Le diagnostic, le bilan initial et l’évolution du trouble bipolaire

18 juin 2018
En cas de trouble bipolaire, une consultation psychiatrique permet de préciser le diagnostic. Une hospitalisation est parfois indispensable. Maladie chronique, le trouble bipolaire évolue différemment d’un patient à l’autre, avec des conséquences possibles sur la vie privée et professionnelle.

Le diagnostic du trouble bipolaire

Pour les personnes souffrant d’un trouble bipolaire, un bilan de santé initial est mis en place, souvent par un médecin psychiatre. En général, celui-ci travaille en collaboration avec d’autres professionnels de santé : médecin traitant, médecin du travail, médecin de santé scolaire, etc.

Cette consultation a plusieurs objectifs :

  • confirmer le diagnostic de trouble bipolaire et éliminer des pathologies présentant des symptômes similaires au trouble bipolaire ;
  • évaluer la gravité de la maladie et mesurer son retentissement familial, social et professionnel ;
  • définir si certaines prises médicamenteuses ont pu déclencher le trouble ;
  • dépister d’éventuels problèmes associés (ex. : anxiété) ;
  • rechercher une dépendance aux drogues ou à l’alcool.

Dans ce but, le médecin effectue un bilan clinique complet :

  • en interrogeant le patient et sa famille sur les symptômes ;
  • en retraçant avec eux l'historique des épisodes maniaques et dépressifs déjà survenus (type, fréquence, circonstances déclenchantes, etc.)

Certains critères sont en faveur du diagnostic de trouble bipolaire :

  • la survenue d'une dépression avant l'âge de 25 ans,
  • des épisodes dépressifs récurrents (au moins 3 épisodes),
  • la survenue d'un seul épisode d'épisode maniaque,
  • des cas familiaux de troubles bipolaires,
  • une dépression après l'accouchement,
  • une dépression qui répond mal aux antidépresseurs,
  • la survenue de crises suicidaires...
Le bilan initial du trouble bipolaire est parfois réalisé en milieu hospitalier spécialisé

Cette hospitalisation peut être indiquée :

  • afin de protéger le patient bipolaire présentant un trouble dépressif grave avec risque de suicide ;
  • pour lui éviter des conduites dommageables pour sa vie (agitation violente, troubles du comportement majeurs...) ;
  • en cas d'isolement social et familial.

Le plus souvent, elle est décidée avec le consentement du malade. À titre exceptionnel (en cas d’urgence ou de troubles sévères présentant un caractère dangereux pour le patient), l’entrée à l’hôpital se fait, dans un premier temps, sous contrainte, sans son consentement.

Un adolescent mineur peut être hospitalisé sur décision de ses parents, du responsable légal ou par décision du procureur de la République ou du juge des enfants.

Quels sont les examens réalisés en vue du traitement du trouble bipolaire ?

Pendant le bilan initial, le médecin examine son patient. Parfois, avant d’instaurer un traitement pour trouble bipolaire, il faut aussi rechercher d’éventuelles contre-indications aux médicaments utilisés dans le traitement, ou mieux définir les doses à administrer. Pour cela, on réalise des examens complémentaires :

  • analyses sanguines (étude du fonctionnement hépatique, rénal, thyroïdien...) ;
  • électrocardiogramme ;
  • .

D'autres examens peuvent être nécessaires selon chaque cas. En particulier, chez les personnes âgées, le bilan clinique est particulièrement détaillé. En effet, leur tolérance aux médicaments peut être réduite.

Reconnaissance du trouble bipolaire en affection de longue durée (ALD)

Votre médecin traitant (ou votre psychiatre) peut demander la reconnaissance de votre trouble bipolaire au titre d’affection de longue durée (ALD). Les soins et les examens en rapport avec la maladie sont pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. Parlez-en à votre médecin traitant.

L’évolution du trouble bipolaire

Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique au long cours.

Sans traitement, les épisodes maniaques et/ou dépressifs ont tendance à récidiver, et à devenir plus sévères. C’est pourquoi la prise en charge rapide et le suivi des patients sont particulièrement importants pour atténuer les manifestations de la maladie.

Bien traitées, les personnes atteintes de trouble bipolaire peuvent présenter une humeur stable sans répercussion sur la vie familiale, professionnelle et sociale. Cependant, certaines d'entre elles ont une humeur qui continue de fluctuer légèrement en dehors des épisodes dépressifs ou maniaques. L'impact de ces troubles de l'humeur résiduels peut être très important sur la vie quotidienne.

5 à 15 % des personnes présentent quatre épisodes dépressifs ou maniaques, ou plus, au cours d’une année. Dans ce cas, on parle de "trouble bipolaire à cycles rapides". Cette forme de la maladie est parfois favorisée par une prise irrégulière ou interrompue des médicaments.

Par ailleurs, les épisodes peuvent adopter un rythme saisonnier (par exemple, une phase d’exaltation durant l’été, puis une phase dépressive pendant l’hiver).

En cas de trouble bipolaire, il existe un risque de suicide, qui pourrait concerner 10 % des malades. La possibilité d’un passage à l’acte (crise suicidaire) se manifeste par certains symptômes :

  • la personne met un terme à ses affaires de manière brutale ;
  • elle parle d’attenter à ses jours ;
  • elle semble désespérée.

Devant de telles situations, les proches des malades ne doivent pas hésiter à demander très rapidement l’aide des professionnels de santé. Ce risque de suicide est plus marqué durant les premières années suivant le diagnostic, et fortement atténué par les traitements.

Par ailleurs, un trouble bipolaire cause parfois :

  • une dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues (qui augmente le risque de rechutes) ;
  • des problèmes conjugaux, sociaux et/ou professionnels (en particulier en cas de non-respect du traitement).
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Troubles bipolaires. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 13 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Patient avec un trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale en premier recours – Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 13 juin 2018]
  • Collège national des universitaires en psychiatrie. Troubles bipolaires. Site internet : Association pour l'enseignement de la psychiatrie. Paris ; 2014 [consulté le 13 juin 2018]
  • National Institute of Mental Health. Bipolar disorder. Site internet : NIMH. Rockville (États-Unis) ; 2016 [consulté le 13 juin 2018]