Quels sont les troubles du rythme et de la conduction cardiaque ?

On appelle trouble du rythme et de la conduction cardiaque une variation anormale du rythme des battements du cœur perturbant son bon fonctionnement. Ils résultent d'une anomalie électrique du cœur et sont de gravité variable.

Qu’est-ce qu’un trouble du rythme cardiaque ou arythmie cardiaque ?

Le cœur est un muscle qui se contracte et se relâche et le rythme de ses contractions (ou rythme cardiaque) est fixé par un système électrique.

Normalement, au repos, le cœur de l'adulte bat selon un rythme régulier (70 battements par minute, en moyenne).

La fréquence des battements cardiaques peut être légèrement plus lente ou plus rapide, selon chaque individu, en fonction de l'âge, de l'entraînement physique à l'effort, ou de l'heure de la journée. Toutefois, le rythme du cœur reste régulier.
Une forte émotion accélère la fréquence cardiaque. De la même manière, pour répondre à un effort, le cœur s'adapte et son rythme augmente, mais de manière régulière et sans qu'aucune gêne ne soit ressentie. Cette régularité peut être constatée en prenant le pouls.

Lorsque les battements ne sont plus réguliers ou lorsque leur fréquence s'accélère ou ralentit anormalement, on parle de troubles du rythme ou arythmie cardiaque. Ils résultent d'une anomalie de l'activité électrique du cœur.

Comment prendre le pouls ?

Le pouls (battements des artères dû aux contractions du cœur) est facilement perceptible à plusieurs endroits du corps. Habituellement, le médecin "prend le pouls" au niveau du poignet (là où passe l'artère radiale) car c'est un endroit simple d'accès.

En auscultant le cœur avec un stéthoscope, il peut compter les battements plus précisément.

La fréquence cardiaque est également donnée par le tensiomètre lors de la prise de tension artérielle à domicile ou en cabinet médical.

Pourquoi les troubles du rythme et de la conduction cardiaque surviennent–ils ?

Le cœur est un muscle qui se contracte spontanément. Son rythme ne se commande pas volontairement. La régulation cardiaque est sous la dépendance de deux systèmes nerveux coordonnés entre eux, l'un interne au cœur et l'autre externe.

Le système nerveux externe au cœur

Le système nerveux externe ajuste la fréquence et la force de contraction du cœur pour répondre aux besoins de l'organisme (selon les efforts physiques fournis par exemple).

Le système nerveux interne au cœur

Le système nerveux interne est composé de "noeuds" au niveau des et de faisceaux nerveux qui se divisent en branches dans les . L' progresse dans ce réseau et permet de coordonner les battements des oreillettes et des ventricules. Le battement des oreillettes déclenche normalement celui des ventricules et il existe une synchronisation entre les battements des oreillettes et ceux des ventricules.

Le cœur et ses cavités

Schéma : cœur, aorte, cavités, oreillettes, ventricules

Chez les personnes atteintes de troubles du rythme cardiaque, le rythme cardiaque ou la synchronisation entre oreillettes et ventricules sont perturbés.

Quels sont les principaux troubles du rythme ?

Lorsque les troubles se déclarent dans les , on parle de troubles du rythme supraventriculaires.

S’ils apparaissent dans les , on parle de troubles du rythme ventriculaires.

Si l'anomalie électrique est entre oreillettes et ventricules, on parle de troubles jonctionnels.

Les principaux troubles du rythme sont les suivants.

Les extrasystoles

Le déclenchement électrique de l'extrrasystole a lieu au niveau des oreillettes, de la jonction entre oreillettes et ventricules ou dans les ventricules.

Ce sont des battements du cœur qui surviennent en dehors des battements normaux. C'est le plus courant des troubles du rythme. Ces battements s’accompagnent d’une sensation de "palpitations", de choc dans la poitrine ou de "pause cardiaque".

Leur survenue est favorisée par la prise d'alcool, l'anxiété, la grossesse, le surpoids, etc.

Des extrasystoles peuvent être présentes dans diverses maladies (hyperthyroïdie, syndrome d'apnée du sommeil, etc.) et lors d'une électrocution.

Elles sont le plus souvent bénignes sauf si le cœur présente une autre anomalie (angine de poitrine par exemple).

La tachycardie

Elle se traduit par une augmentation de la fréquence cardiaque. On parle de tachycardie quand la fréquence cardiaque est au-dessus de 100 battements par minute au repos.

Tachycardie sans anomalie du circuit électrique du cœur

Le cœur accélère son rythme pour s'adapter à certaines situations de vie et maladies : une émotion, une crise d'angoisse et trouble panique, une anémie, une fièvre, une insuffisance cardiaque, une embolie pulmonaire... Son rythme se régularise lorsqu'on traite la cause.

Tachycardie par anomalie du circuit électrique au niveau des oreillettes

C'est le flutter auriculaire souvent associé à une fibrillation auriculaire.

La fibrillation auriculaire résulte d’une désorganisation des contractions au sein des deux oreillettes qui deviennent alors inefficaces. La fibrillation atriale est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Elle concerne 1 % de la population générale, mais plus de 10 % des personnes de plus de 80 ans.

La paralysie des oreillettes est associée à un rythme irrégulier et souvent rapide des ventricules. La fibrillation atriale survient par crise, souvent la nuit, et est perçue comme une accélération brutale et irrégulière du rythme cardiaque. La fin de la crise est progressive.

Tachycardie par anomalies du circuit électrique entre la jonction entre oreillettes et ventricules

C'est la maladie de Bouveret. Elle se manifeste par des épisodes de palpitations cardiaques. Ces épisodes surviennent en général, chez les adolescents ou sujets jeunes, le plus souvent à la suite d'une émotion.  Ils durent quelques minutes et cèdent brutalement, mais peuvent se répéter. La maladie de Bouveret n'a pas de caractère de gravité.

Tachycardie par anomalie du circuit électrique au niveau des ventricules

Les ventricules peuvent se comporter de façon autonome. Ainsi, ils n'obéissent plus à la commande des oreillettes : il en résulte une tachycardie ventriculaire ou une fibrillation ventriculaire qui entraîne une défaillance du cœur se traduisant par une syncope, un état de choc ou un arrêt cardiaque.

Ce trouble du rythme survient en général sur une anomalie du muscle cardiaque et le plus souvent après un infarctus du myocarde.

La prise en charge est d'une extrême urgence.

La bradycardie

C'est une anomalie électrique qui entraîne une diminution de la fréquence cardiaque. On parle de bradycardie quand la fréquence cardiaque descend au-dessous de 60 battements par minute.
La bradycardie du sportif entraîné est bien tolérée et normale.
Le ralentissement permanent ou passager du cœur dû à une anomalie électrique du cœur et se traduisant par un essoufflement, une fatigue, des malaises avec brèves pertes de connaissance nécessite un bilan et un traitement.

Vidéo : Le circuit électrique du cœur et la fibrillation auriculaire

[Cette animation 3D explique les troubles du rythme cardiaque et le traitement de cette pathologie. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

Le cœur est un muscle qui se contracte selon un rythme régulier pendant toute la durée de notre vie. Chaque battement est stimulé par un signal électrique généré par le système de conduction du cœur.

Un cœur normal bat 60 à 100 fois par minute. Parfois, suite à un problème au niveau du système de conduction, le cœur bat trop rapidement, trop lentement ou encore de manière anarchique et irrégulière.

Un examen dénommé électrocardiogramme, ou ECG, permet de mesurer et d'enregistrer l'activité électrique du cœur. Chez les personnes dont le rythme cardiaque est normal, le signal électrique emprunte un trajet spécifique à travers le cœur.

Le signal électrique démarre normalement dans le nœud sinusal de Keith et Flack, ou nœud sino-auriculaire (SA), situé dans l'oreillette droite, excitant les fibres musculaires sur son passage. Le nœud sino-auriculaire déclenche la contraction des , ce qui provoque le passage du sang dans les .

Le signal électrique se propage ensuite à travers le nœud d'Aschoff-Tawara, ou nœud auriculo-ventriculaire (AV), pour atteindre enfin les ventricules. Ce signal déclenche alors la contraction des ventricules activant la pompe cardiaque pour envoyer le sang dans les poumons et dans le corps.

La fibrillation auriculaire est un type d'arythmie ou d'anomalie du rythme cardiaque provoqué par des signaux électriques désorganisés provenant des oreillettes. Cette perturbation du rythme cardiaque porte atteinte à l'orchestration des contractions normales, coordonnées entre les oreillettes et les ventricules, compromettant la capacité du cœur à envoyer efficacement le sang dans le corps.

Chez les personnes atteintes de fibrillation auriculaire, l'activité électrique du nœud sino-auriculaire est désorganisée et très rapide, ce qui provoque une contraction anarchique des oreillettes. Ces contractions irrégulières ne permettent pas de remplir correctement les ventricules avec le sang, ce qui entraîne aussi une irrégularité des contractions ventriculaire.

La fréquence cardiaque peut atteindre jusqu'à 100 à 175 battements par minute ou plus. La fibrillation auriculaire peut provoquer un évanouissement, une sensation de faiblesse et conduire à la formation de caillots de sang ou à d'autres complications.

Cette pathologie se traite par médication ou chirurgie. Chez certains patients, la pose d'un pacemaker (stimulateur cardiaque) s'avère nécessaire afin de réguler le rythme cardiaque.

© Blausen Medical

Quels sont les principaux troubles de la conduction cardiaque ?

Les troubles de la conduction cardiaque  résultent d’un blocage de la transmission des signaux électriques dans les , dans les ou entre les oreillettes et les ventricules.

On distingue donc différentes formes de troubles de la conduction cardiaque en fonction de l’endroit où le blocage de la transmission se situe :

  • le bloc sino-auriculaire : les impulsions électriques ne sont pas correctement transmises du nœud sinusal (nœud électrique) aux muscles des oreillettes ;
  • le bloc auriculo-ventriculaire : les impulsions électriques ne passent pas correctement des oreillettes aux ventricules ;
  • le bloc de branche : le trouble de conduction électrique se situe à l'intérieur des ventricules.

Les troubles de la conduction cardiaque ont de multiples causes : anomalie cardiaque congénitale, maladie des , séquelles d'infarctus du myocarde, prise de médicaments (bêta-bloquants par exemple), etc.

  • Fondation suisse de cardiologie. L’arythmie cardiaque. Site internet : Fondation suisse de cardiologie. Berne (Suisse) ; 2021 [consulté le 11 février 2022]
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