S'adapter aux troubles de l'expression orale de l’enfant

23 mars 2017
En général, les troubles du langage oral de l'enfant sont pris en charge grâce à des aménagements simples à l'école et une rééducation orthophonique. Pour des troubles plus importants, il est nécessaire de mettre en place des mesures supplémentaires. L’accompagnement familial est important.

L’accompagnement familial

Respectez les rendez-vous de rééducation orthophonique et encouragez votre enfant à y participer activement. Si l’orthophoniste vous donne des conseils, suivez-les, ainsi les progrès seront plus rapides.

Au quotidien :

  • Profitez de toutes les situations de la journée pour laisser à l’enfant l’initiative de la communication : bain, habillage, course, repas, jeux, etc.
  • Renforcez sa confiance en lui, son sentiment de réussite.
  • Laissez à l’enfant le temps de répondre (alternance dans la conversation), ne lui coupez pas la parole et répondez-lui, même si les questions sont répétitives.
  • Ne lui parlez pas "bébé" : prononcez normalement, mots précis, phrases structurées correctement.
  • Parlez-lui en face et à sa hauteur, en le regardant.
  • Ne le faites pas répéter : reprenez en prononçant correctement.
  • Reformulez en enrichissant ses paroles.
  • Favorisez les contacts avec des personnes n’appartenant pas à son milieu quotidien. Il devra faire des efforts pour se faire comprendre.
  • Évitez les attitudes culpabilisantes ou humiliantes pour l’enfant : ne le forcez pas à parler, ne le punissez pas pour ses difficultés, ne le comparez pas aux autres enfants ou à ses frères et sœurs.

Faites-vous aider par des associations qui sont des lieux d’informations et d’échanges.

La scolarisation de l'enfant

Le plus souvent, l’enfant fréquente son établissement habituel. Cependant, en fonction de l’évolution du trouble et du type de besoins, il peut être préférable qu’il soit scolarisé dans un lieu plus adapté.

La scolarité classique peut s’accompagner d’interventions de divers professionnels extérieurs à la classe.

Il peut s'agir :

  • de membres (psychologues scolaires et professeurs des écoles spécialisés) des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) intervenant dans les classes primaires ;
  • de professionnels du secteur médicosocial (CMPP, CAMPS...) ou des professionnels travaillant en libéral (orthophoniste...), ou par exemple dans un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) ;
  • d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) individuel ou mutualisé.

Elles sont conseillées lorsque le besoin d’aide et de soins s’intensifie. Des unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) sont mises en place dans à l'école primaire, au collège et au lycée.

Dans tous les cas, ces structures présentent des caractéristiques particulières, à savoir :

  • un effectif généralement limité à douze élèves par classe ;
  • des cours assurés par un enseignant spécialisé ;
  • éventuellement, l’intervention d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) collectif. Il apporte son concours au professeur, pour faciliter la prise en charge individualisée de plusieurs élèves.

Lorsque le trouble est important ou s’il existe des problèmes associés, une scolarisation au sein d’une unité d’enseignement en établissement spécialisé peut se révéler nécessaire. Cette scolarisation peut s’effectuer à temps plein dans l’établissement spécialisé, ou à temps partiel, en complément d’une scolarisation en milieu ordinaire.

Les différentes aides possibles

Les troubles de l'expression orale de l'enfant peuvent être pris en charge en milieu scolaire et/ou encadrés par des dispositifs spécifiques.

Des aménagements simples, définis et mis en place par l’équipe éducative au sein de l’établissement habituel de l'enfant suffisent le plus souvent : reformulation des consignes, photocopies adaptées, allègement du travail, etc.

Les aides spécifiques supplémentaires sont mises en place si la famille en fait la demande, en général dans le cadre d’un dispositif spécifique. Elles comportent par exemple :

  • des aides en matériel pédagogique adapté (par exemple, mise à disposition d’outils informatiques) ;
  • des aménagements d’examens et de concours (augmentation du temps des épreuves, utilisation d’un matériel spécialisé, mise en place d’un secrétariat, conservation des notes, etc.)

Le plus souvent, la mobilisation des aides spécifiques nécessite un cadre formalisé. Il en existe deux types : le projet d’accueil individualisé et le projet personnalisé de scolarisation.

Le projet d’accueil individualisé (PAI)

Le PAI est une simple convention destinée à faciliter la scolarité de l'enfant. Il définit la prise en charge dans le cadre scolaire de l'enfant, au regard de ses spécificités. Il assure également la communication avec la communauté éducative de l'établissement.

Le PAI est élaboré à la demande de la famille par le directeur de la collectivité et le médecin scolaire (ou celui de la structure d’accueil). Ce dernier rencontre l'élève et/ou sa famille afin de cerner les difficultés. À partir des informations recueillies, il déterminera les aménagements susceptibles d'être mis en place.

Le PAI est formalisé par un contrat écrit passé entre la famille, l’établissement (représenté par le directeur d’école ou le chef d’établissement) et le médecin de l’Éducation nationale.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)

Il arrive que les difficultés des enfants présentant un trouble "dys" (dysphasie, dyslexie, dyscalculie...) nécessitent le recours à l’élaboration d’un PPS, afin qu’ils puissent bénéficier des soutiens adaptés et d’une organisation adéquate de leur scolarité.

Le PPS fixe alors les grands objectifs et organise la scolarité des enfants et adolescents handicapés.

Il s’agit d’un document écrit qui définit les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, médicales et paramédicales proposées.

Il est obligatoire, notamment pour obtenir :

  • une orientation en classe spécialisée en milieu ordinaire (Ulis) ou en établissement spécialisé ;
  • la présence d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ;
  • l’attribution de matériel pédagogique adapté.

Le PPS est bâti par l' d'évaluation de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) en tenant compte des souhaits, des compétences et des besoins de l'élève.

Une fois accepté par la famille, le PPS sert de base à la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) qui se prononce sur l'orientation de l'élève ainsi que sur les éventuelles mesures d'accompagnement. Les parents sont toujours associés à ces décisions.

Le PPS est transmis à l'enseignant référent chargé de sa mise en œuvre et de son suivi avec l'équipe de suivi de la scolarisation.

Sources
  • Société française de pédiatrie (SFP). Les troubles de l’évolution du langage chez l’enfant–Guide pratique. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2007 [consulté le 2 septembre 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les troubles du langage et des apprentissages. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2016 [consulté le 2 septembre 2016]
  • Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Troubles "dys" de l’enfant. Guide ressources pour les parents. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 2 septembre 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Troubles des apprentissages : les troubles "dys". Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 2 septembre 2016]