Trouble panique : définition et facteurs déclenchants

28 avril 2017
On parle de " trouble panique" quand une personne souffre d’épisodes de crises d’angoisse aiguë (ou attaques de panique), qui se réitèrent pendant un mois ou plus, avec la crainte perpétuelle d’en vivre un nouveau. Ces crises d’angoisse sont déclenchées par divers facteurs (stress, dépression…)

Qu’est-ce que le trouble panique ?

Le trouble panique correspond à l’association de deux phénomènes :

  • d’une part, la répétition d'attaques de panique (ou "crises d’angoisse aiguës"), plus ou moins fréquentes et de survenue imprévisible ;
  • d’autre part, la peur ou la crainte par anticipation d’une nouvelle attaque (autrement dit "la peur d'avoir peur").

Il touche environ 1 à 3 % des Français à un moment ou à un autre de leur vie. Il concerne deux à trois fois plus les femmes que les hommes. Il faut noter également que 2/3 des personnes souffrant d'un trouble panique présentent également une agoraphobie.

L'attaque de panique ou "crise d’angoisse aiguë"

Cette pathologie fréquente se définit par :

  • l’apparition soudaine d’une crainte, d’une angoisse ou appréhension intense, d’une peur ou terreur ;
  • une sensation de catastrophe imminente, souvent associée à la peur.

Généralement, cette crise atteint son intensité maximale en quelques secondes, et dans tous les cas en moins de 10 minutes. Elle s’accompagne d’autres symptômes psychiques ou physiques (ex. : vertiges, nausées, peur de perdre le contrôle de soi–même).

Les facteurs déclenchants de l’attaque de panique sont multiples. Les épisodes aigus qui en découlent peuvent survenir :

  • de façon spontanée, sans cause apparente ;
  • après un événement traumatisant ou un stress brutal (ex. : accident) ;
  • après une période de fatigue ou de perturbation émotionnelle (chez une personne anxieuse, par exemple) ;
  • lors de la prise de produits toxiques ou stimulants comme l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, les hallucinogènes (LSD) ou les amphétamines (ecstasy) ;
  • après la prise de certains médicaments comme les produits anticholinergiques (traitant notamment les allergies ou les troubles digestifs), les (prescrits en cas d’angine de poitrine), les préparations thyroïdiennes (prises en cas d’hypothyroïdie) et les corticostéroïdes (utilisés notamment comme anti–inflammatoires), la théophylline (médicament contre l’asthme) ;
  • après une exposition à des solvants volatils (ex. : acétone) ou au dioxyde de carbone ;
  • pendant le de certaines substances telles que l’alcool, les opiacés, la caféine ou les benzodiazépines (médicaments contre l’anxiété et l’insomnie).

Les attaques de panique survenant de manière isolée et ponctuelle, sans conséquence ni répétition, restent sans gravité. Elles représentent une réaction très intense, mais transitoire, à un facteur déclenchant. En revanche, si elles se réitèrent, ces crises peuvent constituer le signe central d’une pathologie chronique, le trouble panique.

Le concept de "crises de spasmophilie" ou "crises de tétanie" existe seulement en France

Ces manifestations sont souvent présentées comme une maladie liée à un déficit en magnésium ou en calcium. En fait, elle correspond généralement à des attaques de panique se manifestant surtout par des signes musculaires, liés à une hyperventilation (accélération de la respiration). Ce phénomène entraine une baisse du taux de dans le sang, provoquant des contractures.

Les crises de ce type sont souvent déclenchées par un stress ou des contrariétés. Toutefois, elles peuvent aussi correspondre à un véritable trouble panique nécessitant un traitement. Celui–ci vise alors surtout au contrôle de la respiration.

De la crise d’angoisse au trouble panique

Lorsque des attaques de panique se répètent et entraînent des changements de comportement, on parle de trouble panique. Dans certains cas, celui-ci s'accompagne d'agoraphobie.

Le diagnostic de trouble panique est porté lorsque des attaques de panique récurrentes et inattendues provoquent, pendant au moins un mois :

  • une crainte persistante de vivre une nouvelle attaque ;
  • des préoccupations concernant les causes et conséquences de ces attaques (peur de mourir, de devenir fou, etc.) ;
  • plus généralement, un changement de comportement.

L’agoraphobie est la crainte anormale des lieux publics et des grands espaces. Les personnes atteintes ont peur de se trouver dans des lieux et des situations où il leur serait difficile de s'échapper ou de trouver de l'aide en cas de crise de panique.

Les craintes de voir survenir une nouvelle attaque génèrent des comportements d'évitement (ex. : éviter de prendre le bus ou de se rendre dans les centres commerciaux). Ces personnes modifient leur mode de vie en profondeur (suppression de certaines activités de loisir par exemple, abandon de leur emploi, confinement à leur domicile).

Ces réactions évoquent une agoraphobie : on parle alors de "trouble panique avec agoraphobie".

Sources
  • Pelissolo A. Troubles anxieux et névrotiques. EMC–AKOS (Traité de Médecine). 2012;7(3):1–11 [Article 7–0150]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Affections psychiatriques de longue durée – Troubles anxieux graves. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 septembre 2015]
  • Canadian Family Physician – Le Médecin de famille canadien (CFP). L'identification et traitement du trouble panique avec ou sans agoraphobie. Site internet : CFP. Mississauga (Canada) ; 2007 [consulté le 28 septembre 2015]