TDAH : symptômes, diagnostic et évolution

19 décembre 2018
Les enfants ayant un TDAH présentent des difficultés de concentration, une impulsivité et une agitation pendant au moins 6 mois. Ces symptômes ont une répercussion importante sur la vie quotidienne, en particulier s'ils sont associés à d’autres troubles (conduite d’opposition, anxiété, dyslexie, etc.)

Les symptômes du trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité

Si les troubles du comportement chez les enfants sont souvent attribués spontanément à une hyperactivité, tous les enfants agités ou turbulents ne sont pas atteints d’un TDAH.

Pour les médecins, toute la difficulté réside dans le fait d’identifier avec certitude les cas de TDAH. En effet, il s’agit uniquement d’un diagnostic clinique, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. Aussi, les médecins ont besoin de l’aide de l’entourage de l’enfant (parents, enseignants, infirmière scolaire), qui est susceptible de repérer les symptômes.

Le jeune rencontre trois types de manifestations, mais celles-ci peuvent être variables d’un enfant à l’autre. Parfois, un symptôme prédomine, ou alors il est absent. Par exemple, il existe :

  • des formes de TDAH sans hyperactivité où prévaut l’inattention ;
  • des formes où priment l’hyperactivité et l’impulsivité.

Ces symptômes apparaissent avant l’âge de 12 ans et persistent pendant plus de 6 mois. Mais ils peuvent aussi être fluctuants chez le même enfant, avec plus ou moins d’agitation selon les circonstances. Ainsi, l'enfant peut passer de façon rapide et inattendue d'une attitude adaptée à un comportement fortement perturbé.

Ces trois types de symptômes sont les suivants.

L’enfant a du mal à se concentrer et à achever une tâche qu’il a commencée. Par exemple, dans les jeux libres, il passe très vite d’une activité à une autre, et il manque de persévérance dans les situations nécessitant une attention soutenue.

Il ne suit pas les consignes données.

Il évite aussi les tâches répétitives ou ennuyeuses (devoirs, tâches ménagères).

Enfin, il se laisse facilement distraire par le moindre stimulus extérieur.

Il oublie souvent des choses (noter ses devoirs par exemple).

Dans sa famille ou à l’école, on dit de lui : "Il n’écoute jamais", "Il est vite distrait", "Il est dans ses rêves", "Il est dans la lune", "Il est incapable de se concentrer".

L’enfant répond trop vite aux sollicitations et agit avant de réfléchir, sans attendre l’ensemble des instructions ni évaluer les conséquences négatives (voire dangereuses) de ses actes.

De même, il répond trop rapidement aux questions posées, sans attendre la fin de celles-ci et en coupant la parole. Souvent, il va aussi au plus facile.

Dans un groupe, il ne sait pas attendre son tour et interrompt les activités d’autrui. Quand il veut quelque chose, il a du mal à attendre.

Son entourage le décrit comme "exigeant", " capricieux" et "égocentrique". On dit de l'enfant : "Il coupe la parole", "Il a du mal à se concentrer"

L’enfant est toujours en mouvement, incapable de tenir en place, animé de mouvements inutiles et inadéquats.

À l’école, il se tortille sur son siège, ne peut rester assis, se lève sans permission, tripote des objets, commente à voix haute, etc.

On dit de lui qu’il bouge tout le temps, qu’il est "monté sur ressort", et il est souvent décrit comme bruyant, perturbateur et même agressif.

La répercussion du TDAH sur le quotidien et les troubles associés

Le TDAH finit toujours par perturber de façon importante la vie sociale, familiale et scolaire. En collectivité notamment, l’enfant est très vite débordé : il désobéit, devient brusque et colérique.

C’est souvent à l’âge scolaire, en particulier à l’école élémentaire, que la situation se révèle la plus gênante. Les difficultés sont alors fréquentes : résultats fluctuants, retard dans les acquisitions puis parfois redoublement, avertissements de conduite pouvant aller jusqu’à des exclusions. L’enfant peut aussi être mis à l’écart dans les groupes, se dévaloriser, devenir anxieux et démoralisé.

Les répercussions au sein de la famille sont également importantes, avec un épuisement des parents qui les amène souvent à consulter.

Plus de la moitié des enfants présentant un TDAH présentent des troubles associés qui perturbent également les apprentissages scolaires et la vie collective :

Le diagnostic du trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité

Pour confirmer le diagnostic, plusieurs consultations sont nécessaires auprès du médecin traitant, puis auprès d'un médecin spécialiste du TDAH : pédiatre, neurologue, psychiatre pour enfant, neuropsychologue (spécialiste des troubles du fonctionnement cérébral).

L’objectif est de bien distinguer le TDAH d’autres problèmes pouvant entraîner des symptômes similaires (hyperactivité, inattention ou simple comportement turbulent). Pour cela, l’équipe médicale s’appuie sur :

  • une analyse très précise et dans la durée des comportements de l’enfant, de ses cahiers et bulletins scolaires, de l’environnement familial ;
  • un examen clinique complet ;
  • l’utilisation de questionnaires destinés aux parents, aux enseignants et à tout observateur de l’enfant (ex. : infirmière scolaire) ainsi qu’à l’enfant lui-même (à partir de 10 ans) ;
  • si nécessaire, des tests et une évaluation psychologiques plus poussés, effectués par un neuropsychologue.

Le bilan permet aussi d’évaluer la sévérité du TDAH et ses conséquences, afin de proposer un traitement adapté.

Quant à la recherche de troubles associés, elle repose sur d’autres évaluations (tests orthophoniques, examen psychomoteur, etc.).

L’évolution du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité de l’enfant

Le diagnostic sans retard du TDAH permet une prise en charge thérapeutique adaptée et une diminution du retentissement du TDAH sur la vie quotidienne.

Cependant, le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) persiste à l'adolescence mais se modifie. Le jeune présente alors moins d’hyperactivité, mais tout autant d’impulsivité et d’inattention. Cela peut rejaillir sur :

  • ses résultats scolaires ;
  • ses relations intrafamiliales et avec les adultes en général (désobéissance, opposition, conflit familial) ;
  • ses relations interpersonnelles avec les autres jeunes (difficultés d’adaptation, mise à l’écart par le groupe).

Dans ce contexte, le TDAH peut détériorer l’estime de soi. En l’absence de prise en charge, cela aboutit parfois à d’autres troubles (abus de certaines substances ou d’alcool, syndrome dépressif, dépendance aux écrans et jeux). De plus, le comportement impulsif entraîne chez certains jeunes des conduites à risque, pour rechercher de nouvelles sensations.
Toutefois, des soins adaptés permettent de limiter au maximum les problèmes de comportement et d’apprentissage du jeune, et leurs conséquences.

Près d’un jeune sur deux présente encore des troubles lorsqu’il devient adulte. Le TDAH se manifeste alors autrement : problèmes d’organisation, report permanent des obligations au lendemain, comportements asociaux, etc. Ils peuvent s’accompagner de :

  • difficultés d’insertion sociale ;
  • problèmes de dépendance (alcool, drogue, jeux vidéo) ;
  • troubles psychologiques (dépression).
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 13  septembre 2018]
  • Le Heuzey M.-F. Trouble déficit de l’attention/hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent. Encyclopédie médico-chirurgicale, Pédiatrie/Maladies infectieuses. Paris : Elsevier Masson ; 2016;11(4):1-9
  • Swiss Archives of Neurology and Psychiatry (SANP). Trouble du déficit d’attention-hyperactivité (TDA-H) de l’enfant et de l’adolescent : nouvelles perspectives. Site internet : SANP. Muttenz (Suisse) ; 2013 [consulté le 13 septembre 2018]
  • Institut universitaire en santé mentale Douglas. Trouble du déficit de l'attention : causes, symptômes et traitements. Site internet : Douglas. Montréal (Canada) ; 2017 [consulté le 13 septembre 2018]