La syphilis : définition, évolution et transmission

21 juin 2017
La syphilis est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie : le tréponème pâle. En l’absence de traitement précoce, cette maladie devient chronique et le risque de transmission augmente. Très contagieuse, elle touche surtout les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes.

Qu’est-ce que la syphilis ?

La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) très contagieuse. Elle est due à une bactérie de type spirochète appelée treponema pallidum, ou tréponème pâle.

En l’absence de traitement précoce, la syphilis :

  • évolue par phases ;
  • peut progresser vers une maladie chronique ;
  • expose le malade à des complications ;
  • est transmise à d’autres partenaires sexuels.

À tous ses stades d’évolution, même tardifs, la syphilis est traitée par antibiotiques, permettant la guérison du patient.

Plusieurs souches de tréponème et de tréponématoses

Il existe d’autres tréponématoses non transmises sexuellement, mais par contact avec des lésions cutanées ou muqueuses, et touchant surtout les enfants et adolescents. Il s’agit des pathologies suivantes :

  • le pian, surtout observé dans les régions forestières tropicales chaudes et humides (Afrique tropicale, Amérique Latine - dont la Guyane -, Asie et Pacifique). Cette maladie infectieuse endémique est responsable d’atteintes au niveau de la peau, des muqueuses, des cartilages et des os ;
  • le bejel, avec des symptômes similaires au pian. Cette maladie sévit dans les pays au climat sec et aride d’Afrique ;
  • la pinta (ou caraté), responsable de lésions cutanées bénignes. Elle ne constitue plus aujourd’hui un problème de santé publique.

Ces pathologies guérissent grâce à un traitement par antibiotiques.

Qui est atteint par la syphilis ?

La syphilis avait pratiquement disparue au XXème siècle. Or en 1999, elle est réapparue en France. Depuis, la surveillance de cette maladie a permis de mettre en évidence une augmentation continue du nombre de cas. En 2014, plus de 1 000 cas de syphilis ont été déclarés par des médecins faisant partie d’un réseau volontaire de recensement de la maladie, contre 700 en 2012. Mais le nombre réel est sans doute bien supérieur.

La syphilis touche :

  • en grande majorité, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) ; les hommes bisexuels sont aussi concernés. Les HSH représentent 84 % des cas de syphilis diagnostiqués en 2014. Dans cette population, le nombre de cas a augmenté de 50 % entre 2012 et 2014 ;
  • dans une moindre mesure, la population hétérosexuelle. Même si le nombre de cas reste encore relativement faible, une tendance à l’augmentation est observée entre 2012 et 2014, notamment dans la région Île-de-France. Les travailleurs et travailleuses du sexe, et les personnes qui ont eu des rapports sexuels avec des personnes provenant de pays où la maladie est endémique sont particulièrement exposées.

Par ailleurs, sur cette même période 2012-2014, le nombre de cas d’autres IST a augmenté chez les HSH de façon encore plus marquée. Il s’agit :

  • d’infections à gonocoque (blennorragie gonococcique) ;
  • de lymphogranulomatoses vénériennes (IST due à chlamydia trachomatis) rectales.

Cette tendance est à mettre en lien avec une augmentation des pratiques à risque sur les 2 dernières décennies : l’absence de protection par préservatifs lors de rapports anaux avec des partenaires occasionnels ou lors des rapports bouche-sexe (fellation). Ces derniers sont un mode de contamination fréquent de la syphilis.

Comment évolue la syphilis ?

La syphilis évolue en 2 périodes ; l’une précoce de moins d’1 an, l’autre tardive au-delà d’1 an.

La période précoce de moins d’1 an regroupe :

  • la syphilis primaire ;
  • la syphilis secondaire ;
  • des phases de latence sans symptômes. Elles correspondent à des moments où la sérologie syphilitique est positive, sans symptômes ressentis par le patient : c’est la syphilis sérologique précoce.

La contagion est maximale pendant cette période précoce.

La période tardive au-delà d’1 an comprend :

  • la syphilis tertiaire ;
  • la syphilis sérologique tardive. C’est à dire que la sérologie découverte est positive, non datable ou datant de plus d’1 an, sans symptômes chez le patient.

Comment la syphilis se transmet-elle ?

La syphilis se transmet principalement entre adultes, par contacts sexuels. Mais une transmission materno-fœtale est également possible.

La syphilis est très facilement transmise lors de rapports sexuels non protégés avec une personne déjà contaminée. Et ce, qu’il s’agisse de rapports :

  • vaginaux (pénétration vaginale) ;
  • anaux (pénétration anale) ;
  • oraux-génitaux (rapports bouche-sexe ou fellation).

La contamination a lieu au contact :

  • du chancre (ulcération isolée ou plaie syphilitique), symptôme de la syphilis primaire ;
  • des lésions cutanées ou muqueuses excoriées (écorchées de façon superficielle), symptômes présents lors de la syphilis secondaire.

Le risque de contagion est considéré comme maximal pendant la 1ère année d'évolution de la maladie (période précoce). Les tréponèmes sont alors présents d’abord sur le chancre, puis à la surface des lésions de la peau et surtout des muqueuses.

Bien que la syphilis congénitale reste rare en France, en raison du dépistage chez les femmes enceintes, une mère infectée peut transmettre la maladie à son enfant. Cette transmission a lieu pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, par contact avec les sécrétions maternelles infectées.

En cas de syphilis précoce (moins d’1 an), le risque de transmission mère-enfant est d’environ 70 %. Il est de 10 % en cas de syphilis tardive.

La syphilis chez la femme enceinte a des conséquences pouvant être fatales pour l’enfant :

  • augmentation des cas de décès in utero ou peu après la naissance ;
  • prématurité et faible poids de naissance ;
  • présence de séquelles graves (surdité, troubles de la vue, malformations, etc.)
Sources
  • Collège des enseignants de dermatologie Maladies sexuellement transmissible : syphilis primaire et secondaire. Site internet : Campus de dermatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 24 février 2017]
  • Société française de dermatologie. La syphilis. Site internet : dermato-info. Paris ; 2015 [consulté le 24 février 2017]
  • Santé publique France. Augmentation de la syphilis en France. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2016 [consulté le 24 février 2017]
  • Centre national de référence (CNR) Syphilis. Infos. Site internet : CNR Syphilis. Paris ; 2016 [consulté le 24 février 2017]
  • Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’élimination mondiale de la syphilis congénitale : raison d’être et stratégie. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2009 [consulté le 24 février 2017]
  • Haute autorité de Santé (HAS). Modification de la Nomenclature des actes de biologie médicale pour les actes de recherche du Treponema pallidum (bactérie responsable de la syphilis). Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2015 [consulté le 24 février 2017]
  • Mitjà O, Marks M, Konan DJP, Ayelo G, Gonzalez-Beiras C, Boua B, et al. Global epidemiology of yaws: a systematic review. Lancet Glob Health. 2015; 3(6): e324–e331
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Pian. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2016 [consulté le 24 février 2017]
  • Gomez GB, Kamb ML, Newman LM, Mark J, Broutet N, Hawkes SJ. A systematic literature review and meta-analysis. Bull World Health Organ 2013; 91: 217-26.