Le traitement de la syphilis

31 janvier 2020
Le traitement de la syphilis repose sur un antibiotique : la benzathine pénicilline G « retard » le plus souvent. La durée du traitement dépend du stade syphilitique. Un suivi est nécessaire pour s’assurer de la guérison du patient. Les partenaires sexuels doivent aussi être traités.

Le traitement de la personne présentant une syphilis

Pour traiter la syphilis, le médecin prescrit un traitement antibiotique : le plus souvent la benzathine pénicilline G, utilisée sous une forme « retard ». C’est-à-dire que le principe actif du médicament est libéré progressivement, de manière efficace et constante, dans l’organisme.

Traitement de la syphilis primaire et secondaire

En cas de syphilis primaire ou secondaire de moins d’1 an, le traitement repose sur la benzathine pénicilline G « retard », à raison d'une injection intramusculaire unique de 2,4 millions d'unités.

Ce traitement diffère légèrement pour la femme enceinte infectée : la prise n’est pas unique. Elle consiste en 2 injections intramusculaires de 2,4 millions d'unités, prises à une semaine d’intervalle.

En cas de syphilis secondaire avec de nombreuses lésions cutanées et muqueuses, une réaction paradoxale, ou réaction d'Herxheimer, peut se produire. Celle-ci survient quelques heures après l'injection et se manifeste par une fièvre, un mal de tête, des douleurs musculaires et une aggravation transitoire des lésions cutanées.

Cette réaction est bénigne et n’est pas due à une allergie à la pénicilline. Un médicament (paracétamol, etc.) permet de soulager le patient.

Traitement de la syphilis tertiaire ou de la syphilis latente tardive

En cas de syphilis tertiaire non neurologique ou de syphilis latente tardive, le traitement est plus long et repose sur une injection intramusculaire de benzathine pénicilline G « retard » par semaine, pendant 3 semaines.

Le traitement de la femme enceinte à ce stade syphilitique est le même que pour toute autre personne infectée.

En cas de neurosyphilis, une hospitalisation est nécessaire. Pendant 14 jours, le patient reçoit une perfusion intraveineuse de 20 millions d'unités de pénicilline G par jour. L'efficacité de ce traitement est de 100 %. Il n’existe cependant pas d'alternative thérapeutique en cas d’allergie à la pénicilline. Il reste toutefois la possibilité d'induire une tolérance à la pénicilline en administrant de petites doses de pénicilline quelques jours avant le traitement.

Surveillance du traitement

Une surveillance médicale est nécessaire en effectuant des sérologies de contrôle avec dosage quantitatif (tests non tréponémiques TNT). Le résultat de la sérologie doit être négatif (ou anticorps diminués par 4), témoignant ainsi de la guérison.

Ces délais de surveillance sont importants car pour la négativation de la sérologie, il faut compter environ 1 an, en cas de syphilis primaire ou secondaire.

En cas d’allergie à la pénicilline

En cas d'allergie à la pénicilline et en l’absence de neurosyphilis, un autre antibiotique de la famille des tétracyclines peut être prescrit : la doxycycline, 200 mg/jour par voie orale.

En cas de syphilis précoce, la prise de ce traitement s’étale sur 15 jours. Elle dure 28 jours s'il s'agit d'une syphilis tardive non neurologique.

Syphilis : le traitement des personnes en contact

Un examen clinique et une sérologie de tous les partenaires sexuels de la personne présentant une syphilis sont proposés. La date du(des) contact(s) sexuel(s) doit être précisée afin de pouvoir renouveler la prescription de sérologie ; en effet, celle-ci peut être encore négative dans le mois suivant le contact.

Si ces informations sont imprécises, le médecin peut être amené à proposer un traitement systématique pour tous les sujets en contact avec le patient.

  • Collège des enseignants de dermatologie Maladies sexuellement transmissible : syphilis primaire et secondaire. Site internet : Campus de dermatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 20 janvier 2020]
  • Société française de dermatologie. La syphilis. Site internet : dermato-info. Paris ; 2015 [consulté le 20 janvier 2020]
  • ECN Pilly 2018. Maladies infectieuses et tropicales. Syphilis. Édition Alinéa Plus. Paris
  • Haute autorité de Santé (HAS). Modification de la Nomenclature des actes de biologie médicale pour les actes de recherche du Treponema pallidum (bactérie responsable de la syphilis). Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2017 [consulté le 21 janvier 2020]