Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : symptômes, diagnostic et évolution

30 novembre 2017
En cas de pensées obsédantes suivies d’actes répétitifs, il est conseillé de consulter rapidement. Après avoir évalué les troubles, le médecin traitant dirige son patient vers un psychiatre ou un psychologue.

Les symptômes du trouble obsessionnel compulsif

Il est utile de consulter son médecin traitant (ou son pédiatre) en cas de symptômes suivants :

  • envahissement par des pensées récurrentes et dérangeantes, provoquant de la détresse et de l'anxiété ;
  • comportements répétitifs ne pouvant pas être contrôlés.

Ces idées et/ou ces actes ont un retentissement sur la vie quotidienne et mettent la personne en difficulté face à ses obligations professionnelles, sociales ou familiales.

S'il s'agit d'un enfant, celui-ci est occupé plus d’une heure par jour par des manies et des rituels, et il se met en colère lorsque ses parents essaient d'empêcher ses comportements. Cela le fatigue et perturbe sa scolarité, comme ses autres activités.

Le diagnostic doit intervenir le plus tôt possible. En effet, une prise en charge médicale précoce augmente les chances de réponse favorable aux traitements. Il est donc important de ne pas banaliser ces problèmes, et de ne pas penser qu’ils vont disparaître d’eux-mêmes avec le temps.

Superstitions et manies ne sont pas toujours révélatrices de TOC

La plupart des adultes ont des pensées ou des actes évoquant des obsessions ou des rituels (ex. : superstition poussant une personne à éviter de passer sous une échelle).

De même, tous les jeunes enfants ont des manies (ex. : sucer son pouce), nécessaires à leur développement psychique, intellectuel et affectif. Ils pratiquent aussi des rituels, qui ont une fonction de protection face au monde extérieur (ex. : besoin d’une berceuse tous les soirs pour s’endormir). Plus tard, ces comportements sont remplacés par des hobbies et des collections.

Ces traits ne doivent pas inquiéter. En effet, pour que l’on puisse parler de TOC, il faut que les troubles concernés. :

  • occupent la personne au moins une heure par jour ;
  • occasionnent une souffrance importante et un retentissement négatif sur sa vie quotidienne (ex. : oubli des priorités professionnelles, perturbation des relations familiales, fatigue et difficultés scolaires chez l’enfant).

Le diagnostic des troubles obsessionnels compulsifs

Le médecin traitant mène une première évaluation des troubles. Il interroge son patient sur ses symptômes :

  • pour mesurer leur sévérité, la souffrance qu’ils causent et leur impact sur sa vie ;
  • pour éliminer d'autres diagnostics possibles.

Ce premier bilan est confirmé si nécessaire par un psychiatre ou un psychologue, en deux étapes :

  • le praticien fait remplir à son patient des questionnaires ou effectuer des tests pour connaître l'intensité de ses troubles, selon une échelle d’évaluation bien précise. Les résultats permettent notamment de suivre l’évolution de son état, une fois le traitement mis en route ;
  • il recherche d’autres problèmes éventuels, parfois associés aux TOC (dépression, boulimie ou anorexie, troubles anxieux graves, sociale, trouble panique).

 

TOC et reconnaissance en ALD

Si vous êtes atteint de TOC sévères, votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre maladie au titre d'affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

L’évolution troubles obsessionnels compulsifs

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont chroniques. Leur intensité peut changer tout au long de la vie, avec des variations selon les patients.

Lorsque la prise en charge thérapeutique est précoce, les symptômes s’atténuent, les rituels sont moins nombreux permettant une vie quotidienne à peu près normale.

Toutefois, en l’absence de soins, les TOC ont tendance à s’accentuer, le stress représentant un facteur aggravant. De plus, les cas de guérison spontanée restent très rares.

Chez l'adulte, il existe diverses évolutions possibles, en fonction de la gravité des symptômes :

  • si ces derniers restent légers, ils causent un handicap modéré, compatible avec une vie familiale, sociale et professionnelle normale ;
  • dans certaines formes sévères, les obsessions-compulsions peuvent occuper peu à peu plusieurs heures par jour. Cette situation entraîne parfois des répercussions majeures (difficultés professionnelles ou relationnelles, repli social, dépression, dépendance à l'alcool ou aux drogues).

Chez l'enfant, la maladie peut évoluer de multiples façons, selon l’intensité des manifestations :

  • en cas de TOC sévères, les enfants effectuent parfois des rituels à l'école (vérifications multiples, ratures, répétition des mêmes exercices, etc.). Leur travail devient alors lent et incomplet. Ils éprouvent aussi des difficultés à se concentrer et à participer en classe. Cette situation induit un risque d’échec scolaire, voire de déscolarisation ;
  • par peur du ridicule, les enfants peuvent aussi cacher leurs rituels à leurs camarades de classe. Ces efforts engendrent une grande fatigue mentale, et les relations amicales s’en trouvent parfois affectées ;
  • enfants et adolescents impliquent souvent leur famille dans leurs rituels, ce qui cause des tensions dans les relations avec leurs parents.
Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Site internet : Inserm. Paris ; 2012 [consulté le 30 novembre 2017]
  • Portail santé mieux-être du gouvernement du Québec. Troubles obsessionnels compulsifs. Site internet : sante.gouv.qc. Québec ; 2017 [consulté le 30 novembre 2017]
  • Cottraux J. Trouble obsessionnel compulsif. EMC - Psychiatrie 2016;14(1):1-15 [Article 37-370-A-10]