.

Consultez votre médecin ou pédiatre si malgré les mesures que vous avez prises :

  • votre enfant met toujours plus de 30 minutes à s'endormir ;
  • il se réveille encore au moins une fois chaque nuit et reste éveillé au moins 20 minutes ;
  • il se réveille dès la première partie de la nuit ;
  • son sommeil est très agité entre les réveils ;
  • ses parasomnies perturbent durablement son sommeil et celui de votre famille. Par exemple en cas d’énurésie ou de somnambulisme causant un inconfort ou des blessures ;
  • votre enfant est fatigué dans la journée, il somnole facilement ou s'endort spontanément (par exemple en classe) ;
  • il est très agité dans la journée, agressif ou au contraire replié sur lui-même ;
  • votre enfant ronfle la nuit, présente des difficultés à s'alimenter, a des régurgitations, des infections ORL fréquentes (otites, rhinopharyngites, angines), des difficultés à respirer ;
  • il ne grossit ou ne grandit pas suffisamment bien ;
  • il présente de la fièvre, des symptômes inhabituels ou des douleurs en plus de ses troubles du sommeil.

Dans tous ces cas, si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin.

Pour préparer votre consultation, vous pouvez remplir un agenda du sommeil sur une dizaine de jours, en mentionnat les heures d'endormissement et de réveil, les épisodes de réveils nocturnes, les horaires des siestes et toutes vos difficultés face au sommeil de votre enfant. Ce document vous permettra de mieux communiquer au médecin les périodes de sommeil, d’éveil et de pleurs, ainsi que les événements survenant la nuit.

L'examen médical et le bilan permettront de rechercher la cause des troubles du sommeil de votre enfant et d'en assurer le traitement.

Les troubles du sommeil peuvent être présents dans certaines maladies

Certaines affections causent des troubles du sommeil persistants ou temporaires. Elles peuvent être :

Certains médicaments perturbent le sommeil de l'enfant : les corticoïdes, les bronchodilatateurs, les antitussifs...

Sources
  • Collège National des Pédiatres Universitaires. Troubles du sommeil chez l'enfant. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 6 octobre 2017]
  • Challamel M.-J., Franco P. Insomnies et troubles de l'installation du rythme jour/nuit du jeune enfant. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2011:1-6 [Article 8-0830]
  • Petit D., Montplaisir J. Conséquence d’un court ou mauvais sommeil chez le jeune enfant. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Site internet : enfant-encyclopedie.com. Montréal ; 2012 [consulté le 9 octobre 2017]
  • AboutKidsHealth. Troubles du sommeil. Site internet : aboutkidshealth.ca. Toronto (Canada) ; 2010 [consulté le 6 octobre 2017]
  • Vella S, Hasselmann O. Troubles du sommeil chez l’enfant. Forum Med Suisse. 2010;10(12):222–229
  • Weiss S.K. Conseils aux parents : prévention et prise en charge des problèmes de sommeil. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Site internet : enfant-encyclopedie.com. Montréal ; 2010 [consulté le 9 octobre 2017]