Trouble bipolaire : suivi médical et vie au quotidien

23 mars 2017
La surveillance médicale est indispensable pour bien traiter le trouble bipolaire et prévenir ses récidives. Pour éviter les récidives et les complications, il faut privilégier une hygiène de vie saine. Des associations de patients peuvent aussi améliorer la qualité de vie du malade.

Le suivi médical du trouble bipolaire

La surveillance médicale est essentielle pour :

  • soulager au mieux les symptômes ;
  • prévenir des récidives ou des complications graves ;
  • prendre en compte d’éventuels effets secondaires ou une inefficacité du traitement, pour pouvoir modifier celui-ci ;
  • soutenir le patient et sa famille dans leur vie quotidienne.

Cette prise en charge nécessite une bonne coopération entre le patient et l’équipe de soins. Cet accord peut être facilité par une information claire du patient.

Par ailleurs, avec l’approbation du malade, ses proches sont informés des particularités du trouble bipolaire. En effet, le soutien de ces personnes est essentiel dans le traitement de la maladie. De plus, leur participation à une éventuelle thérapie familiale, ou à une psychoéducation, se révèle souvent bénéfique.

Pour participer à la surveillance de votre trouble bipolaire, suivez quelques points essentiels.

Apprenez à connaître votre maladie. Posez toutes les questions qui vous paraissent importantes à vos soignants.

Repérez les premiers signes de nouveaux troubles : souvent, les phases bipolaires débutent par des symptômes évocateurs :

  • une montée d’énergie, d’optimisme, de l’estime de soi, ou le désir de démarrer plusieurs projets, peuvent être les indices d’un épisode maniaque débutant ;
  • une tendance à la tristesse, des idées noires, révèlent parfois l’arrivée imminente d’un épisode dépressif ;
  • de plus, des changements du sommeil accompagnent souvent le début d’une nouvelle phase.

Il est important de repérer ces premières manifestations pour pouvoir consulter précocement. En effet, cela permet au médecin d’adapter rapidement la prise en charge thérapeutique, pour plus d’efficacité. Pour faciliter ce repérage, vous pouvez tenir un carnet de vos fluctuations d’humeur, interroger votre entourage qui a peut-être décelé les premiers signes.

Le traitement est indispensable. En particulier, ne l'interrompez jamais brutalement, hors avis médical. En effet, cela peut causer des récidives plus sévères et nombreuses. Informez-vous sur vos médicaments (efficacité, dosage, effets secondaires éventuels).

Signalez à votre médecin les effets secondaires gênants dus aux médicaments (ex. : prise de poids...) Un réajustement du traitement peut être utile. Souvent, le problème s’améliore avec un changement de dosage ou de médicament. Ainsi, le traitement peut rester efficace, tout en étant mieux toléré.

Signalez tout problème de santé ; en effet le traitement peut être à l’origine de complications (modifications du fonctionnement de la glande thyroïde ou des reins, problèmes cardiaques, anomalies sanguines, etc.)

Elle est très importante, tant pour les visites chez le médecin traitant que pour les rendez-vous chez le médecin spécialiste.

Le trouble bipolaire au quotidien

En cas de trouble bipolaire, il est utile d’adopter autant que possible une bonne hygiène de vie, en plus du respect du traitement. Pour cela, voici quelques principes à respecter.

Évitez le stress

Cela contribue à éviter d’éventuelles récidives. Aussi, les patients ont intérêt à repérer dans leur quotidien les facteurs de stress, pour mieux les gérer. Par exemple, il est bon de rester vigilant :

  • devant des changements rapides du mode de vie,
  • en cas d’activité professionnelle très intense sur une longue durée.

Adoptez un rythme régulier de vie et dormez suffisamment

Cela prévient également l’apparition de nouveaux épisodes. De plus, les malades doivent limiter le plus possible les décalages horaires et les voyages de nuit.

Pratiquez une activité physique régulière et mangez sainement

L’exercice physique aide à atténuer le stress du quotidien. Il réduit aussi la prise de poids, parfois favorisée par certains traitements ou par la sédentarité. Pour le même motif, adoptez une alimentation saine.

Évitez la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue

Ces substances favorisent la survenue d’épisodes bipolaires. C’est pourquoi il vaut mieux demander, le cas échéant, une aide au tabagique.

Grossesse et troubles bipolaires

Si vous souhaitez avoir un enfant, il est important d’en parler à votre médecin car la grossesse doit être planifiée.

Prévoir le moment où l’on sera enceinte permet de remplacer certains traitements, déconseillés au cours des premiers mois de grossesse. Ces médicaments (comme le ou l’acide valproïque) augmentent en effet le risque de malformation du fœtus.

Par ailleurs, mieux vaut débuter cette période avec une humeur bien stabilisée, pour éviter la survenue de nouveaux troubles. Ces épisodes pourraient causer des complications obstétricales, et perturber les relations mère-enfant après la naissance.

Troubles bipolaires et travail

Si votre médecin traitant vous a prescrit un arrêt de travail, parlez avec lui de votre profession (type d’activité, usage éventuel des transports, etc.) Celui-ci estimera peut-être que le retour progressif en entreprise peut contribuer à votre rétablissement. Il vous prescrira alors une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique (sur une période limitée).

Votre médecin traitant ou vous-même pouvez également demander une visite de pré reprise auprès du médecin du travail pour préparer votre retour au travail.

Si vous retournez en entreprise après plus de 30 jours d’absence, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours. Ce rendez-vous permet d'évaluer votre aptitude au poste que vous occupez et de proposer, si besoin, des mesures adaptées.

Se faire aider au quotidien

Différents intervenants sociaux et médico-sociaux, (assistants sociaux, aides à domicile, éducateurs, animateurs, etc.) peuvent être aussi sollicités pour participer à votre soutien. Parlez-en à votre médecin-traitant.

Les associations de patients et de familles de patients peuvent vous apporter information et soutien par l’écoute et l’échange d’expériences avec d’autres personnes atteintes de troubles bipolaires.

Ces structures fournissent des informations sur la maladie. Elles vous orientent vers des lieux d’assistance médicale, sociale ou financière.

Les associations peuvent vous épauler psychologiquement et accompagner votre famille, notamment par le biais de groupes de soutien. Souvent, ces derniers aident à mieux comprendre et accepter la maladie.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Troubles bipolaires – Guide médecin Affection de longue durée (ALD). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 17 juin 2015]
  • National Institute of Mental Health. Bipolar disorder. Site internet : NIMH. Rockville (USA) ; 2008 [consulté le 17 juin 2015]