Bégaiement, troubles de l'articulation, retard de parole et dysphasie au quotidien

14 septembre 2018
En général, les troubles du langage oral de l'enfant sont pris en charge grâce à des aménagements simples à l'école et une rééducation orthophonique. Pour des troubles plus importants, il est nécessaire de mettre en place des mesures supplémentaires. L’accompagnement familial est important.

L’aide familiale au quotidien en cas de troubles du langage oral

Un enfant présentant des troubles du langage oral a des besoins spécifiques :

  • Il lui faut souvent plus de temps pour comprendre les consignes liées aux activités à réaliser, pour s'exprimer oralement et se faire comprendre et beaucoup de calme pour se concentrer. Aussi, certains aménagements peuvent l’aider (écoute attentive, reformulation, consignes simples, accompagnement matériel ou humain pour mieux s’organiser dans le temps et l’espace).
  • L’enfant doit généralement fournir plus d’efforts que les autres pour s'exprimer et pour apprendre. Cette situation engendre parfois un certain découragement. De ce fait, le soutien de l’entourage est essentiel, car il aide l’enfant à avoir confiance en lui-même.

Vous pouvez aider et accompagner votre enfant s’il présente un trouble du langage :

  • Profitez de toutes les situations de la journée pour laisser à l’enfant l’initiative de la communication : bain, habillage, course, repas, jeux, etc.
  • Prenez le temps de l’écouter et laissez-lui le temps de répondre (alternance dans la conversation), ne lui coupez pas la parole et répondez-lui, même si les questions sont répétitives.
  • Parlez-lui normalement. Ne lui parlez pas "bébé" : prononcez normalement, mots précis, phrases structurées correctement.
  • Parlez-lui en face et à sa hauteur, en le regardant.
  • Ne le faites pas répéter : reprenez en prononçant correctement.
  • Reformulez en enrichissant ses paroles.
  • Favorisez les contacts avec des personnes n’appartenant pas à son milieu quotidien. Il devra faire des efforts pour se faire comprendre.
  • Évitez les attitudes culpabilisantes ou humiliantes pour l’enfant : ne le forcez pas à parler, ne le punissez pas pour ses difficultés, ne le comparez pas aux autres enfants ou à ses frères et sœurs.
  • Acceptez les limites de votre enfant, et soutenez ses efforts pour améliorer ses performances.
  • Renforcez sa confiance en lui et son sentiment de réussite.

En tant que parent, vous pouvez participer à la rééducation prescrite :

  • en respectant les rendez-vous médicaux (fixés par l’orthophoniste notamment), et en encourageant votre enfant à y participer activement et régulièrement ;
  • en suivant les conseils de l’orthophoniste, pour favoriser des progrès rapides.

Informez-vous sur les troubles "dys" et faites-vous aider par les associations de patients. Contactez les associations sur le site de Santé publique France.

La scolarisation de l'enfant présentant des troubles du langage oral

Les enfants présentant des troubles du langage oral simples (bégaiement, troubles de l'articulation, retard de parole ou de langage) sont scolarisés le plus souvent possible en milieu ordinaire, au plus près de leur domicile.

Cependant, en présence d'un trouble plus grave tel que la dysphasie, il peut être préférable que l'enfant soit scolarisé dans un lieu mieux adapté.

La scolarité classique peut s’accompagner d’interventions de divers professionnels extérieurs à la classe.

Il peut s'agir :

  • de membres (psychologues scolaires et professeurs des écoles spécialisés) des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) intervenant dans les classes primaires ;
  • de professionnels du secteur médicosocial (CMPP, CAMPS...) ou des professionnels travaillant en libéral (orthophoniste...), ou par exemple dans un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) ;
  • d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) individuel ou mutualisé.

Elles sont conseillées lorsque le besoin d’aide et de soins s’intensifie. Des unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) sont mises en place dans à l'école primaire, au collège et au lycée.

Dans tous les cas, ces structures présentent des caractéristiques particulières, à savoir :

  • un effectif généralement limité à douze élèves par classe ;
  • des cours assurés par un enseignant spécialisé ;
  • éventuellement, l’intervention d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) collectif. Il apporte son concours au professeur, pour faciliter la prise en charge individualisée de plusieurs élèves.

Lorsque le trouble est important ou s’il existe des problèmes associés, une scolarisation au sein d’une unité d’enseignement en établissement spécialisé peut se révéler nécessaire. Cette scolarisation peut s’effectuer à temps plein dans l’établissement spécialisé, ou à temps partiel, en complément d’une scolarisation en milieu ordinaire.

Les différentes aides possibles en cas de difficultés des apprentissages scolaires

Des adaptations pédagogiques, éventuellement encadrées par des dispositifs spécifiques, sont nécessaires pour permettre à l'enfant présentant des troubles de l'expression orale de poursuivre ses acquisitions et progresser dans ses domaines de difficultés.

Une pédagogie différenciée accompagnée d'aménagements simples mise en place dans le cadre d'un projet personnalisé de réussite éducative (PPRE) et par l’équipe éducative au sein de l’établissement habituel de l'enfant peut suffire : reformulation des consignes, photocopies adaptées, travail en petits groupes, allègement du travail, etc. Elle permet de rattraper de simples retard d'apprentissages.

Les aides spécifiques supplémentaires sont mises en place si la famille en fait la demande, en général dans le cadre d’un dispositif spécifique. Elles comportent par exemple :

  • des aides en matériel pédagogique adapté (par exemple, mise à disposition d’outils informatiques : ordinateur, logiciels adaptés) ;
  • des aménagements d’examens et de concours (augmentation du temps des épreuves, utilisation d’un matériel spécialisé, mise en place d’un secrétariat, conservation des notes, etc.)

Le plus souvent, la mobilisation des aides spécifiques nécessite un cadre formalisé. Il en existe deux types : le projet d’accompagnement personnalisé et le projet personnalisé de scolarisation.

Le projet d’accompagnement personnalisé (PAP)

Le plan d'accompagnement personnalisé est un dispositif d'accompagnement pédagogique qui s'adresse aux élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissages et pour lesquels des aménagements et adaptations de nature pédagogique sont nécessaires, afin qu'ils puissent poursuivre leur parcours scolaire dans les meilleures conditions

Le PAP est élaboré à la demande de la famille et/ou des enseignants par le chef d'établissement après avis du médecin scolaire ou du médecin qui suit l'enfant. Ce dernier rencontre l'élève et/ou sa famille afin de cerner les difficultés. À partir des informations recueillies, il déterminera les aménagements susceptibles d'être mis en place pour faciliter la scolarité de l'enfant.

Le plan d'accompagnement personnalisé est ensuite élaboré par l'équipe pédagogique qui associe les parents et les professionnels concernés. La mise en œuvre du plan d'accompagnement personnalisé est assurée par les enseignants au sein de la classe.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)

Il arrive que les difficultés des enfants présentant un trouble "dys" (dysphasie, dyslexie, dyscalculie...) nécessitent le recours à l’élaboration d’un PPS, afin qu’ils puissent bénéficier des soutiens adaptés et d’une organisation adéquate de leur scolarité.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) fixe alors les grands objectifs et organise la scolarité des enfants et adolescents après reconnaissance d'une situation de handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Il s’agit d’un document écrit qui définit les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, médicales et paramédicales proposées.

Il est obligatoire, notamment pour obtenir :

  • une orientation en classe spécialisée en milieu ordinaire (Ulis) ou en établissement spécialisé ;
  • la présence d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ;
  • l’attribution de matériel pédagogique adapté.

Le PPS est bâti par l' d'évaluation de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) en tenant compte des souhaits, des compétences et des besoins de l'élève.

Une fois accepté par la famille, le PPS sert de base à la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) qui se prononce sur l'orientation de l'élève ainsi que sur les éventuelles mesures d'accompagnement. Les parents sont toujours associés à ces décisions.

Le PPS est transmis à l'enseignant référent chargé de sa mise en œuvre et de son suivi avec l'équipe de suivi de la scolarisation.

Sources
  • Haute Autorité de santé. Comment améliorer le parcours de santé d'un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Guide parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (france) ; 2017 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Santé publique France - Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Troubles "dys" de l’enfant. Guide ressources pour les parents. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Les troubles du langage et des apprentissages. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2018 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Santé publique France - Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. L’évolution du langage chez l’enfant : de la difficulté au trouble. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Société française de pédiatrie (SFP). Les troubles de l’évolution du langage chez l’enfant–Guide pratique. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2007 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Troubles des apprentissages : les troubles "dys". Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 10 septembre 2018]