Le traitement du TDAH

19 décembre 2018
En cas de trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’équipe médicale prescrit d’abord un traitement non médicamenteux (psychothérapie, rééducation, guidance des parents). Si celui-ci reste insuffisant, un médicament psychostimulant peut être prescrit dans certains cas.

Les objectifs de la prise en charge du TDAH

La prise en charge du TDAH est pluridisciplinaire.  Elle est la plus précoce possible dès que le diagnostic de TDAH est posé par un médecin spécialiste. Elle est adaptée aux symptômes de l'enfant et à leur sévérité et au contexte sociofamilial.

Selon les besoins de l’enfant, le traitement peut faire intervenir :

  • le médecin traitant de l’enfant ou son pédiatre,
  • un psychiatre,
  • un psychologue,
  • un psychomotricien,
  • un orthophoniste,
  • un assistant social.

S’il n’existe aucun traitement guérissant le TDAH, un ensemble de mesures permettent de réduire autant que possible les symptômes. Elles atténuent aussi les conséquences du TDAH sur le développement de l’enfant, et sur ses relations avec son entourage.

Le traitement du TDAH commence toujours par des mesures non médicamenteuses, apportant une aide à l’enfant comme aux parents. Les médicaments ne sont recommandés qu'en cas d’insuffisance ou d’échec de la , des mesures éducatives et sociales chez l’enfant de plus de 6 ans.

La prise en charge non médicamenteuse du TDAH

Elle implique toujours une collaboration entre l’enfant, les parents et les enseignants, et comporte plusieurs volets.

L'information et la guidance des parents

Toujours indispensable, elle représente le premier niveau de prise en charge. Elle se déroule :

  • soit au cours de consultations classiques chez l’un des spécialistes qui s’occupe de l’enfant ;
  • soit lors de sessions spécifiques (programme de guidance parentale, groupe de parents).

La mise en place d’une coopération parent-enseignant est également abordée et développée.

La

Elle utilise généralement différentes techniques et en particulier la , agissant sur le comportement, les pensées, les émotions. Durant les séances, l’enfant apprend à s’auto-observer et à modifier ses comportements, par le biais de nouveaux apprentissages. Ensuite, il les met en pratique dans son quotidien, avec la collaboration de son entourage familial et scolaire.

D’autres techniques, dites "de résolution de problème", favorisent chez lui la recherche de stratégies réfléchies, non impulsives et non violentes face à une difficulté, notamment relationnelle.

Encouragements et récompenses incitent l’enfant présentant un TDAH à poursuivre ces nouveaux comportements adaptés. Les efforts mis en œuvre améliorent également l’estime de soi et les relations interpersonnelles.

La rééducation des troubles associés

Selon les cas, il peut s’agir :

  • de séances d'orthophonie, en cas de troubles du langage écrit, du langage oral ou de troubles logico-mathématiques ;
  • d’une rééducation de la psychomotricité, si l’enfant a des difficultés dans l’acquisition de la coordination (dyspraxie).

La thérapie familiale

La thérpapie familiale a pour objectif de renforcer les compétences familiales pour aider les parents à mieux gérer les comportements de leur enfant, à faire face aux situations difficiles et à leur apprendre les stratégies utiles et adaptées aux troubles de leur enfant.

Des consultations entre parents, enfant et psychiatre (ou psychologue) aide l'enfant dans son travail psychique en se focalisant sur la dynamique familiale.

La prise en charge médicamenteuse du TDAH

Le traitement par un médicament :

  • n’est pas systématique ;
  • ne se substitue en aucun cas aux mesures non médicamenteuses ;
  • doit être choisi et mis en place par un spécialiste du TDAH, qui apprécie le rapport entre les risques du traitement et les bénéfices attendus.

Les médicaments prescrits en cas de TDAH sont des psychostimulants, qui ont pour rôle de stimuler le système nerveux central (cerveau). Un seul de ces produits est disponible en France : le méthylphénidate. Sa prise nécessite une surveillance médicale étroite. En effet, cette substance, dérivée des amphétamines, peut avoir divers effets secondaires : insomnie, ralentissement du développement staturo-pondéral, palpitations cardiaques, diminution de l’appétit, céphalées, diarrhée et douleurs abdominales, troubles de l'humeur...

Les conditions de prescription de ce médicament sont ainsi très strictes :

  • le méthylphénidate est réservé aux enfants de plus de 6 ans ;
  • sa prescription initiale se déroule en milieu hospitalier (service spécialisé en psychiatrie, neurologie ou pédiatrie) ;
  • le renouvellement annuel est réservé aux spécialistes (pédopsychiatre, neurologue, pédiatre...) des services hospitaliers spécialisés ;
  • les autres renouvellements peuvent être fait par le médecin habituel de l’enfant ;
  • la prescription est faite pour une durée maximale de 28 jours sur une ordonnance sécurisée ; elle détaille très précisément les quantités prescrites pour une période définie par des dates. Pendant la durée couverte par cette ordonnance, aucune prescription similaire émanant d’un autre médecin n’est autorisée ;
  • le médicament est délivré dans une pharmacie choisie par les parents mentionnée sur l’ordonnance. L'ordonnance initiale, valable un an, doit être présentée au pharmacien avec chacune des ordonnances de renouvellement (tous les 28 jours) rédigée par un médecin de ville.

    Ce médicament existe sous plusieurs formes et dénominations (Ritaline, Concerta, Quasym), et est administré selon des doses progressives. Le médecin prescripteur surveille en particulier le poids et la taille de l’enfant, le produit pouvant aussi engendrer un retard de croissance. Dans la plupart des cas, les effets secondaires s’estompent progressivement.

Par ailleurs, si l'enfant présente une carence en fer, une supplémentation en fer peut être prescrite.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 13  septembre 2018]
  • Le Heuzey M.-F. Trouble déficit de l’attention/hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent. Encyclopédie médico-chirurgicale, Pédiatrie/Maladies infectieuses. Paris : Elsevier Masson ; 2016;11(4):1-9
  • Swiss Archives of Neurology and Psychiatry (SANP). Trouble du déficit d’attention-hyperactivité (TDA-H) de l’enfant et de l’adolescent : nouvelles perspectives. Site internet : SANP. Muttenz (Suisse) ; 2013 [consulté le 13 septembre 2018]
  • Institut universitaire en santé mentale Douglas. Trouble du déficit de l'attention : causes, symptômes et traitements. Site internet : Douglas. Montréal (Canada) ; 2017 [consulté le 13 septembre 2018]