Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : fréquence et facteurs favorisants

24 mars 2017
Maladie répandue, les troubles obsessionnels compulsifs débutent souvent avant l’âge de 25 ans. Si les causes de cette affection restent méconnues, on a déjà identifié ses facteurs favorisants (hérédité, dysfonctionnement cérébral, problèmes psychologiques ou immunitaires).

Les troubles obsessionnels compulsifs sont-ils courants ?

Il s’agit d’une affection fréquente : on estime que 2 à 3 % des Français souffrent actuellement de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Toutefois, ce chiffre est sans doute en dessous de la réalité. En effet, certaines personnes atteintes ne consultent pas, et ne sont donc pas prises en compte dans ce recensement.

Les TOC arrivent au quatrième rang des troubles psychiatriques les plus répandus (après les troubles phobiques, les addictions à l'alcool et aux drogues, et les troubles dépressifs).

Dans 65 % des cas, la maladie débute avant l’âge de 25 ans, et dans 15 % des cas après 35 ans. Les enfants et adolescents peuvent être atteints. Hommes et femmes sont atteints de façon égale.

Dans tous les cas, la prise en charge médicale intervient souvent plusieurs années après l’apparition des premiers signes. En effet, les personnes concernées ont tendance à dissimuler longtemps leur maladie.

Quels sont les facteurs favorisant la survenue des troubles obsessionnels compulsifs ?

Même si les connaissances scientifiques sur les TOC ont progressé, les causes de cette affection restent inconnues. En général, l’apparition des troubles est progressive, et liée à plusieurs éléments concomitants.

Les personnes atteintes ont souvent des proches atteints :

  • de troubles anxieux graves ou de troubles apparentés aux TOC ;
  • de tics (contractions musculaires involontaires), voire d’un syndrome de La Tourette (affection neurologique rare caractérisée par la présence de nombreux tics).

De même, la survenue de TOC chez un "vrai jumeau" augmente le risque de développer la maladie pour son frère ou sa sœur.

L’apparition des TOC semble liée à un dysfonctionnement concernant certains neuromédiateurs comme la sérotonine, la dopamine ou la vasopressine.

Les scientifiques ont, en effet, identifiés plusieurs circuits cérébraux perturbés et découvert que certaines zones du cerveau sont en hyperactivité chez les personnes atteintes de TOC.

Un dérèglement du pourrait être à l'origine de la fabrication d'auto-anticorps dirigés contre certaines zones du cerveau et serait impliqué dans la survenue de TOC précoces, chez l'enfant.

Enfin, dans 30 % des cas (38 à 54 % chez l’enfant), les TOC se déclenchent brutalement, après un traumatisme ou un stress important. Toutefois, ces événements doivent être considérés comme des révélateurs de la maladie, plutôt que comme des causes directes de celle-ci.

Sources
  • Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM). Troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Site internet : INSERM. Paris ; 2012 [consulté le 13 novembre 2015]
  • Santé et services sociaux du Québec. Troubles obsessionnels compulsifs. Site internet : msss.gouv.ca. Québec ; 2015 [consulté le 13 novembre 2015]
  • Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM). Troubles obsessionnels compulsifs. Site internet : iusmm.ca. Montréal ; 2015 [consulté le 13 novembre 2015]
  • Cottraux J. Le trouble obsessionnel compulsif. Encyclopédie médicochirurgicale. 2003;37-370-A-10
  • Moroy A, Sigward J-M, Lamy S, Pelissolo A. Rôle des facteurs psychotraumatiques dans la génèse des troubles obsessionnels compulsifs. European Psychiatry. Supplement, novembre 2014; 29(8):547.