Le suivi médical et la vie quotidienne en cas de trouble panique

07 juin 2021
Si vous présentez un trouble panique, vous pouvez contribuer à votre traitement en respectant les prescriptions médicales. Votre médecin vous aide aussi à mieux connaître votre maladie, pour savoir comment réagir face à une crise d’angoisse. Veillez également à conserver une bonne hygiène de vie.

Trouble panique : le suivi médical et psychologique

En cas de trouble panique, un suivi médical est indispensable durant toute la durée du traitement, pour surveiller l’efficacité de celui–ci et ses éventuels effets secondaires. Cette surveillance se prolonge bien au–delà de l’arrêt du traitement, afin de contrôler l’absence d'attaques de panique sur plusieurs années.

Vous pouvez contribuer vous–même au succès des soins, en appliquant les conseils suivants.

  • Faites–vous expliquer votre maladie, et acceptez de vous faire soigner et d’être aidé : le trouble panique est une maladie chronique.
  • Maintenez une relation de confiance avec le professionnel choisi pour la (psychiatre ou psychologue). Avec ce médecin comme avec votre entourage, n’hésitez pas à exprimer votre ressenti, à parler de vos difficultés.
  • Pour mieux préparer votre prochaine consultation, notez systématiquement vos questions. Remplissez aussi tous les documents demandés par votre médecin (ex. : agenda de vos attaques de panique, questionnaires d’auto-évaluation sur vos peurs).
  • Apprenez à reconnaître une possible aggravation de vos symptômes.
  • Respectez le traitement prescrit et sa durée. Identifier ses éventuels effets secondaires et signalez–les à votre médecin traitant, le cas échéant.

Entre les séances de thérapie, réalisez bien les exercices enseignés et prescrits par le psychothérapeute.

Antidépresseurs et conduite de véhicule

La prise d’antidépresseurs entraîne une augmentation significative du risque d’être responsable d’un accident de la route. Ce phénomène est accru notamment en début de traitement, ou quand celui–ci est modifié (changement de posologie, de , etc.)

Aussi, restez particulièrement attentifs aux pictogrammes figurant sur le conditionnement des médicaments : ils vous renseignent sur les conditions d’utilisation du produit.

Infographie représentant les trois niveaux de risque de la prise de médicament sur la conduite (cf. description détaillée ci-après)

Il existe trois niveaux de risque, concernant la prise de médicament avant la conduite :

  1. Le niveau 1 est accompagné du conseil : « Soyez prudent ». Il est interdit de conduire sans avoir lu la notice de ce médicament.
  2. Le niveau 2 est accompagné du conseil : « Soyez très prudent ». Il est interdit de conduire sans avoir demander l’avis d’un professionnel de santé.
  3. Le niveau 3 est accompagné du conseil : « Attention, danger : ne pas conduire ». Pour reprendre la conduite après avoir pris ce type de médicament, il est obligatoire de demander l’avis d’un médecin.

La vie au quotidien avec un trouble panique

Dans la vie de tous les jours, essayez de suivre les conseils suivants.

Gérer une crise d'angoisse

Quelques conseils peuvent vous aider à gérer une crise d’angoisse lorsqu’elle survient.

  • Isolez–vous dans un endroit calme, si possible avec un proche. Restez–y jusqu'à la fin de la crise. Si vous êtes en voiture, garez–vous et restez à l’arrêt, jusqu’à ce que l’attaque de panique soit passée.
  • Concentrez–vous sur le contrôle de votre anxiété et non sur ses symptômes. Essayez de vous raisonner, de vous rassurer, en vous disant par exemple : "Je ne suis pas en train de faire une crise cardiaque, mais c’est une crise d’angoisse qui va passer rapidement." Souvenez–vous aussi que les symptômes ressentis sont inconfortables, mais que votre vie n’est pas en danger.
  • Respirez normalement et calmement, pour atténuer votre anxiété. Une respiration trop profonde ou rapide (hyperventilation) est susceptible d’accentuer les symptômes.
  • Regardez passer le temps sur votre montre : l'attaque de panique peut vous sembler longue, mais en réalité, elle dure quelques minutes seulement. En attendant qu’elle se termine, concentrez votre attention sur ce que vous voyez ou entendez autour de vous. Vous pouvez aussi essayer de penser à des images positives, à une situation qui vous apaise.

Prévenir la survenue d'une attaque de panique

Au quotidien, agissez par vous–même pour vous détendre et prévenir de nouvelles attaques.

Essayez de maintenir une bonne hygiène de vie (par exemple, adoptez des horaires réguliers pour prendre vos repas et pour dormir).

Pratiquez souvent une activité physique (au moins 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine). L’exercice diminue la sensibilité anxieuse et le stress, surtout en plein air (cyclisme, marche).

Pour mieux vous détendre, apprenez également des techniques de relaxation et de respiration (ex. : yoga).

Évitez de consommer de l'alcool, du tabac ou d’autres substances addictives (ex. : anxiolytiques). L’anxiété favorise parfois la consommation de ces produits, qui peuvent donner une impression de soulagement sur l’instant. En réalité, ils risquent d’aggraver la maladie et de provoquer une dépression. De plus, l'alcool est susceptible d’interférer avec l'effet des antidépresseurs.

Veillez à conserver des liens avec votre famille, vos amis, collègues de travail, co-équipiers sportifs, etc.

Se faire accompagner

Le trouble panique pousse davantage à se replier sur soi–même qu'à sortir, surtout en cas d’agoraphobie.

Faites–vous aider par votre médecin traitant mais aussi par les associations de patients. Elles peuvent vous apporter informations et soutien, par l’écoute et l’échange d’expériences avec d’autres personnes atteintes de troubles paniques.

Activité professionnelle et trouble panique

Si votre médecin traitant vous a prescrit un arrêt de travail en raison de votre trouble panique, n’hésitez pas à contacter votre médecin du travail. Des modalités spécifiques peuvent être envisagées pour votre retour (ex. : mi–temps thérapeutique sur une courte période, adaptation de votre poste).

Une consultation médicale de pré–reprise auprès du médecin du travail peut aussi faciliter la reprise de vos activités professionnelles. Elle est obligatoire en cas d’arrêt de plus de 30 jours.

  • Collège National Universitaire de Psychiatrie et Association pour l'Enseignement de la Sémiologie Psychiatrique. ECN 2016. Trouble panique. Presses universitaires François-Rabelais. Tours (France)
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