Le traitement des anomalies lipidiques du sang

22 janvier 2019
Le traitement permet de corriger les anomalies lipidiques du sang afin de réduire le risque cardiovasculaire. Il comporte un changement de mode de vie et, si nécessaires, des médicaments.

Quel est l’objectif du traitement des dyslipidémies ?

L’objectif du traitement est de corriger les anomalies lipidiques afin de réduire le risque cardiovasculaire.

Le traitement consiste à améliorer les résultats du bilan lipidique en faisant baisser le LDL-cholestérol et/ou les triglycérides sanguins.

Il est étudié pour chaque personne selon son profil médical, c’est-à-dire en fonction de son âge et du nombre de ses facteurs de risque cardiovasculaire. Plus ce risque cardiovasculaire est élevé, plus on cherche à faire baisser le taux de LDL-cholestérol et/ou les triglycérides.

Le taux optimal de LDL-cholestérol est donc modulé en fonction du risque cardiovasculaire :

  • Si le risque cardiovasculaire est très élevé, le LDL-cholestérol sanguin doit être baissé de façon importante et son taux est maintenu si possible à moins de 0,70 g/L (<1,8 mmol/L) ;
  • En revanche, si le risque est faible, le but est de garder le LDL-cholestérol à un taux inférieur à 1,9 g/L (4,9 mmol/ L).

Le taux optimal de triglycérides est inférieur à 1,5 gL/L (<1,7 mmol/L).

Il existe 2 moyens pour traiter l’excès de cholestérol et de triglycérides : un changement de mode de vie et, si nécessaire, les médicaments.

Cholestérol et/ou triglycérides élevés : modifier son mode de vie

Quel que soit le risque cardiovasculaire, il est nécessaire, pour faire baisser le taux de graisses dans le sang, de modifier son mode de vie et ce, de manière plus ou moins importante.

Lorsque le risque cardiovasculaire est faible ou modéré, ces changements peuvent être suffisants pour normaliser le cholestérol et les triglycérides sanguins et la prise de médicaments est inutile. Si le risque est plus élevé, le traitement médicamenteux peut être nécessaire.

Ces modifications dans la vie quotidienne portent sur les points suivants :

  • arrêter de fumer et ne pas s’exposer au tabagisme passif ;
  • augmenter son activité physique ;
  • adapter son alimentation.
Arrêter de fumer pour limiter le risque cardiovasculaire

Le tabagisme est un facteur de risque cardiovasculaire. Si vous êtes fumeur, il existe plusieurs façons d’arrêter le tabac.

Le service Tabac Info Service peut vous accompagner dans cette démarche :

  • sur le site, vous trouverez des astuces pour vous aider lors de votre sevrage tabagique ;
  • en posant des questions à un tabacologue par téléphone, au 3989, de 8 h à 20 h du lundi au samedi (appel non surtaxé).

Augmenter son activité physique

Lutter contre la sédentarité, augmenter son activité physique et sportive sont de bons moyens de réduire les graisses dans le sang.

Ainsi, quels que soient leur âge et leurs problèmes de santé, les personnes présentant des anomalies du bilan lipidique sont encouragées à augmenter progressivement leur niveau d’activité, excepté en cas de contre-indication due à une maladie.

Il est recommandé que les adultes pratiquent au choix :

  • un exercice physique régulier (comme la marche rapide), pendant au moins 30 mn la plupart des jours de la semaine pour cumuler au moins 150 mn par semaine d’activités d’intensité modérée ;
  • 75 mn d’activités d’intensité élevée par semaine ;
  • une combinaison des 2, par périodes de 10 mn ou plus.

Les personnes ayant des problèmes de maladie cardiovasculaire (angine de poitrine, infarctus du myocarde, artérite des membres inférieurs) doivent consulter leur médecin avant d’envisager une activité physique intense. Chez les personnes ayant des problèmes coronariens, une activité est recommandée mais doit être encadrée par une surveillance spécifique : test d’effort, réadaptation cardiovasculaire.

Adapter son alimentation en cas de dyslipidémie

Diminuer le risque cardiovasculaire passe aussi par une modification de son alimentation. Celle-ci doit être équilibrée et adaptée à la dyslipidémie.

Divers aliments, avec des consommations bien dosées, permettent de réduire son risque cardiovasculaire. Il est conseillé :

  • d’adopter une alimentation équilibrée de type méditerranéen avec une consommation de :
    • poisson, 2 à 3 fois par semaine, dont 1 fois du poisson gras ;
    • 5 fruits et légumes (400 g) par jour.
  • de privilégier les aliments riches en :
    • polyphénols tels que fruits, légumes, thé, cacao, huile d’olive vierge, huiles non raffinées, soja ;
    • vitamines et caroténoïdes à effet antioxydant comme les fruits, les légumes et les huiles végétales.
  • de réduire les apports en sel sans pour autant adopter un régime sans sel strict ;
  • de modérer la consommation de viandes rouges (moins de 500 g par semaine) ;
  • d’éviter la consommation d’alcool.

Il importe de noter que les produits laitiers  fabriqués avec du lait allégé en matières grasses (yaourts, fromage blanc) peuvent être consommés car ils ne sont pas associés à une augmentation du risque cardiovasculaire.

Pour les personnes ayant un excès de cholestérol, il importe :

  • de réduire les excès d’acides gras saturés d’origine animale (viande et produits carnés, fromage, beurre, etc.) ou végétale (huile de palme, palmiste, coprah, etc.) et les acides gras trans issus de l’hydrogénation partielle des matières grasses (viennoiseries, pâtisseries, biscuits) ;
  • de modérer les apports en cholestérol alimentaire (abats, foie, œufs, etc.) ;
  • de privilégier les acides gras insaturés d’origine animale (volaille) et végétale qui sont source d’acides gras oméga-9 (huile d’olive), oméga -6 et oméga-3 (huile de colza, soja, noix, margarines avec oméga-9, 6 et 3) ;
  • d’accroître la consommation des aliments source de fibres alimentaires (céréales complètes et pain complet, légumes secs, fruits et légumes, etc.) et principalement de fibres solubles (avoine et orge).
Compléments alimentaires et cholestérol

Les compléments alimentaires à base de levure rouge de riz ont une faible efficacité pour faire baisser le cholestérol sanguin et ont des effets secondaires. Ils ne doivent pas être consommés à la place d’une statine ou en association à ce médicament.

Pour les personnes ayant un excès de cholestérol et de triglycérides dans le sang, il est important de :

  • réduire l’apport calorique en cas d’excès de poids abdominal ;
  • limiter particulièrement les aliments et boissons sucrées riches en glucides simples ainsi que les aliments d’index glycémique élevé (pain blanc, pomme de terre, etc.) ;
  • consommer des poissons gras (sardine, maquereau, hareng, etc.).

En cas d’hypertriglycéridémie sévère (≥ 5 g/L ou 5,6 mmol/L), et afin de tester son efficacité sur la baisse des triglycérides, il est proposé au patient la suppression de la consommation de boissons alcoolisées pendant 5 à 7 jours, puis celle des glucides simples (boissons sucrées, fruits, etc.) et complexes (pain, pomme de terre, etc.).

Si le test n’est pas concluant, il peut s’agir d’une sensibilité aux lipides qui justifie le recours aux triglycérides à chaîne moyenne, prescrits après avis spécialisé hospitalier. Ce type de triglycérides régule l’absorption des graisses. Ils sont extraits ou synthétisés à partir de l’huile de palme ou de coprah (noix de coco). Ils se présentent sous forme de poudre, de gélules, de capsules ou de solution huileuse.

Concernant l’alimentation, la consommation de poissons gras (sardine, maquereau, hareng, etc.), riches en acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne est conseillée. Ils ont pour effet de faire baisser les triglycérides. Une supplémentation de l’alimentation avec ces acides gras est possible.

Le traitement médicamenteux des dyslipidémies

Lorsqu’il existe une cause à la dyslipidémie (augmentation du cholestérol et/ou des triglycérides) telles que l’hypothyroïdie, une maladie rénale, etc., leur traitement permet souvent de corriger l’anomalie lipidique.

Si l’augmentation des lipides sanguins provient de la prise d’un médicament, le médecin traitant peut adapter sa prescription.

Dans les autres cas, si la modification du mode de vie ne suffit pas, le médecin prescrit des médicaments hypolipémiants qui provoquent la baisse du cholestérol et/ou des triglycérides.

Il existe plusieurs classes de médicaments hypolipémiants :

  • les statines : simvastatine, atorvastatine, ou éventuellement rosuvastatine, fluvastatine, pravastatine, en cas d’hypercholestérolémie ou de dyslipidémie mixte. Si l’objectif de traitement n’est pas atteint malgré une dose optimale, la statine peut être associée à l’ézétimibe ou la cholestyramine ;
  • l’ézétimibe ou la cholestyramine qui peuvent être utilisées en cas d’intolérance aux statines ;
  • les fibrates associés à une statine, en cas d’hypertriglycéridémie sévère.
Un traitement spécifique dans certains cas

Pour les personnes présentant une hypercholestérolémie ou une dyslipidémie mixte et dont le traitement par statines est insuffisant ou non toléré, un anticorps monoclonal peut être prescrit : l’evolocumab ou l’alirocumab. Cette prescription se fait après un avis spécialisé et le traitement est administré sous forme d’injections sous-cutanée tous les 15 jours.

Les médicaments hypolipémiants ont des effets secondaires tels que :

  • des douleurs musculaires diffuses ;
  • des crampes ;
  • des faiblesses musculaires.

Et plus spécifiquement, avec les statines : l’apparition d’un diabète.

Avec les statines et les fibrates : une augmentation des hépatiques. Une prise de sang permet de les mesurer.

Avec la cholestyramine : des problèmes digestifs (constipation, douleurs abdominales, nausées, etc.).

Par ailleurs, il est déconseillé de consommer des pamplemousses (fruit ou jus) avec un traitement par simvastatine.

Cholestérol et/ou triglycérides élevés : le suivi médical

Que vous soyez sous traitement médicamenteux ou non, un suivi médical régulier est nécessaire si vous avez trop de cholestérol et/ou de triglycérides sanguins.

Une consultation régulière chez votre médecin est programmée selon ses conseils. C’est le moment de poser toutes vos questions que vous pouvez noter entre chaque consultation.

En parallèle, des examens de contrôle sont nécessaires et en particulier les bilans sanguins. Ne les oubliez pas.

Il importe de respecter votre traitement : vous ne pouvez pas le modifier, ni l’arrêter sans avis médical. Le traitement doit être suivi sans interruption, même si vous vous sentez bien.

Votre médecin et votre pharmacien vous apportent des explications sur les enjeux et les bénéfices du traitement.

Signalez à votre médecin :

  • tout effet indésirable d’un médicament afin qu’il cherche à l’atténuer ou à la prévenir ;
  • l’apparition de tout nouveau symptôme qui vous inquiète.

Il est primordial de suivre les recommandations de votre médecin sur :

  • l'hygiène de vie à adopter ;
  • l’alimentation ;
  • la suppression des facteurs de risque cardiovasculaire (alcool, tabac, surpoids, etc.) ;
  • les activités sportives.

Par ailleurs, informez tout professionnel de santé que vous consultez du traitement hypolipémiant que vous prenez.

  • Société française d’endocrinologie (SFE). Facteurs de risque cardiovasculaire, prévention. Dyslipidémies. Site internet : SFE. Paris ; 2016 [consulté le 22 janvier 2019]
  • Collège national des enseignants de cardiologie. Dyslipidémies. Site internet : Société française de cardiologie. Paris ; 2014 [consulté le 22 janvier 2019]
  • Hôpitaux universitaires de Genève. Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences. Dyslipidémie. Site internet : HUG. Genève (Suisse) ; 2017 [consulté le 22 janvier 2019]