Suivi médical et vie quotidienne avec un trouble du rythme cardiaque

04 février 2019
Pour une bonne efficacité de votre traitement pour troubles du rythme cardiaque, suivez bien les prescriptions médicales et effectuez tous les examens de suivi. Si vous êtes sous anticoagulants, des analyses sanguines régulières sont nécessaires afin d’éviter un surdosage qui augmente le risque d’hémorragie.

Le suivi médical en cas de troubles du rythme cardiaque

En cas de trouble du rythme cardiaque, le suivi médical est assuré par votre médecin traitant et votre cardiologue. Ils vous prescrivent des examens sanguins et des bilans cardiovasculaires réguliers qui permettent de surveiller l’efficacité du traitement et l’évolution de la maladie.

Vous pouvez contribuer au bon déroulement de cette surveillance en appliquant les conseils suivants :

  • demandez à votre médecin de vous expliquer ce qu’est votre trouble du rythme cardiaque, quels sont les enjeux et les bénéfices de vos traitements. Ainsi, vous serez mieux à même de participer à votre propre suivi ;
  • n’hésitez pas à poser des questions aux professionnels de santé ;
  • respectez le rythme des consultations, prises de sang et examens ;
  • signalez à votre médecin tout symptôme nouveau qui vous inquiète (douleur, essoufflement, vertiges, malaise...) ;
  • si vous vivez avec un stimulateur ou un automatique implantable, portez toujours sur vous la carte précisant que vous en êtes porteur(se).
Reconnaissance en affection de longue durée (ALD)

En cas de rythme cardiaque grave, votre médecin traitant peut demander, selon certains critères médicaux, une reconnaissance au titre d’affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l'Assurance Maladie.

Bien suivre son traitement pour troubles du rythme cardiaque

Pour une meilleure efficacité de votre traitement médicamenteux, essayez de respecter les conseils suivants :

  • prenez vos médicaments tous les jours aux horaires prévus, pour permettre un contrôle durable de la maladie et diminuer le risque de complications ;
  • n’arrêtez jamais le traitement sans en parler à votre médecin ;
  • ne prenez aucun autre médicament sans avertir votre médecin, afin d’éviter toute interférence médicamenteuse ;
  • discutez avec votre médecin des effets indésirables possibles de certains médicaments, et cherchez avec lui des moyens de les atténuer ou de les prévenir.

Des conseils spécifiques en cas de prise d’anticoagulants

Quel que soit l'anticoagulant que vous prenez, appliquez les règles suivantes :

  • comme pour tout traitement, prenez bien les doses de médicament prescrites ;
  • signalez la prise d'anticoagulants à tous les professionnels de santé que vous consultez (médecin, chirurgien, dentiste, pédicure, infirmière, pharmacien, biologiste, kinésithérapeute, etc.) ;
  • prenez rendez-vous avec votre médecin traitant devant tout signe vous faisant craindre une hémorragie (saignement des gencives, hématomes, selles noires). De plus, pour éviter une coupure ou une chute, ne pratiquez pas de sport violent ni de travaux dangereux. En cas de saignement, contactez rapidement votre médecin ou rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche ;
  • respectez la surveillance imposée par votre traitement.

Si vous êtes sous antivitamine K (AVK) des consignes particulières s'appliquent :

  • pensez à effectuer en temps voulu les examens sanguins (international normalized ratio ou "INR") prescrits par votre médecin ;
  • à chaque INR, veillez à bien faire remplir le carnet de traitement remis par votre médecin (résultat de l'examen, dose journalière de médicament prise depuis le précédent INR, incidents éventuels). Pensez aussi à apporter ce carnet à chaque consultation médicale ;
  • mangez sans excès les aliments contenant une grande quantité de vitamine K (brocolis, laitue, épinards, chou, chou-fleur, choux de Bruxelles). En effet, une consommation importante pourrait modifier le résultat de votre prochain INR.
Votre pharmacien peut vous accompagner dans le suivi de votre traitement par anticoagulant oral

Le traitement par anticoagulant oral nécessite une vigilance particulière pour prévenir certains risques d’interactions entre médicaments. En plus du suivi médical de votre médecin traitant, vous pouvez bénéficier de l’accompagnement du pharmacien de votre choix. Ce dernier vous donne des conseils sur le bon usage de vos médicaments en tenant compte de vos habitudes de vie. Il s’assure avec vous du bon suivi de votre traitement et vous adresse à votre médecin traitant si besoin.

Si vous souhaitez bénéficier de cet accompagnement personnalisé, confidentiel et gratuit, parlez-en à votre pharmacien.

Prendre des précautions lorqu'on est porteur d'un pace-maker ou d'un défibrillateur cardiaque

Après la pose d'un stimulateur (pace-maker) ou d'un cardiaque :

  • surveillez la cicatrisation et tant que la cicatrice n'est pas parfaite, ne portez pas de lourdes charges et évitez les mouvements brusques de l'épaule ;
  • reprenez vos activités de loisirs après accord du médecin et selon ses conseils.

Quelles précautions dans la vie de tous les jours lorsqu'on est porteur d'un stimulateur cardiaque (pace-maker) ou d'un ?

  • portez toujours la carte indiquant que vous êtes porteur(se) d'un pace-maker ou d'un cardiaque ;
  • contrôlez régulièrement votre pouls et tension artérielle par automesure ;
  • évitez de passer à proximité des détecteurs magnétiques des aéroports et passez rapidement les portiques antivol des magasins ;
  • demandez à être fouillé à la main dans les aéroports et si un bâton magnétique de détection est utilisé, il doit être passé rapidement et être maintenu à distance du stimulateur ;
  • maintenez votre téléphone cellulaire à 15 cm de votre stimulateur et utilisez un kit piéton pour votre téléphone portable ;
  • à la maison, les appareils électroménagers peuvent être utilisés sans problème, sauf les plaques à induction ;
  • les examens par IRM qui utilisent des ondes électromégnétiques sont totalement contre-indiqués.

Troubles du rythme cardiaque : adopter les bons réflexes au quotidien

Les recommandations de votre médecin peuvent vous aider à développer une hygiène de vie adaptée à l'état de votre cœur. Pensez notamment à adopter les gestes de prévention du risque cardiovasculaire :

Si vous exercez une activité professionnelle, parlez de vos conditions de travail à votre médecin traitant et à votre médecin du travail. Ils définiront si une adaptation de votre poste peut être utile dans votre état.

Par ailleurs, demandez aussi l'avis de votre médecin avant tout projet de voyage, pour savoir s’il est compatible avec votre situation.

N’hésitez pas à rejoindre les groupes de personnes atteintes de maladies cardiovasculaires. Ils peuvent vous aider, vous écouter et vous informer, notamment par l’échange d’expérience avec d’autres patients.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide Parcours de soins. Fibrillation atriale. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Fédération française de cardiologie. Troubles du rythme cardiaque. Site internet : Fédération française de cardiologie. Paris ; 2015 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Fibrillation auriculaire : actes et prestations.. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Troubles du rythme ventriculaire graves : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2016 [consulté le 31 janvier 2019]
  • Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM). Surveillance des sondes de défibrillation et défibrillateurs implantables. Site internet : ANSM. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 31 janvier 2019]