Déficit de l'attention et/ou hyperactivité : quel traitement ?

16 avril 2021
En cas de trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’équipe médicale met en place d’abord un traitement non médicamenteux (psychothérapie, rééducation, guidance des parents). Si celui-ci reste insuffisant, un médicament psychostimulant peut être prescrit dans certains cas.

Comment aider un enfant ayant un déficit de l'attention, impulsif et/ou hyperactif ?

Pour être efficace, la prise en charge de l'enfant présentant un TDAH est pluridisciplinaire.  Elle est la plus précoce possible dès que le diagnostic de TDAH est posé par un médecin spécialiste. Elle est adaptée aux symptômes de l'enfant et à leur sévérité et au contexte sociofamilial.

Selon les besoins de l’enfant, le traitement peut faire intervenir :

  • le médecin traitant de l’enfant ou son pédiatre,
  • un psychiatre,
  • un psychologue,
  • un psychomotricien,
  • un orthophoniste,
  • un ergothérapeute,
  • un assistant social.

S’il n’existe aucun traitement guérissant le TDAH, un ensemble de mesures permettent de réduire autant que possible les symptômes. Elles atténuent aussi les conséquences du TDAH sur le développement de l’enfant, et sur ses relations avec son entourage.

Le traitement du TDAH commence toujours par des mesures non médicamenteuses, apportant une aide à l’enfant comme aux parents. Les médicaments ne sont recommandés qu'en cas d’insuffisance ou d’échec de la , des mesures éducatives et sociales chez l’enfant de plus de 6 ans.

La prise en charge non médicamenteuse de l'enfant présentant un TDAH

Les modalités de la prise en charge

La prise en charge thérapeutique implique toujours une collaboration entre l’enfant, les parents et les enseignants, et comporte plusieurs volets.

L'information et la guidance des parents

Toujours indispensable, elle représente le premier niveau de prise en charge. Elle se déroule :

  • soit au cours de consultations classiques chez l’un des spécialistes qui s’occupe de l’enfant ;
  • soit lors de sessions spécifiques (programme de guidance parentale, groupe de parents).

La mise en place d’une coopération parent-enseignant est également abordée et développée.

Quelle proposer à un enfant souffrant d'un déficit de l'attention et/ ou hyperactif ?

La psychothérapie est individuelle ou en groupe. Elle utilise généralement différentes techniques et en particulier la , agissant sur le comportement, les pensées, les émotions. Durant les séances, l’enfant apprend à s’auto-observer et à modifier ses comportements, par le biais de nouveaux apprentissages. Ensuite, il les met en pratique dans son quotidien, avec la collaboration de son entourage familial et scolaire.

D’autres techniques, dites "de résolution de problème", favorisent chez lui la recherche de stratégies réfléchies, non impulsives et non violentes face à une difficulté, notamment relationnelle.

Encouragements et récompenses incitent l’enfant présentant un TDAH à poursuivre ces nouveaux comportements adaptés. Les efforts mis en œuvre améliorent également l’estime de soi et les relations interpersonnelles.

La rééducation des troubles associés au TDAH

Selon les cas, il peut s’agir :

  • de séances d'orthophonie, en cas de troubles du langage écrit, du langage oral ou de troubles logico-mathématiques ;
  • d’une rééducation en ergothérapie et/ou en psychomotricité, si l’enfant a des difficultés dans l’acquisition de la coordination motrice (dyspraxie) avec des répercussions dans la scolarité ou la vie quotidienne.

La thérapie familiale

La thérapie familiale a pour objectif de renforcer les compétences familiales pour aider les parents à mieux gérer les comportements de leur enfant, à faire face aux situations difficiles et à leur apprendre les stratégies utiles et adaptées aux troubles de leur enfant.

Des consultations entre parents, enfant et psychiatre (ou psychologue) aide l'enfant dans son travail psychique en se focalisant sur la dynamique familiale.

Les lieux de prise en charge

Les soins peuvent être dispensés par des médecins (psychiatre par exemple) ou des rééducateurs (orthophoniste par exemeple) exerçant en libéral ou dans des structures particulières :

  • Les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) : ils ont pour missions le dépistage, le diagnostic, le traitement et la rééducation des jeunes enfants avant leur entrée à l'école primaire. Ils concernent peu les enfants atteints de TDAH, dont le diagnostic est posé après 6 ans.
  • Les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) : ils s'adressent aux enfants et aux adolescents jusqu'à 20 ans, qui éprouvent des difficultés d'apprentissage, des troubles psychomoteurs, du langage ou des troubles du comportement. L' est placée sous la responsabilité d'un médecin. Les CMPP existent dans chaque département et sont directement accessibles aux familles.
  • Les centres médico-psychologiques (CMP) : ces centres sont spécialisés dans le traitement des troubles psychiques, et sont organisés autour d'uneéquipe pluridisciplinaire (psychiatres, psychologues, infirmières, ergothérapeutes, psychomotriciens et éducateurs spécialisés). Un CMP fait partie d'un centre hospitalier public et accueille aussi bien des enfants que des adultes.
  • Les services d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD) : ces structures médico-sociales apportent un soutien spécialisé en développant des actions de soins et de rééducation dans les lieux de vie de l’élève (école, domicile). Il peut s’agir d’actes médicaux spécialisés, de rééducation dans divers domaines (kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, ergothérapie...) ou d’un soutien spécifique dispensé par un enseignant spécialisé.

Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité : quels médicaments ?

Le traitement par un médicament :

  • n’est pas systématique ;
  • ne se substitue en aucun cas aux mesures non médicamenteuses ;
  • doit être choisi et mis en place par un spécialiste du TDAH, qui apprécie le rapport entre les risques du traitement et les bénéfices attendus.

Les médicaments prescrits en cas de TDAH sont des psychostimulants, qui ont pour rôle de stimuler le système nerveux central (cerveau). Un seul de ces produits est disponible en France : le méthylphénidate.

Sa prise nécessite une surveillance médicale étroite. En effet, cette substance, dérivée des amphétamines, peut avoir divers effets secondaires : insomnie, ralentissement du développement staturo-pondéral, palpitations cardiaques, diminution de l’appétit, céphalées, diarrhée et douleurs abdominales, troubles de l'humeur...

Les conditions de prescription de ce médicament sont ainsi très strictes :

  • le méthylphénidate est réservé aux enfants de plus de 6 ans ;
  • sa prescription initiale se déroule en milieu hospitalier (service spécialisé en psychiatrie, neurologie ou pédiatrie) ;
  • le renouvellement annuel est réservé aux spécialistes (pédopsychiatre, neurologue, pédiatre...) des services hospitaliers spécialisés et les autres renouvellements peuvent être faits par le médecin habituel de l’enfant ;
  • la prescription est faite pour une durée maximale de 28 jours sur une ordonnance sécurisée ; elle détaille très précisément les quantités prescrites pour une période définie par des dates. Pendant la durée couverte par cette ordonnance, aucune prescription similaire émanant d’un autre médecin n’est autorisée ;
  • le médicament est délivré dans une pharmacie choisie par les parents mentionnée sur l’ordonnance. L'ordonnance initiale, valable un an, doit être présentée au pharmacien avec chacune des ordonnances de renouvellement (tous les 28 jours) rédigée par un médecin de ville.

    Ce médicament existe sous plusieurs formes et dénominations (Ritaline®, Concerta®, Quasym®, Medikinet®), et est administré selon des doses progressives. Le médecin prescripteur surveille en particulier le poids et la taille de l’enfant, le produit pouvant aussi engendrer un retard de croissance. Dans la plupart des cas, les effets secondaires s’estompent progressivement.

Par ailleurs, si l'enfant présente une carence en fer, une supplémentation en fer peut être prescrite.

Votre enfant prend du méthylphénidate ? Consultez la brochure de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé "Vous... et le traitement du trouble déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH) par méthylphénidate"

  • Haute Autorité de santé (HAS). Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 16 avril 2021]
  • Le Heuzey M.-F. Trouble déficit de l’attention/hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent. Encyclopédie médico-chirurgicale, Pédiatrie/Maladies infectieuses. Paris : Elsevier Masson ; 2016;11(4):1-9
  • Institut universitaire en santé mentale Douglas. Trouble du déficit de l'attention : causes, symptômes et traitements. Site internet : Douglas. Montréal (Canada) ; 2017 [consulté le 16 avril 2021]
  • Collège national des universitaires en psychiatrie. Association pour l'enseignement de la sémiologie psychiatrique. Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. ECN 2020. 3ème édition 2021. Presses universitaires François Rabelais. Tours (France)