Les différents troubles de la mémoire et leurs causes

02 mai 2017
Les troubles ou pertes de mémoire appelés aussi troubles mnésiques correspondent à l'incapacité ou la difficulté à mémoriser un fait actuel à retrouver un souvenir. Les "trous" de mémoire, sont souvent anodins mais ils peuvent être invalidants lorsqu'une maladie ou un traumatisme sont en cause.

Qu’appelle-t-on troubles de la mémoire ?

Les troubles de la mémoire appelés également troubles mnésiques ou perte de mémoire sont une altération de la capacité soit à mémoriser un fait nouveau, soit à retrouver un souvenir, soit à faire les deux. Ainsi, la personne ne se rappelle plus certains faits récents ou des souvenirs anciens, ou les deux à la fois.

Qu'est-ce que la mémoire ?

La mémoire est la capacité à enregistrer des informations venant d'expériences et d'événements divers, à les conserver et à les restituer sous forme de souvenirs, de savoirs ou d'habiletés.

La mémoire est donc le souvenir de faits anciens et récents.

Au niveau du cerveau, il n'existe pas un centre de la mémoire individualisé. Le processus de mémorisation met en jeu des réseaux de neurones de différentes parties du cerveau fonctionnant en étroite collaboration et connectés entre eux.

La mémorisation se déroule en trois temps :

  1. Dans un premier temps, les informations à retenir provenant du monde extérieur sont sélectionnées puis codées au niveau de certains neurones du cerveau.
  2. Puis, ces informations "encodées" sont consolidées pour qu'elles ne soient pas perdues et puissent être stockées à long terme sans être oubliées.
  3. Enfin, l'information stockée peut être récupérée et restituée.

Il existe différentes formes de mémoire qui s'imbriquent l'une avec l'autre.

Elle porte sur les évènements récents. Elle permet de retenir certains événements pendant quelques secondes à quelques minutes. Elle stocke temporairement des informations et permet de se rappeler plusieurs d'entre elles en même temps.

C’est par exemple, la possibilité de se souvenir d'un numéro de téléphone le temps de le composer ou de le noter, avant de l'oublier. C'est la possibilité de faire un calcul mental en stockant quelques instants les calculs intermédiaires avant de donner le résultat final.

Elle permet d'avoir des souvenirs à long terme. Elle est donc durable et de capacité illimitée.

On distingue :

  • la mémoire des automatismes ou mémoire procédurale : elle concerne des processus inconscients. C’est la mémoire du savoir-faire et de l'acquisition des habiletés. Elle permet d'acquérir des automatismes, d'apprendre et de savoir sans qu'on en ait le souvenir d’avoir appris, par exemple marcher, conduire, faire du vélo, faire du ski ou jouer d’un instrument de musique... ;
  • la mémoire de la connaissance et du savoir ou mémoire sémantique : elle concerne l'ensemble de nos souvenirs personnels, accessibles à notre conscience et que l’on garde en mémoire durant toute la vie : événements familiaux, savoir scolaire, savoir professionnel etc. ;
  • la mémoire épisodique : elle permet de se souvenir de moments anciens, d'évènements marquants de sa vie passée : jour de mariage, jour marqué par un choc émotionnel (on se souvient de l'évènement, de sa date, de son contexte mais aussi des émotions agréables ou désagréables ressenties) ;
  • la mémoire liée aux sens ou mémoire perceptive, liée surtout à la vue mais aussi à l'ouïe, à l'odorat : elle permet de mémoriser des lieux, des visages, des voix sans s'en rendre compte. Elle permet de retrouver son chemin grâce à des repères visuels ou de reconnaître une personne grâce à la voix par exemple.

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

Les différents types de troubles de la mémoire

Les troubles de la mémoire concernent soit la capacité à mémoriser un fait nouveau soit la capacité à retrouver un souvenir, soit les deux.

La perte de mémoire, ou amnésie, peut se situer à différents niveaux :

  • l'amnésie rétrograde : oubli des souvenirs antérieurs au début de la maladie, c'est-à-dire des faits anciens ;
  • l'amnésie antérograde : oubli des événements au fur et à mesure qu'ils se présentent. L'amnésie concerne des faits récents alors que la mémoire des faits anciens est conservée ;
  • l'amnésie lacunaire : perte de mémoire concernant une certaine période pendant une perte de conscience, une crise d'épilepsie... Les autres souvenirs restent intacts.

Les causes des troubles de la mémoire

Les troubles de la mémoire sont le plus souvent sans gravité et très souvent observés. Ce sont de simples oublis (oubli d'un rendez-vous, de ses clés, du nom du voisin...), des "trous" de mémoire que nous connaissons tous et dont la fréquence augmente avec l'âge ou lors de certaines situations : surcharge de travail, stress, émotions... En général, les oublis occasionnels sont liés à l'inattention ou peuvent parfois masquer une fatigue importante, un état dépressif ou anxieux.

En revanche, les troubles de la mémoire sont plus graves lorsqu’ils sont en rapport avec une maladie et ils nécessitent un bilan. Ils peuvent être alors d’apparition lente et progressive dans les maladies chroniques ; mais parfois ils sont de survenue brutale en cas de traumatisme crânien ou de maladies aiguës.

Ainsi, les troubles de mémoire peuvent être d'origine :

  • médicamenteuse : de nombreux médicaments peuvent altérer temporairement les capacités de mémorisation : somnifères, anxiolytiques et cela est d’autant plus vrai que la personne est âgée ;
  • psychologique : le stress, l’anxiété, un syndrome dépressif, une fatigue importante, un vécu douloureux... ; le manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité comme dans le syndrome d’apnées du sommeil perturbe le processus de mémorisation ;
  • cérébrale : une crise d'épilepsie est responsable d'une amnésie transitoire qui disparaît ; les maladies cérébrales ( , tumeur, maladie dégénérative comme la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques...) peuvent s’accompagner de troubles de la mémoire permanents ;
  • vasculaire : un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique, une maladie vasculaire cérébrale due à de petites hémorragies ou thromboses vasculaires qui endommagent le cerveau peuvent être en cause. Ces causes sont plus fréquentes chez les personnes qui souffrent d'hypertension artérielle, de diabète ou d’athérosclérose vasculaire ;
  • nutritionnelle : carences en vitamines, alcoolisme... ;
  • traumatique : séquelles de traumatisme crânien ;
  • toxique : intoxication au monoxyde de carbone, usage de drogues (cannabis).

L'ictus amnésique : une perte de mémoire transitoire et sans gravité

L’ictus amnésique est une amnésie globale transitoire , bénigne et généralement unique survenant le plus souvent entre 50 et 70 ans. Son origine est mal comprise.

Au premier plan apparaît une amnésie antérograde massive. La personne ne peut retenir les informations que son entourage lui fournit, ce qui déclenche une grande inquiétude. Elle pose de façon incessante les mêmes questions, oubliant au fur et à mesure les réponses. La personne est désorientée, ne sait plus le jour, l'heure mais peut demeurer orienté dans l'espace. Elle connaît son âge, sa date de naissance et garde une conscience claire de l'écoulement du temps.

D’apparition concomitante, des troubles mnésiques rétrogrades couvrent une période temporelle allant de quelques heures à plusieurs années précédant l'ictus. Cet oubli des événements passés concerne tous types de souvenirs personnels, anciens ou plus récents, avec une importance variable.

En une demi-heure à quelques heures, le trouble disparaît : la mémoire redevient normale mais il persiste une amnésie partielle couvrant la période de l'ictus. La plupart des patients ne conservent aucun souvenir de la période de l’ictus, tout au plus une impression de rêve éveillé.

L’ictus amnésique est le plus souvent unique dans la vie d’un patient. Seuls 17 % des patients vivent plusieurs épisodes d’ictus (généralement un seul supplémentaire).

Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Sémiologie des fonctions cognitives. Site internet : CEN. Paris [consulté le 11 mai 2016]
  • Derouesné C, Lacomblez L. Sémiologie des troubles de la mémoire. EMC - Psychiatrie 2007:1-7 [Article 37-115-A-10]
  • Collège des enseignants de neurologie (CEN). Évaluation clinique et fonctionnelle d'un handicap cognitif - Mémoire. Site internet : CEN. Paris [consulté le 11 mai 2016]
  • Véran O, Barré M, Casez O, Vercueil L. L'ictus amnésique idiopathique. Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement. 2008;8 (4)
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Mémoire. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 11 mai 2016]