Les symptômes, le diagnostic et l'évolution des troubles du rythme cardiaque

01 février 2019
Le diagnostic du trouble du rythme cardiaque ou de la conduction est fait grâce à l’électrocardiogramme. En l’absence de prise en charge thérapeutique, certains troubles du rythme peuvent être responsables de complications dont la formation de caillots sanguins ou l'arrêt cardiaque.

Quels sont les symptômes des troubles du rythme cardiaque ?

Les troubles du rythme et de la conduction cardiaque sont parfois ignorés car ils n'entraînent aucun signe perceptible. Leur découverte peut être faite lors d'un électrocardiogramme (ECG) pour un autre motif, dans le cadre d'un bilan pré–opératoire par exemple.

Dans d'autres cas, les troubles génèrent des symptômes divers, dont l'origine cardiaque n'est pas toujours facilement identifiable.

La personne peut percevoir des anomalies de son rythme cardiaque :

  • un battement ou une série de battements plus forts, plus rapides (palpitations dans la poitrine) réguliers ou irréguliers, perçus ponctuellement ou par crises plus ou moins longues ;
  • des battements plus lents accompagnés d'une fatigue, d'un essoufflement, de vertiges dus à une mauvaise irrigation du cerveau ;
  • une sensation de choc dans la poitrine suivie d’une impression de vide ou de pause dans le rythme cardiaque.

Une pause cardiaque très brève peut provoquer une courte perte de connaissance, une perte d'équilibre, voire une chute sans raison. Les symptômes peuvent être peu spécifiques : angoisse, essoufflement, ou impression de gêne dans le thorax.

Parfois le trouble du rythme est seulement diagnostiqué lors de la prise en charge d'une complication : accident vasculaire cérébral, défaillance ou arrêt cardiaque...

Quand appeler le 15 ou le médecin ?

Il faut appeler le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou un téléphone portable même bloqué ou sans crédit si les palpitations s'accompagnent d'une douleur ou d'une oppression dans la poitrine et de tout signe évoquant un infarctus du myocarde.

Il faut consulter le médecin :

  • si des palpitations sont apparues alors qu'elles étaient inexistantes auparavant ou si elles ne sont pas habituelles ;
  • si elles s'accompagnent d'une faiblesse ou d'une fatigue.

Le diagnostic des troubles du rythme et de la conduction cardiaque

Les symptômes du patient et l'examen clinique effectué par le médecin traitant (auscultation cardiaque, prise des pouls, prise de tension artérielle) orientent vers les troubles du rythme et de la conduction cardiaque.

L'exploration de l'activité électrique du cœur

  • Elle est faite grâce à l'électrocardiogramme (ECG) qui est l'examen principal pour établir le diagnostic.
  • Lorsque les troubles sont brefs, inconstants ou surviennent dans des circonstances particulières, il est nécessaire de pratiquer des enregistrements sur plusieurs heures ou plusieurs jours : c'est le Holter ECG. Cet examen est pratiqué au moyen d’un petit appareil de la taille d’un baladeur, qui enregistre les pulsations du cœur. Le patient porte cet équipement sur lui en poursuivant ses activités habituelles.
  • Un ECG d'effort peut être utile lorsque le patient décrit des troubles du rythme cardiasque ne survenant qu'à l'effort.
  • Une exploration électrophysiologique du cœur (exploration permettant d’enregistrer l’activité électrique du cœur par des électrodes placées à l’intérieur du cœur) est parfois nécessaire lorsque la conduction électrique doit être analysée avec précision.

Le bilan sanguin

Il recherche des anomalies pouvant favoriser les troubles du rythme (hyperthyroïdie, hypothyroïdie, anémie, anomalies du calcium ou du potassium sanguin...), l'existence de problèmes rénaux ou hépatiques...

Le bilan cardiaque

Il nécessite un échodoppler cardiaque pour évaluer le retentissement sur le cœur du trouble du rythme cardiaque. D’autres examens peuvent être nécessaires pour compléter le bilan : scintigraphie myocardique, IRM cardiaque, coronarographie…

Les facteurs de risque cardiovasculaire

La présence de facteurs de risque cardiovasculaire : cholestérol élevé, hypertension artérielle, diabète, consommation de tabac, surpoids…est recherchée car elle est un facteur aggravant des troubles du rythme cardiaque.

Reconnaissance en affection de longue durée (ALD)

En cas de trouble du rythme cardiaque grave, votre médecin traitant peut demander, selon certains critères médicaux, une reconnaissance au titre d’affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l'Assurance Maladie.

L'évolution des troubles du rythme cardiaque

La mise en place d’un traitement adapté à chaque type de trouble du rythme permet de prévenir la survenue de complications.

Les troubles du rythme cardiaque, et tout particulièrement la fibrillation auriculaire ou atriale, peuvent favoriser la formation de caillots.

Ces derniers peuvent se déplacer par exemple vers le cerveau et être à l'origine d’un accident vasculaire cérébral (AVC) aux conséquences graves : paralysie plus ou moins étendue d'un membre, d'une partie du corps, troubles de la parole...

La tachycardie ventriculaire doit être traitée en urgence. Elle peut être responsable d'un arrêt cardiaque s'il existe une maladie de cœur sous-jacente (séquelles d'infarctus du myocarde par exemple).

La fibrillation ventriculaire, responsable d'une inefficacité complète du cœur, provoque un arrêt cardiaque et justifie des gestes d'urgence et une prise en charge spécialisée. C'est la raison de la mise à disposition des défibrillateurs cardiaques dans les lieux publics fréquentés.

En France, la mort subite d'origine cardiaque touche environ 40 000 personnes par an. Une cause de ces décès est un emballement extrême des contractions du cœur (tachycardie ventriculaire) qui peuvent devenir totalement anarchiques et inefficaces (fibrillation ventriculaire).

Les troubles du rythme et de la conduction cardiaque peuvent aggraver d'autres maladies cardio–vasculaires. Par exemple, dans le cas de l'angine de poitrine, une fibrillation auriculaire est moins bien supportée car le cœur augmente sa consommation en oxygène. Un trouble du rythme cardiaque peut provoquer ou aggraver une insuffisance cardiaque préexistante.

En cas d'arrêt cardiaque, il faut agir vite !

Les signes qui ne trompent pas :

  • la personne perd connaissance, tombe et ne réagit pas quand on lui parle ou quand on la stimule ;
  • sa respiration est inexistante (sa poitrine ne se soulève pas) ou très irrégulière.

Trois gestes pour sauver une vie :

  1. Appelez le 15 ou le 112 depuis un téléphone fixe ou portable.
  2. Commencez à masser le cœur jusqu'à l'arrivée du Samu.
  3. Si d'autres personnes sont présentes, demandez–leur si un est disponible à proximité. Si c'est le cas, demandez–leur d'aller le chercher le plus vite possible et défibrillez.

© Fédération française de cardiologie

  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide Parcours de soins. Fibrillation atriale. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Fédération française de cardiologie. Troubles du rythme cardiaque. Site internet : Fédération française de cardiologie. Paris ; 2015 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Fibrillation auriculaire : actes et prestations.. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Troubles du rythme ventriculaire graves : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2016 [consulté le 31 janvier 2019]