Trouble panique : définition et facteurs déclenchants

30 octobre 2018
On parle de " trouble panique" quand une personne souffre d’épisodes de crises d’angoisse aiguë (ou attaques de panique), qui se réitèrent pendant un mois ou plus, avec la crainte perpétuelle d’en vivre un nouveau. Ces crises d’angoisse (de panique) surviennent spontanément ou sont déclenchées par divers facteurs (stress, dépression…)

Qu’est-ce que le trouble panique ?

Le trouble panique est un trouble anxieux caractérisé par la répétition d'attaques de panique et par la peur de leur survenue. Il correspond donc à l’association de deux phénomènes :

  • d’une part, la répétition d'attaques de panique (ou crises d’angoisse aiguë), plus ou moins fréquentes et de survenue imprévisible ;
  • d’autre part, la peur ou la crainte par anticipation d’une nouvelle attaque de panique (autrement dit "la peur d'avoir peur").

 

Trouble panique : quelques chiffres

Le trouble panique touche environ 1 à 3 % des Français à un moment ou à un autre de leur vie. Il concerne deux à trois fois plus les femmes que les hommes.

Il faut noter également que 2/3 des personnes souffrant d'un trouble panique présentent également une agoraphobie.

L'attaque de panique ou crise d’angoisse aiguë

L'attaque de panique ou crise d'angoisse aiguë se définit par :

  • l’apparition soudaine d’une crainte, d’une angoisse ou appréhension intense, d’une peur ou terreur ;
  • une sensation de catastrophe imminente, souvent associée à la peur.

Généralement, cette crise de panique atteint son intensité maximale en quelques secondes, et dans tous les cas en moins de 10 minutes. Elle s’accompagne d’autres symptômes psychiques ou physiques (ex. : vertiges, nausées, peur de perdre le contrôle de soi–même).

Les crises d'angoisse aiguë peuvent survenir :

  • de façon spontanée, sans cause apparente,
  • ou à la suite d'un facteur déclenchant :
    • après un événement traumatisant ou un stress brutal (ex. : accident) ;
    • après une période de fatigue ou de perturbation émotionnelle (chez une personne anxieuse, par exemple) ;
    • lors de la prise de produits toxiques ou stimulants comme l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, les hallucinogènes (LSD) ou les amphétamines (ecstasy) ;
    • après la prise de certains médicaments comme les produits anticholinergiques (traitant notamment les allergies ou les troubles digestifs), les (prescrits en cas d’angine de poitrine), les préparations thyroïdiennes (prises en cas d’hypothyroïdie) et les corticostéroïdes (utilisés notamment comme anti–inflammatoires), la théophylline (médicament contre l’asthme) ;
    • après une exposition à des solvants volatils (ex. : acétone) ou au dioxyde de carbone ;
    • pendant le de certaines substances telles que l’alcool, les opiacés, la caféine ou les benzodiazépines (médicaments contre l’anxiété et l’insomnie).

Les attaques de panique survenant de manière isolée et ponctuelle, sans conséquence ni répétition, restent sans gravité. Elles représentent une réaction très intense, mais transitoire, à un facteur déclenchant.

En revanche, si elles se réitèrent et surviennent spontanément, ces crises d'angoisse aiguë peuvent constituer le signe central d’une maladie chronique, le trouble panique.

Le concept de "crises de spasmophilie" ou "crises de tétanie" existe seulement en France

La spasmophilie est souvent présentée comme une maladie liée à un déficit en magnésium ou en calcium. En fait, elle correspond généralement à des attaques de panique se manifestant surtout par des symptômes musculaires, liés à une hyperventilation (accélération de la respiration). Ce phénomène entraine une baisse du taux de dans le sang, provoquant des contractures musculaires.

Les crises dites de spasmophilie sont souvent déclenchées par un stress ou des contrariétés. Toutefois, elles peuvent aussi correspondre à un véritable trouble panique nécessitant un traitement. Celui–ci vise alors surtout au contrôle de la respiration.

De la crise d’angoisse aiguë au trouble panique

Lorsque des attaques de panique se répètent spontanément, sont accompagnées de la peur d'en vivre de nouvelles et entraînent des changements de comportement, on parle de trouble panique. Dans certains cas, celui-ci s'accompagne d'agoraphobie.

Le trouble panique isolé

Le diagnostic de trouble panique est porté lorsque des attaques de panique récurrentes et inattendues provoquent, pendant au moins un mois :

  • une crainte persistante de vivre une nouvelle attaque ;
  • des préoccupations concernant les causes et conséquences de ces attaques (peur de mourir, de devenir fou, etc.) ;
  • plus généralement, un changement de comportement.

Le trouble panique avec agoraphobie

L’agoraphobie est la crainte anormale des lieux publics et des grands espaces. Les personnes atteintes d'agoraphobie ont peur de se trouver dans des lieux et des situations où il leur serait difficile de s'échapper ou de trouver de l'aide en cas de crise de panique.

Les craintes de voir survenir une nouvelle attaque de panique génèrent des comportements d'évitement (ex. : éviter de prendre le bus ou de se rendre dans les centres commerciaux). Ces personnes modifient leur mode de vie en profondeur (suppression de certaines activités de loisir par exemple, abandon de leur emploi, confinement à leur domicile).

Ces réactions évoquent une agoraphobie : on parle alors de trouble panique avec agoraphobie.

Sources
  • Collège National Universitaire de Psychiatrie et Association pour l'Enseignement de la Sémiologie Psychiatrique. Trouble panique. Site internet : Université de Rouen (France) ; 2018 [consulté le 30 octobre 2018]
  • Pelissolo A. Troubles anxieux et névrotiques. EMC–AKOS (Traité de Médecine). 2012;7(3):1–11 [Article 7–0150]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Affections psychiatriques de longue durée - Troubles anxieux graves. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 30 octobre 2018]
  • Canadian Family Physician – Le Médecin de famille canadien (CFP). L'identification et traitement du trouble panique avec ou sans agoraphobie. Site internet : CFP. Mississauga (Canada) ; 2007 [consulté le 30 octobre 2018]