Trouble bipolaire : suivi médical et vie au quotidien

18 juin 2018
La surveillance médicale est indispensable pour bien traiter le trouble bipolaire et prévenir ses récidives. Pour éviter les récidives et les complications, il faut privilégier une hygiène de vie saine. Des associations de patients peuvent aussi améliorer la qualité de vie du malade.

Le suivi médical du trouble bipolaire

La surveillance médicale est essentielle pour :

  • soulager au mieux les symptômes ;
  • prévenir des récidives des phases dépressives ou maniaques du trouble bipolaire ou des complications graves ;
  • prendre en compte d’éventuels effets secondaires ou une inefficacité du traitement, pour pouvoir modifier celui-ci ;
  • soutenir le patient et sa famille dans leur vie quotidienne.

Cette prise en charge nécessite une bonne coopération entre le patient et l’équipe de soins. Cet accord peut être facilité par une information claire du patient.

Par ailleurs, avec l’approbation du malade, ses proches sont informés des particularités du trouble bipolaire. En effet, le soutien de ces personnes est essentiel dans le traitement de la maladie. De plus, leur participation à une éventuelle thérapie familiale, ou à une psychoéducation, se révèle souvent bénéfique.

Pour participer à la surveillance de votre trouble bipolaire, suivez quelques points essentiels.

Analysez vos symptômes et leur évolution.

Apprenez à connaître votre maladie. Posez toutes les questions qui vous paraissent importantes à vos soignants.

Repérez les premiers signes de nouveaux troubles : souvent, les phases bipolaires débutent par des symptômes évocateurs :

  • une montée d’énergie, d’optimisme, de l’estime de soi, ou le désir de démarrer plusieurs projets, peuvent être les indices d’un épisode maniaque débutant ;
  • une tendance à la tristesse, des idées noires, révèlent parfois l’arrivée imminente d’un épisode dépressif ;
  • de plus, des changements du sommeil accompagnent souvent le début d’une nouvelle phase.

Il est important de repérer ces premières manifestations pour pouvoir consulter précocement. En effet, cela permet au médecin d’adapter rapidement la prise en charge thérapeutique, pour plus d’efficacité. Pour faciliter ce repérage, vous pouvez tenir un carnet de vos fluctuations d’humeur, interroger votre entourage qui a peut-être décelé les premiers signes.

Respectez votre traitement médicamenteux ainsi que la fréquence des consultations et des examens de surveillance.

Le traitement du trouble bipolaire est indispensable. En particulier, ne l'interrompez jamais brutalement, hors avis médical. En effet, cela peut causer des récidives plus sévères et nombreuses. Informez-vous sur vos médicaments (efficacité, dosage, effets secondaires éventuels).

Signalez à votre médecin les effets secondaires gênants dus aux médicaments (ex. : prise de poids...) Un réajustement du traitement peut être utile. Souvent, le problème s’améliore avec un changement de dosage ou de médicament. Ainsi, le traitement peut rester efficace, tout en étant mieux toléré.

Signalez tout problème de santé ; en effet le traitement par peut être à l’origine de complications : modifications du fonctionnement de la glande thyroïde (hypothyroïdie), troubles du rythme cardiaque, anomalies sanguines, etc.

Le trouble bipolaire au quotidien

En cas de trouble bipolaire, il est utile d’adopter autant que possible une bonne hygiène de vie, en plus du respect du traitement. Pour cela, voici quelques principes à respecter.

Évitez le stress

Cela contribue à éviter d’éventuelles récidives du trouble bipolaire. Aussi, les patients ont intérêt à repérer dans leur quotidien les facteurs de stress, pour mieux les gérer. Par exemple, il est bon de rester vigilant :

  • devant des changements rapides du mode de vie,
  • en cas d’activité professionnelle très intense sur une longue durée.

Adoptez un rythme régulier de vie et dormez suffisamment

Cela prévient également l’apparition de nouveaux épisodes dépressifs ou maniaques. De plus, les malades bipolaires doivent limiter le plus possible les décalages horaires et les voyages de nuit.

Pratiquez une activité physique régulière et mangez sainement

L’exercice physique aide à atténuer le stress du quotidien. Il réduit aussi la prise de poids, parfois favorisée par certains traitements ou par la sédentarité. Pour le même motif, adoptez une alimentation saine.

Évitez la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue

Ces substances favorisent la survenue d’épisodes bipolaires. C’est pourquoi il vaut mieux demander, le cas échéant, une aide au sevrage tabagique.

Faites-vous aider au quotidien

Différents intervenants sociaux et médico-sociaux, (assistants sociaux, aides à domicile, éducateurs, animateurs, etc.) peuvent être aussi sollicités pour participer à votre soutien. Parlez-en à votre médecin-traitant.

Les associations de patients et de familles de patients peuvent vous apporter information et soutien par l’écoute et l’échange d’expériences avec d’autres personnes atteintes de troubles bipolaires. Ces structures fournissent des informations sur la maladie. Elles vous orientent vers des lieux d’assistance médicale, sociale ou financière. Les associations peuvent vous épauler psychologiquement et accompagner votre famille, notamment par le biais de groupes de soutien. Souvent, ces derniers aident à mieux comprendre et accepter la maladie.

Grossesse et troubles bipolaires

Si vous avez un trouble bipolaire et que vous souhaitez avoir un enfant, il est important d’en parler à votre médecin car la grossesse doit être planifiée.

Les traitements contenant de l'acide valproïque (ou valproate) sont interdits au cours de la grossesse. Ils augmentent en effet le risque de malformation du fœtus.

Par ailleurs, mieux vaut débuter cette période avec une humeur bien stabilisée, pour éviter la survenue de nouveaux troubles. Ces épisodes dépressifs ou maniaques pourraient causer des complications obstétricales, et perturber les relations mère-enfant après la naissance.

Troubles bipolaires et travail

Si votre médecin traitant vous a prescrit un arrêt de travail lors d'un épisode dépressif ou maniaque du trouble bipolaire, parlez avec lui de votre profession (type d’activité, usage éventuel des transports, etc.) Celui-ci estimera peut-être que le retour progressif en entreprise peut contribuer à votre rétablissement. Il vous prescrira alors une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique (sur une période limitée).

Votre médecin traitant ou vous-même pouvez également demander une visite de préreprise auprès du médecin du travail pour préparer votre retour au travail.

Si vous retournez en entreprise après plus de 30 jours d’absence, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours. Ce rendez-vous permet d'évaluer votre aptitude au poste que vous occupez et de proposer, si besoin, des mesures adaptées.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Troubles bipolaires. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 13 juin 2018]
  • Collège national des universitaires en psychiatrie. Troubles bipolaires. Site internet : Association pour l'enseignement de la psychiatrie. Paris ; 2014 [consulté le 13 juin 2018]
  • National Institute of Mental Health. Bipolar disorder. Site internet : NIMH. Rockville (États-Unis) ; 2016 [consulté le 13 juin 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Valproate et dérivés. Site internet : ANSM. Saint Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 13 juin 2018]