Cholestérol et/ou triglycérides élevés : diagnostic et surveillance

16 mai 2019
Une dyslipidémie (anomalies du taux sanguin de cholestérol et/ou des triglycérides) ne provoque généralement pas de symptômes. Une prise de sang avec bilan lipidique pose le diagnostic.

Quand faut-il faire une prise de sang pour bilan lipidique ?

Une augmentation des taux de lipides (cholestérol et/ou triglycérides) dans le sang ne provoque pas de symptômes, sauf dans certaines formes de dyslipidémies familiales. Dans ce cas, des dépôts de graisses peuvent apparaître sous forme de placards jaunâtres situés au niveau de la des yeux et des tendons (xanthomes).

En l’absence de symptômes, la dyslipidémie peut passer inaperçue. Un bilan lipidique, aussi appelé exploration d’une anomalie lipidique (EAL) peut alors être prescrit par le médecin. Il permet :

  • de vérifier l’absence d’anomalie ;
  • ou de définir, en cas d’anomalies les moyens de les corriger afin de prévenir les complications cardiovasculaires.

Le bilan lipidique est recommandé, en dehors de tout facteur de risque cardiovasculaire :

  • à partir de 50 ans ;
  • chez les femmes avant la mise en route d’une contraception hormonale (pilule, patch, anneau contraceptif).

Indépendamment de l’âge, un bilan lipidique est prescrit chez toute personne présentant un risque cardiovasculaire élevé :

Que révèle un bilan lipidique ?

Le bilan lipidique permet de mesurer les lipides dans le sang :

  • le cholestérol : cholestérol total, LDL-cholestérol et HDL- cholestérol
  • et les triglycérides et de rechercher les éventuelles anomalies lipidiques.

Les taux recommandés pour le LDL-cholestérol et les triglycérides diffèrent en fonction de chaque patient, selon ses facteurs de risque cardiovasculaire.

En l'absence de facteurs de risque cardiovasculaire, les taux suivants sont considérés comme normaux :

  • un taux de cholestérol total inférieur à 2g/l,
  • un taux de LDL-cholestérol inférieur à 1,6 g/l,
  • un taux de HDL-cholestérol  supérieur à 0,4 g/l,
  • un taux de triglycérides inférieur à 1,5 g/l.

Comment faire une prise de sang pour dosage des lipides ?

La prise de sang doit être réalisée à jeun. Cela suppose de ne rien manger ni boire (sauf de l’eau) pendant les 12 heures qui précèdent. Avant la prise de sang, il faut également :

  • éviter de fumer ;
  • ne pas pratiquer une activité physique intense ;
  • prêter une attention particulière à la prise de médicaments. Nombre d’entre eux peuvent affecter les résultats du bilan lipidique. Il est nécessaire de demander conseil à son médecin.
L’importance de fréquenter le même laboratoire

Il est possible d’avoir de petites variations dans les dosages d’un laboratoire à un autre. Faire ses dosages dans le même laboratoire est préférable pour pouvoir comparer les résultats.

Les anomalies possibles du cholestérol et des triglycérides

Elles peuvent concerner :

  • le cholestérol avec augmentation de LDL-cholestérol sanguin et éventuellement un taux bas de HDL-cholestérol : c’est l’hypercholestérolémie ;
  • ou les triglycérides dont le taux sanguin est augmenté : c’est l’hypertriglycéridémie ;
  • ou à la fois le cholestérol et les triglycérides : c’est la dyslipidémie mixte.

À quel rythme faut-il renouveler le dosage sanguin du cholestérol et des triglycérides ?

En fonction des résultats de la prise de sang, le bilan lipidique est à renouveler à différents moments.

En cas de dyslipidémie (trop de graisses dans le sang)

En cas de résultats montrant une anomalie lipidique, un traitement est mis en place. Un bilan lipidique de contrôle s’ensuit afin de contrôler son efficacité et de l’ajuster jusqu’à obtention des valeurs cibles des lipides sanguins.

Une fois le traitement adapté, un bilan lipidique annuel est généralement suffisant.

En cas de résultats normaux du bilan lipidique

Si les résultats du bilan lipidique ne montrent aucune anomalie, un contrôle tous les 5 ans est suffisant.

Un nouveau bilan peut toutefois s’avérer nécessaire plus tôt si la personne :

  • Société française d’endocrinologie (SFE). Facteurs de risque cardiovasculaire, prévention. Dyslipidémies. Site internet : SFE. Paris ; 2016 [consulté le 22 janvier 2019]
  • Société française d’endocrinologie (SFE). Consensus sur la prise en charge des dyslipidémies de l'adulte. Site internet : SFE. Paris ; 2016 [consulté le 22 janvier 2019 ]
  • Hôpitaux universitaires de Genève. Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences. Dyslipidémie. Site internet : HUG. Genève (Suisse) ; 2017 [consulté le 22 janvier 2019]