Sommaire : Troubles de la mémoire

Le bilan mémoire et le traitement des troubles de la mémoire

En dehors des situations d'urgence, une consultation médicale est nécessaire si les troubles de la mémoire persistent, s’aggravent ou inquiètent. Un bilan mémoire peut aussi être réalisé. Le traitement de la maladie en cause, lorsqu'il est possible, permet l'amélioration des symptômes.

Le bilan mémoire

Évaluation de la mémoire lors d'un entretien

Un entretien entre le médecin et la personne se plaignant de pertes de la mémoire ainsi qu'avec son entourage proche permet une première évaluation des troubles.

Grâce à un grand nombre de questions, le médecin traitant teste globalement la mémoire.

Il pose des questions concernant la mémoire.:

Mémoire du passé lointain 

Le médecin évalue la mémoire biographique :

  • dates et lieux d'événements importants de la vie (mariages, naissances, voyages),
  • chronologie des lieux d'habitation,
  • emplois successifs,
  • histoire de la famille...

Mémoire des connaissances générales 

Le médecin teste les connaissances acquises en fonction :

  • du métier (par exemple, nom des outils d'un menuisier, recette de cuisine d'une cuisinière),
  • des intérêts (succession des présidents de la République, des maires de la ville, nom de la capitale d'un pays étranger proche, citation d'un événement sportif ou culturel, signification d’un mot usuel...)

Mémoire du passé proche 

Des questions sur les évènements récents sont posées :

  • actualités récentes relatées dans les médias,
  • dernier trajet ou déplacement effectué,
  • dernier anniversaire fêté...

Appréciation du retentissement des pertes de mémoire

Le médecin fait préciser :

  • la date et le mode d'installation des troubles de la mémoire : les pertes de mémoire sont-elles survenues brutalement ou progressivement, y a t-il eu un facteur déclenchant ?
  • leur évolution et leur retentissement sur la vie quotidienne  : présence d'oublis dans les activités courantes (oublis de prises du traitement, de rendez-vous, des lieux de rangement et pertes d'affaires personnelles) ;
  • leur gravité : s'agit-il d'une simple gêne, la personne est-elle obligée de mettre en place des aides mémoires, a t-elle besoin d'une aide extérieure ?
  • les maladies en cours et les traitements suivis.

Tests de mémoire et recherche d'une cause

Dans certains cas, le médecin traitant juge de l'utilité de prescrire :

  • des tests de mémoire et de fonction mentale explorant plus à fond la mémoire et le fonctionnement cérébral. Il permet de quantifier les troubles mnésiques et de juger si d’autres fonctions sont altérées (troubles de l'attention, du comportement...) ;
  • un bilan médical complémentaire à la recherche de la cause (IRM cérébrale, bilan sanguin...)

Il adresse la personne, en cas de besoin, à d'autres professionnels de santé (neurologue, orthophoniste...)

Lorsque les troubles sont graves et persistants, le médecin spécialiste (neurologue par exemple) peut adresser son patient à un Centre de Ressource Mémoire installé dans un Centre Hospitalier pour un bilan complet et approfondi.

Pour obtenir la liste des Consultations Mémoire dans votre région, consulter la Fédération des Centres Mémoire (site externe).

Un test permet d'évaluer la fonction mentale

Le Mini-Mental State Examination (MMSE) : version consensuelle établie par le GRECO (PDF), disponible sur le site has-sante.fr, comporte plusieurs questions et, sur la base des réponses, un score est établi. Il reflète l'état mental. Pour interpréter correctement ces résultats, il faut tenir compte de l'âge, du niveau socioculturel, de l'activité professionnelle et sociale, ainsi que de l'état affectif (anxiété et dépression) et du niveau de vigilance de chacun.

Un seul test n’est pas suffisant pour poser un diagnostic ; il faut souvent le renouveler.

D'autres tests peuvent être utiles.

La recherche de la cause des pertes de mémoire et son traitement

Il n'existe pas de médicaments pour renforcer et améliorer la mémoire.

Dans tous les cas, une meilleure hygiène de vie est nécessaire pour préserver la santé du cerveau.

Les troubles de la mémoire peuvent être améliorés de manière significative lorsque la cause peut être traitée. C’est pourquoi le médecin recherche une explication aux problèmes de mémoire :

Il propose une prise en charge de la cause : changement de traitement, suivi psychologique, prise en charge des troubles du sommeil, suppression d’une intoxication chronique...
Une prise en charge orthophonique ou en structure spécialisée (accueil de jour, ateliers mémoire...) peut être proposée lorsque les troubles de la mémoire sont importants.

Consulter la vidéo du portail "Pour les personnes âgées" : Le café Mémoire

Lorsque la cause est une maladie grave : maladie d’Alzheimer, accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson, maladie tumorale..., le malade est confié à une équipe de médecins spécialistes pour une prise en charge globale de la maladie.

Comment arrêter les somnifères ou benzodiazépines pour préserver sa mémoire ?

Si vous prenez des somnifères ou des benzodiazépines depuis longtemps, il est possible d'arrêter progressivement (souvent sur quatre à dix semaines).

Consulter l'article : « Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines » sur le Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches 

  • Mahieux-Laurent, F. Troubles de la mémoire. Traité de médecine AKOS. Elsevier Masson. 2017;12(1):1-12
  • Collège des enseignants en neurologie. Évaluation clinique et fonctionnelle d'un handicap cognitif. ECN 2018 4ème édition Elsevier Masson
  • Derouesné C, Lacomblez L. Sémiologie des troubles de la mémoire. EMC - Psychiatrie 2007:1-7 [Article 37-115-A-10]
  • Eustache F, Desgranges B. Mémoire et ses troubles. EMC Elsevier Masson. Neurologie. 2017;14(4):1-14
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Mémoire. Site internet : Inserm. Paris ; 2019 [consulté le 27 janvier 2022]
  • Haute Autorité de santé. Optimiser les consulations mémoire. Parcours de soins des patients présentant un trouble neurocognitif associé à la maladie d'Alzheimer. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 28 janvier 2022]
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