Le diagnostic, le traitement et l’évolution de la toxoplasmose

05 mai 2017
Le diagnostic est fait grâce à un bilan sanguin. Généralement, la toxoplasmose ne nécessite aucun soin particulier et ne laisse pas de séquelles. Toutefois, un traitement peut être indispensable chez les patients à risque. Les enfants contaminés durant la grossesse bénéficient aussi d’un suivi.

Le diagnostic de la toxoplasmose

Après l’examen de son patient, le médecin traitant peut demander des examens sanguins pour confirmer le diagnostic de toxoplasmose.

Ces examens déterminent si l’organisme a développé contre la maladie certains anticorps présents dans le sang : les dites "Ig M" et "Ig G" :

  • s’il n’existe ni Ig M, ni Ig G, cela signifie que le patient n’a jamais été au contact du parasite (on dit qu’il est séronégatif) ;
  • s’il y a à la fois des Ig M et des Ig G, cela veut dire que le malade a été contaminé moins de six mois avant l’examen (on parle de primo-infection ou infection récente) ;
  • si des Ig G sont présents sans Ig M, cela signifie que la personne a été contaminée plus de 6 mois avant l’analyse (c’est une infection ancienne).

L’évolution des taux des Ig M et Ig G dans le temps permet ainsi de dater la contamination.

Des examens complémentaires pour les personnes à risque

Afin d’affiner le diagnostic, d’autres analyses sont parfois nécessaires.

La contamination a eu lieu pendant la grossesse

Jusqu’à l'accouchement, une échographie mensuelle permet de dépister des anomalies fœtales, liées à une éventuelle toxoplasmose congénitale. L’infection peut être transmise à l'enfant jusqu’à sa naissance. Un prélèvement sanguin sera donc réalisé sur le bébé juste après l’accouchement, pour savoir s’il a été contaminé.

La contamination est difficile à dater

Pour savoir si l'infection est récente ou ancienne, le médecin peut prescrire un examen nommé "test d’avidité des Ig G". Le résultat de cette analyse est exprimé en pourcentage, ou "indice d’avidité" :

  • un indice inférieur à 20 % révèle plutôt une infection récente ;
  • un pourcentage supérieur à 35 % indique que l’infection est ancienne ;
  • entre 20 et 35 %, il faut renouveler le test quatre semaines plus tard, pour pouvoir dater la contamination.

La contamination a eu lieu dans les six premiers mois de la grossesse

Le médecin demande des examens supplémentaires pour déterminer si le fœtus présente une toxoplasmose congénitale. Ces analyses sont réalisées sur un prélèvement de sang fœtal ou de liquide amniotique ( ). Elles doivent être effectuées entre la 18e et la 32e semaine d’aménorrhée, et quatre semaines au moins après la contamination.

Pour localiser d’éventuelles atteintes liées à la maladie, le médecin prescrit des examens mettant en évidence le parasite ou son ADN. Ils sont réalisés sur différents types de prélèvements ( , liquide amniotique, sang du fœtus ou de son cordon ombilical).

Chez les personnes immunodéprimées, le parasite peut toucher d’autres organes (cerveau, cœur, poumon…). Pour un diagnostic plus précis, le médecin peut demander des analyses réalisées dans un laboratoire spécifique. Ces analyses nécessitent un ou plusieurs prélèvements (ex. : sang, moelle osseuse, biopsie cérébrale).

En cas d’examens successifs, il est préférable de s’adresser au même laboratoire.

Pour diagnostiquer ou faire le suivi de la toxoplasmose, des analyses répétées sont parfois nécessaires. La recherche d’anticorps peut reposer sur différentes techniques. Pour une meilleure interprétation des résultats, il est important que la technique employée soit toujours la même. Essayez d’effectuer tous vos examens dans le même laboratoire.

Le traitement de la toxoplasmose

Dans la plupart des cas, chez les personnes ayant des défenses immunitaires normales, aucun traitement n'est nécessaire contre la toxoplasmose.

Diverses prises de médicaments sont parfois nécessaires, selon les situations.

Une primo-infection est détectée pendant la grossesse

Le médecin adresse rapidement la femme enceinte vers un service hospitalier pour confirmation du diagnostic et prise en charge de la toxoplasmose. Un traitement par spiramycine peut être prescrit jusqu’au bilan en centre spécialisé.

L’enfant présente une toxoplasmose congénitale confirmée par une analyse du liquide amniotique

Deux antibiotiques (pyriméthamine et sulfadiazine) sont prescrits en association. Ces médicaments peuvent provoquer une carence en acide folique, parfois à l’origine d’une anémie. Pour éviter cet effet indésirable, la prise de comprimés d’acide folique est indiquée durant le traitement.

La personne est immunodéprimée et souffre d’une infection ancienne par la toxoplasmose

Un traitement préventif est quelquefois nécessaire. Il consiste à prendre un antibiotique (cotrimoxazole).

La personne est immunodéprimée et certains de ses organes sont atteints par le parasite

Le traitement est similaire à celui mis en place pour soigner une toxoplasmose congénitale.

Les règles à respecter pendant la prise d’antibiotiques

Pour une bonne efficacité de votre traitement, appliquez les cinq règles suivantes :

  • Respectez bien les prescriptions médicales (doses, durée des prises, etc.)
  • N'arrêtez pas le traitement prématurément : il doit être poursuivi jusqu'au bout, même si votre état s'améliore.
  • Ne donnez pas votre antibiotique à quelqu'un d'autre : il est spécifique à votre cas.
  • Ne réutilisez pas votre médicament une fois le traitement terminé.
  • Demandez conseil à votre médecin en cas de doutes ou d'effets indésirables.

Quelle est l’évolution de la maladie ?

Le plus souvent, chez les patients n’ayant pas de déficience immunitaire, la maladie évolue spontanément sans séquelles. Le parasite peut rester présent dans le corps (surtout dans le tissu nerveux et les muscles) pendant des années. Mais il ne cause pas de symptôme, car le le maintient sous une forme inactive.

Si votre enfant a été contaminé pendant la grossesse, une choriorétinite peut se déclarer durant son enfance ou son adolescence. C’est pourquoi il bénéficiera d’un suivi ophtalmologique régulier jusqu’à l’âge adulte.

Sources
  • Institut de veille sanitaire (InVS). La toxoplasmose en France chez la femme enceinte en 2003 : séroprévalence et facteurs associés. Site internet : InVS. Saint-Maurice (France) ; 2003 [consulté le 23 avril 2013]
  • Aubry P. Toxoplasmose. Site internet : Medecine tropicale. Saint-Denis de la Réunion (France) ; 2013 [consulté le 23 avril 2013]
  • Brenier-Pinchart MP, Pelloux H. La toxoplasmose. Site internet : Université Joseph Fourier. Grenoble (France) ; 2003 [consulté le 6 janvier 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Surveillance sérologique et prévention de la toxopasmose et de la rubéole. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 6 janvier 2013]