Les symptômes du trouble bipolaire

18 juin 2018
En cas de trouble bipolaire, les épisodes dits "maniaques" peuvent engendrer une activité très intense et une impression de puissance. Puis, il connaît une phase dépressive plus longue. Celle-ci se caractérise par une tristesse, un rythme de vie perturbé, voire un sentiment de "nullité".

Comment reconnaît-on un épisode maniaque du trouble bipolaire ?

Un épisode maniaques du trouble bipolaire est souvent précédé de symptômes annonciateurs :

  • une impression agréable d’énergie décuplée, de créativité ;
  • une facilité dans les échanges sociaux ;
  • un sentiment d'euphorie, d'exaltation.

Toutefois, dans ces moments, une certaine irritabilité est aussi possible.

Puis, durant l’épisode maniaque lui-même, la personne présente au moins trois des symptômes suivants :

  • un accroissement des activités sociales, professionnelles ou sexuelles, qui deviennent parfois très intenses ;
  • une implication dans des actes agréables, mais dont les conséquences peuvent être néfastes (achats inconsidérés, rapports sexuels non protégés, etc.) ;
  • un sentiment exagéré de puissance, de grandeur, ou une augmentation de l’estime de soi, sans regard critique ;
  • une difficulté à maintenir l’attention (tendance à passer "du coq à l’âne") ;
  • une plus grande capacité à communiquer, créant un besoin de parler constamment, en produisant parfois un discours rapide que personne ne peut suivre ("fuite des idées") ;
  • une réduction du besoin de sommeil et des insomnies (en dépit de l’hyperactivité).

Ces symptômes peuvent s’accompagner :

  • d'un délire (la personne croit fermement quelque chose qui n’est pas vrai) ;
  • d'hallucinations (le patient entend ou voit des choses qui n’existent pas).

Ces manifestations ont un lourd impact sur la vie familiale, sociale et professionnelle.

Un épisode maniaque classique dure plus d’une semaine, et en général quatre à huit semaines. Il conduit souvent à proposer une hospitalisation, pour traiter (voire protéger) la personne malade.

En début de la maladie, les épisodes dépressifs peuvent être totalement absents. C’est pourquoi on peut poser le diagnostic de trouble bipolaire après un seul épisode maniaque caractérisé.

L'épisode hypomaniaque

L'épisode hypomaniaque est également caractérisé, comme l'épisode maniaque, par la persistance dans le temps d'une augmentation anormale de l'humeur et de l'énergie. Mais les symptômes et le retentissement sur le quotidien sont moins importants que lors d'un accès maniaque.
Ces perturbations doivent être présentes tous les jours pendant au moins 4 jours pour parler d'épisode hypomaniaque. L'hospitalisation n'est pas utile, en général.

Comment se manifeste un épisode dépressif du trouble bipolaire ?

Un épisode dépressif d'un trouble bipolaire associe typiquement, sur plus de deux semaines, des symptômes comme :

  • une tristesse, un sentiment de vide ;
  • une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes (y compris celles que la personne aimait auparavant).

De plus, la personne concernée présente au moins quatre des signes suivants :

  • des insomnies, ou à l’inverse, un besoin de dormir excessivement ;
  • une perte d’appétit ou de poids, ou au contraire, une tendance à grossir ;
  • des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions ;
  • une sensation de vivre au ralenti, ou à l’opposé, d’avoir du mal à "rester en place" ;
  • un sentiment de nullité, une mésestime de soi.

Ces symptômes peuvent aussi s’accompagner de pensées de mort, voire d’idées suicidaires.

Les épisodes dépressifs durent en général plus longtemps que les épisodes maniaques. En moyenne, en l’absence de traitement, ils peuvent se prolonger pendant six mois.

À ne pas confondre avec la dépression "classique"

Dans la dépression "classique", on assiste à un fléchissement de l’humeur sans épisode maniaque ou hypomaniaque. C’est pourquoi les médecins psychiatres parlent de "dépression unipolaire".

Malgré cette différence, il reste parfois difficile de distinguer la dépression "classique" du trouble bipolaire en phase dépressive. En effet, ces deux affections peuvent donner lieu à des symptômes similaires. Or, faire la distinction entre ces deux maladies est important, car elles sont traitées différemment.

Les autres symptômes du trouble bipolaire

Parfois, le trouble bipolaire donne lieu à des symptômes particuliers :

  • chez certains patients (souvent jeunes), les symptômes de délire prédominent. Ces malades imaginent des choses et interprètent des événements de manière erronée. Ils peuvent aussi développer une mégalomanie (sentiment de supériorité excessif), se sentir persécutés ou formuler des revendications. Ces manifestations sont parfois source de confusion entre le trouble bipolaire et d’autres maladies psychiatriques, ayant des symptômes similaires ;
  • chez d’autres personnes, l’humeur se modifie très rapidement, dans un sens ou dans l’autre. Des phases maniaques et dépressives peuvent ainsi se succéder durant une même journée. Parfois, excitation et dépression surviennent même simultanément. Dans ces situations, qui compliquent aussi la reconnaissance du trouble bipolaire, on parle d'"épisodes mixtes" ;
  • certains malades présentent également des épisodes dépressifs de très forte intensité, ou "mélancolie" avec douleur morale et idées suicidaires. Ces états font l’objet de traitements spécifiques.

Le trouble bipolaire à l'adolescence : quand faut-il y penser ?

Les troubles bipolaires débutent le plus souvent à l'adolescence entre 15 et 19 ans soit par un épisode dépressif soit par un épisode maniaque. Dans les deux cas, l'entourage observe un changement brutal de l'état psychique de l'adolescent. Les symptômes présentent quelques particularités.

L'épisode maniaque et l'épisode dépressif à l'adolescence

Les symptômes d'une phase maniaque sont proches de ceux de l'adulte, mais chez l'adolescent, l'humeur n'est pas toujours joviale ou euphorique : l'adolescent peut être aggressif, violent ou irritable.

En cas d'épisode dépressif d'un trouble bipolaire, l'adolescent présente fréquemment une grande irritabilité, une aggressivité, un trouble des conduites et fréquemment des plaintes physiques (douleurs multiples, fatigue, nausées...)

Répercussions d'un trouble bipolaire sur la vie quotidienne de l'adolescent

Le comportement de l'adolescent bipolaire change rapidement et de façon inhabituelle dès le début d'un épisdode dépressif ou maniaque.

On observe alors fréquemment :

  • une consommation d'alcool, de drogues ou de substances psychoaffectives,
  • des prises de risque incontrôlées avec des conduites dangereuses (fugue, transgression des interdits, comportement sexuel à risque),
  • un repli sur soi,
  • un décrochage scolaire soudain,
  • des idées suicidaires avec éventuelle tentative de suicide.
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Troubles bipolaires – Guide médecin Affection de longue durée (ALD). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 13 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Patient avec un trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale en premier recours – Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 13 juin 2018]
  • Collège national des universitaires en psychiatrie. Troubles bipolaires. Site internet : Association pour l'enseignement de la psychiatrie. Paris ; 2014 [consulté le 13 juin 2018]
  • National Institute of Mental Health. Bipolar disorder. Site internet : NIMH. Rockville (États-Unis) ; 2016 [consulté le 13 juin 2018]