Comprendre les troubles musculo-squelettiques

02 mai 2017
Les troubles musculo–squelettiques (TMS) touchent les structures autour des articulations et surviennent le plus souvent au niveau du dos ou des membres supérieurs. Ces affections touchent les muscles, les tendons, les nerfs... Très fréquente et augmentant avec l'âge, plusieurs facteurs favorisent ces TMS.

Que sont les troubles musculo–squelettiques ?

Les troubles musculo–squelettiques (TMS) regroupent des affections touchant les structures situées à la périphérie des articulations : muscles, tendons, nerfs, ligaments, bourses séreuses, capsules articulaires, vaisseaux… Les parties du corps les plus fréquemment atteintes sont : le dos, les membres supérieurs (épaule, coude, poignet), plus rarement les membres inférieurs (genoux). Les TMS ont des causes multiples, mais l’activité professionnelle joue fréquemment un rôle dans leur survenue, leur maintien ou leur aggravation.

Les affections les plus fréquentes sont les lombalgies, les cervicalgies, les douleurs articulaires, les tendinites ( de la coiffe des rotateurs à l’épaule, épicondylite...) et le syndrome du canal carpien.

La fréquence des troubles musculo-squelettiques

La fréquence des TMS est importante (34 % des travailleurs déclarent souffrir de problèmes de dos). Elle augmente avec l'âge.

En revanche, les TMS reconnus en tant que maladies professionnelles (MP) ne représentent qu'une faible proportion de l'ensemble des TMS.

En 2009, pour le régime général de l'Assurance Maladie, les TMS représentent plus de 80 % de l'ensemble des maladies professionnelles ayant entraîné un arrêt de travail ou une réparation financière en raison de séquelles.

Nombre de maladies professionnelles dans 15 pays européens

Graphique : part des TMS dans les maladies professionnelles

Pourquoi les troubles musculo–squelettiques surviennent–ils ?

Les TMS résultent d'un déséquilibre entre les capacités physiques du corps et les sollicitations et contraintes auxquelles il est exposé. Ils peuvent apparaître rapidement. Toutefois, ils s'installent le plus souvent de façon progressive après une longue période de sollicitations intensives des parties du corps atteintes.

Toutes les activités peuvent entraîner leur apparition :

  • Le lien entre des activités professionnelles et la survenue et l'aggravation des TMS est aujourd'hui bien établi. C'est pourquoi, beaucoup de ces TMS sont inscrits aux tableaux des maladies professionnelles.
  • Les loisirs (le jardinage, le bricolage, la pratique sportive...) peuvent également provoquer leur survenue.

Quels sont les facteurs favorisant les troubles musculo-squelettiques ?

Les facteurs favorisant les TMS sont multiples. Outre les activités professionnelles et extra–professionnelles, les facteurs individuels jouent également un rôle.

Les facteurs biomécaniques et environnementaux

Pour les facteurs biomécaniques, il s’agit des mouvements de force, des postures extrêmes, telles que les gestes effectués les bras au–dessus des épaules, les mouvements de torsion du poignet, du tronc, la flexion et l'extension du coude, la répétition fréquente du même geste, mais également le travail statique, les vibrations et chocs mécaniques...

L'environnement joue également un rôle. Ainsi, le froid et le bruit sont des facteurs aggravant les contraintes mécaniques. Effectuer une tâche sous un éclairage inadapté peut également favoriser l'apparition d'un TMS et entraîner une posture inconfortable. Par exemple, un mauvais éclairage lors du contrôle de la qualité des pièces peut pousser un salarié à fléchir son cou de façon excessive pour mieux voir.

Les contraintes psychosociales

Ces facteurs reposent sur la façon dont le travail est perçu par les salariés comme l’insatisfaction d’un travail monotone, la tension engendrée par les délais à respecter, le manque de reconnaissance professionnelle, les relations sociales dégradées, l'absence de soutien du supérieur hiérarchique et des collègues ou l’insécurité de l’emploi.

Les contraintes organisationnelles

Elles sont liées à l'organisation du travail (rythme de travail, horaires, contenu du travail…), aux conditions d’exercice du geste professionnel (délai de réalisation trop court, temps de récupération insuffisant...)

Les facteurs individuels

L’âge, le sexe, ou encore l’état de santé. La fragilité physique (diabète, hypothyroïdie, rhumatisme inflammatoire, fatigue, surpoids, baisse de l’immunité ) ou la fragilité psychologique sont à prendre en compte dans l’apparition des troubles musculo–squelettiques.

Les différents facteurs responsables de troubles musculo-squelettiques

Schéma : facteurs individuels favorisant les TMS
Sources
  • Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés. Les troubles musculo–squelettiques (TMS). Site internet : ameli.fr. Paris ; 2014 [consulté le 4 janvier 2016]
  • Ha C (ed). TMS d'origine professionnelle : une préoccupation majeure. Bull Epidemiol Hebd. 2010 ; (5–6):35–56
  • Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST). Troubles musculo–squelettiques liés au travail (TMSLT). Site internet : CCHST. Hamilton (Canada) ; 2014 [consulté le 4 janvier 2016]
  • Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Les troubles musculo–squelettiques (TMS), en bref. Site internet : Travailler mieux, la santé et la sécurité au travail. Paris ; 2015 [consulté le 4 janvier 2016]
  • Ministère de la décentralisation et de la fonction publique. Guide pratique : démarche de prévention des troubles musculo-squelettiques. Édition 2015
  • Institut de veille sanitaire (InVS). TMS 2013