Dépression : symptômes, diagnostic et évolution

18 mai 2017
Il est très important de détecter précocement un premier épisode dépressif car le traitement permet alors d'atténuer rapidement les symptômes. Une dépression traitée tardivement peut entraîner des complications.

Les symptômes spécifiques de la dépression

Lors d'un état dépressif, la personne se plaint d'au moins deux symptômes parmi ceux-ci :

  • une tristesse constante, une humeur dépressive qui dure presque toute la journée et qui se répète pratiquement tous les jours depuis au moins deux semaines. Elle peut s'accompagner de pleurs ;
  • une perte d'intérêt et de plaisir pour des activités du quotidien et aussi pour les activités habituellement agréables ;
  • une réduction de l'énergie ou une fatigabilité anormale. La personne souffre d'une fatigue intense, souvent dès le matin et a l'impression de manquer d'énergie en permanence. Cette fatigue n'est pas améliorée par le repos ou le sommeil.

Pris isolément, ces symptômes ne signifient pas forcément qu'il y a une dépression. Un ou plusieurs autres symptômes sont présents dans la dépression.

Ces troubles associés de manière variable, peuvent être :

  • une dévalorisation de soi, une perte de confiance en soi et d'estime de soi ;
  • une culpabilité excessive et injustifiée, associée au sentiment que cela ne peut pas changer ;
  • des pensées autour de la mort en général, et parfois autour du suicide ;
  • une diminution de la capacité de concentration, d'attention et de mémorisation ;
  • une modification de l'activité psychomotrice marquée par un ralentissement de l'activité ou au contraire une agitation ;
  • une dégradation du sommeil. Il devient peu réparateur, souvent trop court avec des réveils précoces, le matin ;
  • une modification de l'appétit qui peut entraîner un amaigrissement ou une prise de poids ;
  • une impression de solitude, d'abandon, d'inutilité, le sentiment de ne pas être aimé ;
  • une vision pessimiste de la vie ;
  • des perturbations sexuelles : le désir et le plaisir sexuel s'atténuent ou disparaissent complètement.

La personne dépressive n'a pas toujours conscience de sa maladie et c'est l'entourage ou le médecin au cours d'une consultation qui évoquent le diagnostic d'épisode dépressif.

Le diagnostic de la dépression

Il est difficile de juger par soi-même de son état psychologique : l'évaluation par un professionnel de santé est indispensable.

La dépression se manifeste le plus souvent sous forme d'épisode : on parle alors d'épisode dépressif caractérisé.

Le diagnostic d'épisode dépressif caractérisé est posé :

  • quand les signes durent plus de quinze jours ;
  • quand, durant cette période, chaque jour ou presque, la personne se sent triste, sans espoir ou a perdu ses centres d'intérêt ;
  • quand cet état de souffrance est associé à plusieurs autres symptômes de la dépression.
Dépression de l’enfant et de l’adolescent

La dépression existe aussi chez l'enfant et l'adolescent. Certains signes de la dépression peuvent être spécifiques à ces tranches d'âge.

  • Chez l'enfant, la dépression peut aussi se manifester par des comportements de retrait, d'absence ou, au contraire, d'irritabilité, d'agitation, par des plaintes répétées qui concernent le corps (douleur à répétition...)
  • Chez l'adolescent, la dépression peut aussi apparaître sous forme d’une irritabilité, d’agitation, d’une agressivité, de violence verbale ou d’indifférence apparente, d’un désinvestissement scolaire ou au travers de comportements nuisibles pour leur santé : abus d'alcool, de drogues, de médicaments (anxiolytiques, hypnotiques. Les idées suicidaires font souvent partie des symptômes de la dépression de l’adolescent.

Au moindre doute, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant.

L’évolution de la dépression

Plusieurs évolutions de la dépression sont possibles.

La durée d'un premier épisode dépressif est variable (de quelques semaines à plusieurs mois). La plupart des épisodes dépressifs dure moins de six mois. Si l'épisode dépressif est isolé, on parle de guérison de la dépression.

Un premier épisode dépressif isolé est assez rare. Une rechute peut intervenir plus ou moins rapidement après ce premier épisode.

Les récidives peuvent se succéder et les périodes d'amélioration de l'état entre les épisodes dépressifs peuvent devenir de plus en plus courtes. On parle alors de dépression sévère.

Cependant, lorsque la personne bénéficie de traitements et d'un suivi adéquats, le risque de réapparition des symptômes et la souffrance sont largement diminués. D'où l'intérêt d'une prise en charge précoce et efficace de la maladie.

On parle de dépression chronique lorsque les troubles durent depuis plus de deux ans. Cette chronicisation de la dépression est favorisée par certains facteurs environnementaux : isolement social, conflits...

On parle de symptômes résiduels de la dépression lorsque l'état dépressif s'améliore, mais que certains troubles persistent.

Il s'agit le plus souvent :

  • de troubles du sommeil, de l'alimentation et de la vie sexuelle ;
  • d'une sensation de fatigue chronique ;
  • d'une anxiété ;
  • d'un pessimisme ;
  • d'une diminution de l'estime de soi ;
  • d'un manque de motivation, d'une diminution des ressentis affectifs ;
  • de la persistance d'idées dépressives.

Les idées de suicide sont fréquentes dans la dépression. Il est important d'en parler à son médecin et à ses proches. Une grande majorité des personnes en proie à des idées de suicide ne font pas de tentative. Mais le risque suicidaire ne doit pas être sous-estimé.

Le risque de tentative de suicide est multiplié par 21 en cas d'épisode dépressif. C'est le plus souvent quand une dépression n'est pas traitée qu'elle conduit au suicide.

Les personnes traitées et suivies ont un risque suicidaire bien moindre. Il est donc primordial de dépister les troubles dépressifs, de les soigner et de faire suivre régulièrement les personnes dépressives par un médecin.

Idées de suicide : comment en parler ?

Les idées de suicide doivent être abordées par les proches ou les professionnels de santé.
La meilleure façon d'aborder le sujet est de parler de ce qui fait souffrir la personne et de lui poser quelques questions simples et directes.
Par exemple, dites-lui que vous comprenez que trop de choses la font souffrir actuellement et demandez-lui s'il lui est déjà arrivé de penser au suicide.

Reconnaissance de la dépression en affection de longue durée

La dépression dans sa forme récurrente (au moins trois épisodes dépressifs) peut être reconnue "affection de longue durée" (ALD). Les soins en rapport avec cette pathologie seront alors pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie).

Pour en savoir plus, parlez-en à votre médecin traitant.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépression de l’adolescent : repérage, diagnostic et prise en charge initiale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 2 janvier 2017]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Guide affections longue durée - Affections psychiatriques de longue durée - Troubles dépressifs récurrents ou persistants de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 2 janvier 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Épisodes dépressifs caractérisé de l'adulte : prise en charge en premier recours - Recommandations de bonne pratique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 janvier 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Dépression. Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 2 janvier 2017]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée- Affections psychiatriques de longue durée - Troubles dépressifs récurrents ou persistants de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 3 janvier 2017]