La consultation et le traitement des troubles de l'érection

26 juin 2018
Le diagnostic des troubles de l’érection est fait lors de l’examen médical. Un bilan est souvent nécessaire. Selon la cause des problèmes d'érection, le médecin peut proposer des médicaments ou une psychothérapie. En cas d’échec, il existe des alternatives (injections, pose d’une prothèse, etc.)

La consultation médicale

Lors de la consultation, le médecin interroge son patient sur les caractéristiques de ses problèmes d'érection : début brutal ou progressif, permanents ou selon les situations, la date de survenue… Il l’interroge aussi sur les médicaments qu’il prend, sa vie personnelle, sa vie sexuelle et sa relation de couple.

Il examine les organes génitaux à la recherche d’une malformation du pénis. Il pratique un toucher rectal pour dépister un adénome de la prostate ou un cancer de la prostate.

Il effectue :

Il demande un bilan sanguin à la recherche d’un diabète ou d’un taux de cholestérol trop élevé. Il peut demander un dosage hormonal s’il le juge nécessaire.

Si une maladie est diagnostiquée, son traitement, associé à une meilleure hygiène de vie, peut contribuer à diminuer les problèmes d’érection.

Si les troubles de l'érection sont causés par un médicament, le médecin peut éventuellement prescrire un autre traitement sans effet secondaire sur l’érection.

Si des facteurs psychologiques entrent en jeu, le médecin peut proposer un suivi psychologique et orienter son patient vers un thérapeute spécialisé en sexologie. Chez ce praticien, les consultations se déroulent seul ou en couple. Elles peuvent suffirent à améliorer les troubles sexuels.

Dysfonction érectile : quel médicament ?

Si les problèmes d’érection persistent malgré une bonne hygiène de vie et la suppression d'un médicament responsable, le médecin propose un traitement médicamenteux à base de sildénafil, tadalafil ou vardenafil. Ces molécules augmentent l’afflux de sang dans le pénis en cas de stimulation sexuelle. Pour la majorité des hommes, l’érection est alors plus facile à obtenir, et peut durer plus longtemps.

Sachez toutefois que :

  • la prise d’un comprimé doit avoir lieu au moins trente minutes avant le rapport sexuel. Le médicament reste ensuite efficace de 8 heures (sidenafil et vardenafil) à 36 heures (tadalafil) ;
  • la prise d’un repas riche en graisses en même temps que le comprimé, ou peu de temps avant ou après, peut retarder l’action du médicament ;
  • le traitement est limité à une prise par jour, et n’est pas recommandé pour une utilisation quotidienne prolongée ;
  • le traitement peut occasionner certains désagréments (maux de tête, nausées, mauvaise digestion) ;
  • le traitement est déconseillé dans certains cas (problèmes cardiaques, risque d’interaction avec un autre médicament). Pour plus d’informations, demandez conseil à votre médecin.
  • les traitements facilitateurs de l’érection par voie orale ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie.

Les autres traitements disponibles en cas de troubles de l'érection

Si les médicaments prescrits restent inefficaces, le médecin traitant peut orienter le patient vers un spécialiste. Celui-ci peut proposer d’autres alternatives.

La pompe à vide ou pompe à érection

Elle est composée d’une pompe reliée à un tube en plastique. On place le pénis dans celui-ci et on actionne le mécanisme. L’aspiration de l’air contenu dans le tube génère alors un afflux de sang vers la verge, provoquant une érection qui est maintenue grâce à l’insertion d’un anneau de constriction à la base du pénis ; cet anneau empêche le sang de refluer, mais ne doit pas être maintenu plus de 30 minutes.

Ce dispositif est efficace et peu coûteux. Cependant, il peut occasionner une gêne durant les rapports sexuels.

Il est utile lorsque l'homme ne souhaite pas utiliser un traitement médicamenteux ou lorsque celui-ci lui est contre-indiqué.

Les injections médicamenteuses dans le pénis

Elles consistent à s’injecter un médicament (alprostadil) dans la verge. La substance injectée dans les corps caverneux du pénis reste au niveau local, dilate les vaisseaux sanguins de la verge, provoque l’accumulation de sang à l’intérieur du pénis et permet ainsi une érection. Généralement très efficace, ce traitement permet une érection en moins de quinze minutes.

Toutefois, il est délicat à utiliser, car la pratique des injections peut créer des appréhensions. De plus, le médicament occasionne parfois des effets secondaires gênants : vertiges, douleurs au pénis, priapisme (érection douloureuse durant plus de deux heures).

Ces médicaments ne sont délivrés que sur ordonnance médicale et sont remboursés par l'Assurance Maladie lorsque les troubles de l'érection sont liés à une atteinte organique définie et grave :

Le traitement médicamenteux transurétral

Cette méthode consiste à introduire une petite quantité de crème ou une petit bâtonnet contenant de l'alprostadil dans l’urètre grâce à un dispositif à usage unique fourni avec le médicament.

Le médicament fond dans le pénis en diffusant l'alprostadil qui favorise l’érection. La substance agit en 5 à 30 minutes et permet une érection pendant 1 à 2 heures, de manière variable selon les patients.

Des effets indésirables sont possibles :

  • sensation de chaleur ou de brûlure dans le pénis, douleur du pénis,
  • sensation de brûlure vaginale chez la partenaire.

Ce médicament n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie.

La prothèse pénienne ou implant pénien ou prothèse d'érection

Cette solution définitive est proposée lorsque les autres traitements n’ont pas fonctionné ou sont contre-indiqués.

Les implants péniens sont posés dans les corps caverneux ou corps érectiles de la verge au cours d'une intervention chirurgicale sous anesthésie générale ou locorégionale. Ils sont inapparents de l'extérieur.

Différents implants péniens existent :

  • les implants semi-rigides en silicone : ils restent rigides même en dehors des rapports sexuels et sont abaissés ou redresser manuellement ;
  • les implants gonflables à 2 ou 3 compartiments : des cylindres creux sont placés dans les corps caverneux. Ils sont remplis puis vidés grâce à une pompe placée dans les bourses. Un réservoir d'eau est situé devant la vessie dans l' en cas de prothèse à 3 compartiments ou intégrés dans les cylindres ou à la pompe en cas de prothèse à 2 compartiments. L'utilisation de ces implants nécessite un apprentissage.

Les risques liés à la pose de ces implants péniens sont essentiellement le risque d'infection du matériel et les dysfonctionnements mécaniques de la prothèse.

Sources
  • Costa P, Grivel T, Giuliano F, Pinton P, Amar E, Lemaire A. La dysfonction érectile, un symptôme sentinelle ? Prog Urol. 2005;15(2):203-7.
  • Association française d'urologie. Troubles de l’érection. Site internet : AFU. Paris ; 2014 [consulté le 30 novembre 2017]
  • National Health service (NHS). Erectile dysfunction (impotence). Site internet : NHS choices. Londres ; 2017 [consulté le 30 novembre 2017]
  • Alarie P. Dysfonctionnement érectile (impuissance sexuelle). Site internet : portail Sante.lu. Strassen (Luxembourg) ; 2015 [consulté le 30 novembre 2017]
  • Association française d'urologie. Fiche Info-Patient. Implant pénien. Site internet : AFU. Paris ; 2012 [consulté le 30 novembre 2017]