Reconnaître les troubles de l'expression orale de l'enfant

13 septembre 2018
Apprenez à reconnaître les anomalies du langage de votre enfant qui doivent amener à consulter. En cas de troubles du langage oral chez votre enfant, le médecin généraliste, le pédiatre ou le médecin scolaire est votre interlocuteur privilégié. Il peut demander un bilan médical et vous orienter vers un orthophoniste.

Reconnaitre précocement les troubles du langage oral

Avant de s’inquiéter d’un possible trouble du langage oral, il convient de bien connaître l’évolution habituelle des acquisitions. Ainsi, ne vous alarmez pas trop vite. Certains enfants peuvent mettre plus de temps que d’autres à s’exprimer, ou à lire.

Les difficultés de parole chez votre enfant qui doivent vous alerter

Malgré les possibles variations individuelles, certains signes doivent toutefois vous interpeler.

Le langage oral ne se met pas en place normalement :

  • À 6 mois, votre enfant ne semble pas réagir aux bruits. Un bilan auditif est nécessaire pour rechercher une baisse de l'audition.
  • À 18 mois, l’enfant ne fait pas de tentative pour dire des mots, ne babille pas, il ne pointe pas du doigt.
  • À 2 ans, l’enfant ne comprend pas le langage, même simple. Il ne dispose pas de 50 mots de vocabulaire et n’utilise qu’un nombre limité de consonnes.
  • À 2 ans et demi, l’enfant n'utilise pas deux mots pour faire une courte phrase. Il n'a pas l'air de bien comprendre ce qu'on lui dit..
  • À 3 ans, il ne fait pas de phrases à trois éléments (sujet + verbe + complément). Il rencontre des difficultés à trouver le bon mot pour exprimer ses idées et n’est compris que par son entourage.
  • À partir de 4 ans, l’enfant ne dispose que d’un vocabulaire restreint et imprécis. Il ne fait que des phrases courtes ou mal construites, a du mal à raconter des événements simples et récents. Il simplifie les mots, ce qui le rend peu intelligible. Enfin, il répète des sons plusieurs fois avant de parler et se bloque en début de phrase.
  • À partir de 5 ans, il n’organise correctement ni sa parole ni son langage. Il a des difficultés pour comprendre.
  • En fin de CP, l’enfant a des difficultés d’apprentissage de la lecture.

Le langage oral de votre enfant présente des anomalies :

Votre enfant bégaie, zozotte, prononce mal les mots... son langage ne progresse plus ou régresse, quel que soit son âge...

Si vous avez un doute, consultez votre pédiatre ou à votre médecin généraliste.

Le dépistage des troubles de l'articulation, retard de parole ou de langage, bégaiement et dysphasie

Le repérage précoce des troubles du langage oral permet une prise en charge plus rapide, favorise une bonne évolution et facilite la scolarisation de l'enfant.

Il consiste à déceler d’éventuels facteurs de risque et signes liés aux troubles du langage oral (qui se déclarent parfois très tôt). Cette démarche peut être menée par :

  • la famille de l’enfant ;
  • le médecin de l'enfant (médecin traitant, pédiatre) ;
  • les professionnels de l’enfance (assistantes maternelles, personnel d’une crèche ou d’un centre de protection maternelle et infantile, équipe éducative en maternelle puis en primaire). Si l’enseignant repére un trouble du langage chez votre enfant, il en réfère dans ce cas au médecin scolaire pour un dépistage, avec votre accord ;
  • le personnel de la médecine scolaire (médecin, infirmière). Le repérage des troubles du langage, grâce à des tests, fait partie du bilan obligatoire en grande section de maternelle, entre 5 et 6 ans.
La précocité du dépistage des troubles du langage de l’enfant est essentielle.

Elle permet de réduire les difficultés d’apprentissage par la mise en place d’interventions précoces et spécifiques aux besoins de votre enfant. Elle permet aussi de minimiser les atteintes à l’estime de soi généralement associées à l’échec.

Le diagnostic d'un trouble de l'articulation, d'un retard de langage ou de parole, d'un bégaiement ou d'une dysphasie

En cas de suspicion de trouble du langage oral, le médecin peut demander un bilan.

Ce bilan permet de rechercher une cause au retard de langage ou de conclure, en l’absence de cause, que ce retard est isolé. Il permet également d’orienter la prise en charge.

Le diagnostic repose sur la réalisation d’un bilan complet, permettant :

  • de définir la sévérité du trouble du langage oral et ses caractéristiques : trouble de l'articulation, retard de langage ou de parole, bégaiement ou dysphasie ;
  • de détecter une éventuelle pathologie auditive, visuelle, neurologique, psychologique ou psychiatrique, à l’origine des troubles.

Ainsi, le médecin traitant peut prescrire un bilan chez un orthophoniste (auxiliaire médical spécialiste de la rééducation du langage). L’orthophoniste établit un bilan de dépistage de troubles du langage grâce à des tests spécifiques. L’évaluation porte sur l’articulation, la capacité à répéter voyelles, syllabes, mots de difficulté croissante et l’aptitude à s’exprimer correctement. Par exemple, l’enfant est invité à nommer une image ; l’orthophoniste observe si le mot est déformé. Le cas échéant, il pourra proposer des séances de rééducation adaptées.

D'autres examens peuvent être utiles selon chaque cas et sont alors prescrits par le médecin de l'enfant :

  • un test d’audition (audiogramme) mené par un oto-rhino-laryngologiste ou "ORL" (spécialiste des oreilles, du nez et de la gorge), en particulier en cas d’otites à répétition, ou si une surdité est suspectée ;
  • une consultation psychologique comprenant la réalisation d’un test de quotient intellectuel (QI) et/ou de tests de personnalité ;
  • un bilan psychomoteur, si une dyspraxie est suspectée;
  • éventuellement, un rendez-vous chez un neuropédiatre (pédiatre spécialiste des maladies du système nerveux), en cas de troubles complexes des apprentissages.

Dans le cas de troubles "dys" (troubles dont le nom commence par "dys" : dyslexie, dyscalculie...), comme la dysphasie, ce bilan est capital et sollicite plusieurs professionnels. On parle alors de "bilan diagnostique pluridisciplinaire coordonné par un médecin". Celui-ci doit être demandé devant la persistance de difficultés sévères malgré une prise en charge bien suivie. Il est particulièrement indiqué lorsque des décisions importantes d’orientation de la rééducation ou de la scolarité doivent être prises.

Qu’est-ce qu'un(e) orthophoniste ?

L’orthophoniste (du grec ortho : "correct", et phonè : "voix") est un professionnel de santé qui prévient, repère et traite les troubles de la voix, de la parole et du langage chez les enfants et les adultes. L'une de ses compétences principales est de concevoir et mettre en œuvre des programmes de rééducation.

Le bilan orthophonique prescrit par un médecin est remboursé à 60 % par l’Assurance Maladie.

Sources
  • Haute Autorité de santé. Comment améliorer le parcours de santé d'un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Guide parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (france) ; 2017 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Santé publique France - Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Troubles "dys" de l’enfant. Guide ressources pour les parents. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Les troubles du langage et des apprentissages. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2018 [consulté le 10 septembre 2018]
  • Santé publique France - Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. L’évolution du langage chez l’enfant : de la difficulté au trouble. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 10 septembre 2018]