Les soins prescrits en cas de TDAH

05 mai 2017
En cas de trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’équipe médicale prescrit d’abord un traitement non médicamenteux (psychothérapie, rééducation, guidance des parents). Si celui-ci reste insuffisant, un médicament psychostimulant peut être prescrit dans certains cas.

Les objectifs de la prise en charge

La prise en charge du TDAH est pluridisciplinaire. Selon les besoins de l’enfant, elle peut faire intervenir par exemple :

  • le médecin généraliste de l’enfant ou son pédiatre,
  • un psychiatre,
  • un psychologue,
  • un psychomotricien,
  • un orthophoniste,
  • un assistant social.

Des consultations spécialisées se sont également développées pour aider au diagnostic. Elles visent aussi à proposer des stratégies thérapeutiques adaptées :

  • au degré de sévérité du trouble et de ses retentissements ;
  • au contexte socio-familial.

En effet, s’il n’existe aucun traitement guérissant le TDAH, un ensemble de mesures permettent de réduire autant que possible les symptômes. Elles atténuent aussi les conséquences du TDAH sur le développement de l’enfant, et sur ses relations avec son entourage.

Les soins commencent toujours par des mesures non médicamenteuses, apportant une aide à l’enfant comme aux parents. Les médicaments sont recommandés seulement en cas d’insuffisance ou d’échec de la , des mesures éducatives et sociales chez l’enfant de plus de 6 ans.

La prise en charge non médicamenteuse du TDAH

Elle implique toujours une collaboration entre l’enfant, les parents et les enseignants, et comporte plusieurs volets.

Toujours indispensable, elle représente le premier niveau de prise en charge. Elle se déroule :

  • soit au cours de consultations classiques chez l’un des spécialistes qui s’occupe de l’enfant ;
  • soit lors de sessions spécifiques (programme de guidance parentale, groupe de parents).

La mise en place d’une coopération parent-enseignant est également abordée et développée.

Selon les cas, il peut s’agir :

  • de séances d'orthophonie, en cas de troubles du langage écrit, oral ou logico-mathématique ;
  • d’une rééducation de la psychomotricité, si l’enfant a des difficultés dans l’acquisition de la coordination (dyspraxie).

Elle utilise généralement différentes techniques dites "cognitivo-comportementales", agissant sur le comportement, les pensées, les émotions.

Durant les séances, l’enfant apprend à s’auto-observer et à modifier ses comportements, par le biais de nouveaux apprentissages. Ensuite, il les met en pratique dans son quotidien, avec la collaboration de son entourage familial et scolaire. D’autres techniques, dites "de résolution de problème", favorisent chez lui la recherche de stratégies réfléchies, non impulsives et non violentes face à une difficulté, notamment relationnelle.

Encouragements et récompenses incitent l’enfant à poursuivre ces nouveaux comportements adaptés. Les efforts mis en œuvre améliorent également l’estime de soi et les relations interpersonnelles.

Elle est parfois nécessaire dans les cas où le TDAH perturbe le fonctionnement familial.

La prise en charge médicamenteuse du TDAH

Ce volet du traitement :

  • n’est pas systématique ;
  • ne se substitue en aucun cas aux mesures non médicamenteuses ;
  • doit être choisi et mis en place par un spécialiste du TDAH, qui apprécie le rapport entre les risques du traitement et les bénéfices attendus.

Les médicaments prescrits en cas de TDAH sont des psychostimulants, qui ont pour rôle de stimuler le système nerveux central (cerveau). Un seul de ces produits est disponible en France : le méthylphénidate. Sa prise nécessite une surveillance médicale étroite. En effet, cette substance, dérivée des amphétamines, peut avoir divers effets secondaires (les plus fréquents sont l’insomnie, la diminution de l’appétit, les céphalées et les douleurs abdominales).

Les conditions de prescription de ce médicament sont ainsi très strictes :

  • le méthylphénidate est réservé aux enfants de plus de 6 ans ;
  • sa prescription initiale se déroule en milieu hospitalier (service spécialisé en psychiatrie, neurologie ou pédiatrie) ;
  • le renouvellement annuel est réservé aux spécialistes (pédopsychiatre, neurologue, pédiatre...) ou aux services hospitaliers spécialisé ;
  • les autres renouvellements peuvent être fait par le médecin habituel de l’enfant ;
  • la prescription est faite pour une durée maximale de 28 jours sur une ordonnance sécurisée ; elle détaille très précisément les quantités prescrites pour une période définie par des dates. Pendant la durée couverte par cette ordonnance, aucune prescription similaire émanant d’un autre médecin n’est autorisée ;
  • le médicament est délivré dans une pharmacie choisie par les parents mentionnée sur l’ordonnance.

Ce médicament existe sous plusieurs formes et dénominations (Ritaline, Concerta, Quasym), et est administré selon des doses progressives. Le médecin prescripteur surveille en particulier le poids et la taille de l’enfant, le produit pouvant aussi engendrer un retard de croissance. Dans la plupart des cas, les effets secondaires s’estompent progressivement.

Par ailleurs, si l'enfant présente une carence en fer, une supplémentation en fer peut être prescrite.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 13 mars 2015]
  • Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec (FMOQ) – Le Médecin du Québec. Évaluation du TDAH au cabinet : mode d’emploi pour s’en sortir. Site internet : FMOQ. Westmount (Canada) ; 2013 [consulté le 13 mars 2015]
  • Le Heuzey MF. Trouble déficit de l’attention / hyperactivité chez l’enfant. EMC-AKOS (Traité de Médecine). 2012;7(1):1-7.
  • Purper-Ouakil D. Hyperactivité : aspects thérapeutiques. Rev Prat. 2011;25(86).
  • Institut de Formation en Psychomotricité. Psychomotricité et Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité : nouvelles perspectives dans l’approche de l’enfant agité et distrait. Site internet : Université de Toulouse. Toulouse (France) ; 2011 [consulté le 13 mars 2015]