Le diagnostic, le bilan initial et l’évolution du trouble bipolaire

02 mai 2017
En cas de trouble bipolaire, une consultation psychiatrique permet de préciser le diagnostic. Une hospitalisation est parfois indispensable. Maladie chronique, le trouble bipolaire évolue différemment d’un patient à l’autre, avec des conséquences possibles sur la vie privée et professionnelle.

Le diagnostic du trouble bipolaire

Pour les personnes souffrant d’un trouble bipolaire, un bilan de santé initial est mis en place, souvent par un médecin psychiatre. En général, celui-ci travaille en collaboration avec d’autres soignants, dont le médecin traitant.

Cette consultation a plusieurs objectifs :

  • confirmer le diagnostic et éliminer des pathologies présentant des symptômes similaires au trouble bipolaire ;
  • évaluer la gravité de la maladie et mesurer son retentissement familial, social et professionnel ;
  • définir si certaines prises médicamenteuses ont pu déclencher le trouble ;
  • dépister d’éventuels problèmes associés (ex. : anxiété) ;
  • rechercher une dépendance aux drogues ou à l’alcool.

Dans ce but, le médecin effectue un bilan clinique complet :

  • en interrogeant le patient et sa famille sur les symptômes ;
  • en retraçant avec eux le détail des épisodes maniaques et dépressifs déjà survenus (type, fréquence, circonstances déclenchantes, etc.)
Le bilan initial est parfois réalisé en milieu hospitalier spécialisé

Cette hospitalisation peut aussi être indiquée, dans le même temps, pour :

  • protéger le patient contre un risque de suicide ;
  • lui éviter des conduites dommageables pour sa vie.

À titre exceptionnel (en cas d’urgence ou de troubles sévères présentant un caractère dangereux pour le patient), l’entrée à l’hôpital se fait, dans un premier temps, sans le consentement du malade. Pour certains patients, une mesure de sauvegarde de justice (curatelle, tutelle) est prise, afin de protéger des biens. Cependant, la personne conserve le droit de contester une hospitalisation ou une mesure de justice qu’elle estime non justifiées.

Quels sont les examens réalisés en vue du traitement du trouble bipolaire ?

Pendant le bilan initial, le médecin examine son patient. Parfois, avant d’instaurer un traitement, il faut aussi rechercher d’éventuelles contre-indications aux médicaments utilisés dans le traitement, ou mieux définir les doses à administrer. Pour cela, on réalise des examens complémentaires :

  • analyses sanguines (étude du fonctionnement hépatique, rénal, thyroïdien...) ;
  • électrocardiogramme ;
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Enfin, certains examens concernent seulement des catégories de patients précises :

  • Les jeunes femmes : on leur propose un test de grossesse, car certains médicaments du trouble bipolaire ne conviennent pas aux femmes enceintes. Pour les mêmes raisons, une contraception peut être prescrite, afin d’éviter la survenue d’une grossesse non désirée pendant le traitement.
  • Les personnes âgées : chez elles, le bilan clinique est particulièrement détaillé. En effet, leur tolérance aux médicaments peut être réduite.
Reconnaissance du trouble bipolaire en affection de longue durée (ALD)

Votre médecin traitant (ou votre psychiatre) peut demander la reconnaissance de votre maladie au titre d’affection de longue durée (ALD). Les soins et les examens en rapport avec l’affection sont pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. Parlez-en à votre médecin traitant.

L’évolution du trouble bipolaire

Le trouble bipolaire est une maladie au long cours. Sans traitement, les épisodes maniaques et dépressifs ont tendance à récidiver, et à devenir plus sévères. C’est pourquoi la prise en charge rapide et le suivi des patients sont particulièrement importants pour atténuer les manifestations de la maladie.

L’évolution de la maladie est très variable d’un patient à un autre :

  • Certains guérissent totalement entre les épisodes, ou bien leur humeur continue de fluctuer légèrement.
  • D'autres (5 à 15 %) présentent quatre épisodes ou plus au cours d’une année. Dans ce cas, on parle de "trouble bipolaire à cycles rapides". Cette forme de la maladie est parfois favorisée par une prise irrégulière ou interrompue des médicaments.

Par ailleurs, les épisodes peuvent adopter un rythme saisonnier (par exemple, une phase d’exaltation durant l’été, puis une phase dépressive pendant l’hiver).

En cas de trouble bipolaire, il existe un risque de suicide, qui pourrait concerner 10 % des malades. La possibilité d’un passage à l’acte se manifeste par certains symptômes :

  • la personne met un terme à ses affaires de manière brutale ;
  • elle parle d’attenter à ses jours ;
  • elle semble désespérée.

Devant de telles situations, les proches des malades ne doivent pas hésiter à demander très rapidement l’aide des professionnels de santé.

Ce risque de suicide est plus marqué durant les premières années suivant le diagnostic, mais fortement atténué par les traitements.

Par ailleurs, la maladie cause parfois :

  • une dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues (qui augmente le risque de rechutes) ;
  • des problèmes conjugaux et/ou professionnels (en particulier en cas de non-respect du traitement).
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Affection de longue durée n°23 Troubles bipolaires 2015. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 17 juin 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Troubles bipolaires – Guide médecin Affection de longue durée (ALD). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 28 octobre 2013]
  • Fascicules.fr. Troubles de l’humeur – Troubles bipolaires. Site internet : Fascicules.fr. Paris ; 2010 [consulté le 17 juin 2015]
  • National Institute of Mental Health. Bipolar disorder. Site internet : NIMH. Rockville (États-Unis) ; 2008 [consulté le 17 juin 2015]