Le traitement prescrit en cas de trouble panique

28 avril 2017
Le traitement d’une crise d’angoisse consiste à éloigner la personne de la situation anxiogène. Le médecin l’invite à se détendre et lui explique la cause psychique de ses symptômes. Si l’attaque est forte et prolongée, il peut lui prescrire un médicament contre l’anxiété.

Le traitement en urgence de l’attaque de panique

Son objectif est de réduire à la fois les symptômes psychiques et physiques du patient. Il s’agit :

  • d’aider la personne à quitter ses impressions de menace imminente ;
  • de l'inciter à se détendre, à se relaxer ;
  • de modifier son rythme respiratoire. Celui–ci doit être le plus lent et le plus superficiel possible, bouche fermée, et reposer sur une respiration abdominale plutôt que thoracique.

Généralement, on peut diminuer l’intensité de la crise de panique, puis la stopper très rapidement, par des mesures simples :

  • l'éloignement des facteurs qui ont créé l’anxiété ;
  • la mise en présence d'un médecin, qui est rassurante ;
  • l’explication donnée sur l’origine psychologique des troubles physiques, et sur l’absence de danger vital.

Elle est limitée autant que possible, pour éviter de "médicaliser" la crise. Le médicament ne s'impose que :

  • si la crise se prolonge malgré les premières mesures prises en urgence ;
  • quand les symptômes sont très intenses (ex. : agitation psychique et physique très forte).

Les benzodiazépines sont les principales substances utilisées pour traiter l’anxiété aiguë (effet dit anxiolytique, voire sédatif). Le produit agit après une seule prise, en 5 à 15 minutes environ, selon la dose absorbée et la sensibilité du patient.

Quand l’angoisse s’est dissipée, le médecin évalue de nouveau l’état de la personne et lui explique la nature de son affection. Il lui propose aussi un suivi médical, ou une réévaluation de ses troubles quelque temps plus tard.

Risque de dépendance aux benzodiazépines

Lors d’une crise de panique ou pour affronter une situation redoutée, les patients utilisent volontiers un anxiolytique (benzodiazépine). Ce produit est efficace sur les symptômes immédiats, mais engendre très rapidement une dépendance psychologique et physique, puis une surconsommation. De plus, il reste inefficace en pour prévenir les attaques de panique.

Le traitement du trouble panique

Il commence le plus tôt possible, dès que le diagnostic est posé, afin d’éviter la survenue et l’installation d’une agoraphobie et/ou d’une dépression.

Il s’agit d’un mené en collaboration entre divers professionnels de santé (médecin traitant, psychiatre, psychologue…) ayant plusieurs buts :

  • éviter la survenue des attaques de panique ;
  • supprimer l’anxiété anticipatoire (crainte d’une répétition de la crise d’angoisse) ;
  • mettre fin aux conduites d’évitement (changements de comportement du patient, destinés à éviter les situations angoissantes pour lui).

Le médecin choisit les soins les mieux appropriés à la personne : , gestion du trouble par soi–même, médicaments.

La (TCC) vise à modifier l’attitude de la personne face aux situations qu’elle craint. Elle est efficace pour gérer comme pour prévenir les attaques. Elle aide à corriger les impressions erronées de danger imminent, et surtout l'agoraphobie (réduction des conduites d'évitement). Les séances se déroulent individuellement ou en groupe. En général, 12 à 18 séances sont nécessaires, à raison d’une par semaine pendant 3 à 4 mois.

Cette méthode se base notamment sur :

  • l'information du patient concernant son affection (absence de risque physique lors d’une attaque de panique, inutilité des examens complémentaires répétés, risque d’abuser des anxiolytiques ou de l’alcool) ;
  • le soutien de l’entourage (le conjoint peut participer à certaines séances).

En cas de trouble panique, le thérapeute peut proposer à son patient l'exposition graduelle aux situations redoutées de façon à ce qu'il les "apprivoise". Ainsi, pour diminuer l’anxiété anticipatoire, le psychothérapeute invite son patient à sortir de chez lui, à utiliser les transports en commun ou à rester dans des lieux anxiogènes. Cette exposition, de plus en plus longue à chaque sortie, peut se faire directement en milieu réel (seul ou avec le thérapeute). L’anxiété est intense au cours des premières sorties, puis elle tend à s’amoindrir avec le temps. Si l'appréhension est trop forte au départ, la personne peut commencer par faire ces déplacements en imagination.
Entre deux séances dédiées à l’apprentissage de cette technique, le médecin prescrit des exercices à réaliser par soi–même.

Elle est abordée lors des séances de , ou à l’aide de manuels basés sur la . Elle repose sur la maîtrise de techniques utilisables lors des crises :

  • la régulation respiratoire, c’est–à–dire le contrôle du rythme et de l’amplitude des inspirations et expirations, s’apprend en 3 à 4 séances. Elle sert à contrôler l’hyperventilation due à l'accélération du rythme respiratoire ;
  • les méthodes de relaxation sont utiles pour gérer l’anxiété par soi–même.

Par ailleurs, il est recommandé de développer son activité physique, car cela contribue à la diminution du stress et au bien–être corporel.

Ils sont indiqués si les attaques de paniques sont fréquentes ou intenses.

Le médecin prescrit, le plus souvent, des antidépresseurs de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (agissant sur la sérotonine, un neurotransmetteur présent dans le cerveau). Ces substances sont bien tolérées, la plus utilisée étant la paroxétine.

Dans certains cas, le médecin recommande plutôt l’usage de la venlafaxine, un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (actif aussi sur la noradrénaline, un autre neurotransmetteur).

Le patient commence toujours par prendre des doses faibles. Cela vise à éviter une recrudescence de l’anxiété, souvent constatée en début de traitement (malaises, troubles digestifs, attaques de panique). En général, la dose qui convient à la personne est atteinte en 1 à 2 semaines, et une amélioration est constatée entre la 3e et la 6e semaine. Si le traitement se révèle efficace, il doit être poursuivi à la même dose sur une durée longue (au moins 1 an après la dernière attaque de panique). Il est ensuite arrêté progressivement et prudemment.

En cas d’échec de ces traitements, le médecin peut prescrire de la clomipramine, un médicament de la famille des imipraminiques.

Sources
  • Swiss Medical Forum. Le traitement des troubles anxieux. Site internet : Swiss Medical Forum. Muttenz (Suisse) ; 2011 [consulté le 28 septembre 2015]
  • NHS Choices. Agoraphobia. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2014 [consulté le 28 septembre 2015]
  • Pelissolo A. Troubles anxieux et névrotiques. EMC–AKOS (Traité de Médecine). 2012;7(3):1–11 [Article 7–0150]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Affections psychiatriques de longue durée – Troubles anxieux graves. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 septembre 2015]