La syphilis : définition, évolution et transmission

31 janvier 2020
La syphilis est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie : le tréponème pâle. En l’absence de traitement précoce, cette maladie devient chronique et le risque de transmission augmente. Très contagieuse, elle touche surtout les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes.

Qu’est-ce que la syphilis ?

La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) très contagieuse. Elle est due à une bactérie de type spirochète appelée treponema pallidum, ou tréponème pâle.

En l’absence de traitement précoce, la syphilis :

  • évolue par phases ;
  • peut progresser vers une maladie chronique ;
  • expose le malade à des complications ;
  • est transmise à d’autres partenaires sexuels.

À tous ses stades d’évolution, même tardifs, la syphilis est traitée par antibiotiques, permettant la guérison du patient.

Plusieurs autres tréponématoses non transmises sexuellement

Il existe d’autres tréponématoses non transmises sexuellement, mais par contact avec des lésions cutanées ou muqueuses, et touchant surtout les enfants et adolescents. Il s’agit des pathologies suivantes :

  • le pian, surtout observé dans les régions forestières tropicales chaudes et humides (Afrique tropicale, Amérique Latine - dont la Guyane -, Asie et Pacifique). Cette maladie infectieuse endémique est responsable d’atteintes au niveau de la peau, des muqueuses, des cartilages et des os ;
  • le bejel, avec des symptômes similaires au pian. Cette maladie sévit dans les pays au climat sec et aride d’Afrique ;
  • la pinta (ou caraté), responsable de lésions cutanées bénignes. Elle ne constitue plus aujourd’hui un problème de santé publique.

Ces maladies guérissent grâce à un traitement par antibiotiques.

Qui est atteint par la syphilis ?

En France, les IST sont en augmentation et en particulier les infections à Chlamydia et à gonocoque dont le nombre a particulièrement augmenté entre 2012 et 2017.

L'augmentation des infections à Chlamydia touche principalement les jeunes femmes et celle des infections à gonocoque (syphilis), les hommes. Elle semble être la conséquence d'un nombre de partenaires plus important couplé à une utilisation non systématique du préservatif.

La syphilis, qui avait pratiquement disparue, est réapparue en 1999. Depuis, la surveillance de cette maladie a permis de mettre en évidence une augmentation continue du nombre de cas. Le nombre de cas déclarés est passé de 597 en 2007 à 1762 en 2018.

La syphilis touche :

  • en grande majorité, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Les HSH représentent 80 % des cas de syphilis récente diagnostiqués ;
  • dans une moindre mesure, la population hétérosexuelle. Même si le nombre de cas reste encore relativement faible, une tendance à l’augmentation est observée, notamment dans la région Île-de-France. Les travailleurs et travailleuses du sexe, et les personnes qui ont eu des rapports sexuels avec des personnes provenant de pays où la maladie est endémique sont particulièrement exposées.

30 % des personnes diagnostiquées pour une syphilis récente sont co-infectées par le VIH.

Comment évolue la syphilis ?

La syphilis évolue en 2 périodes ; l’une précoce de moins d’1 an, l’autre tardive au-delà d’1 an.

La période précoce de moins d’1 an regroupe :

  • la syphilis primaire ;
  • la syphilis secondaire ;
  • des phases de latence sans symptômes. Elles correspondent à des moments où la sérologie syphilitique est positive, sans symptômes ressentis par le patient : c’est la syphilis sérologique précoce.

La contagion est maximale pendant cette période précoce.

La période tardive au-delà d’1 an comprend :

  • la syphilis tertiaire ;
  • la syphilis sérologique tardive. C’est à dire que la sérologie découverte est positive, non datable ou datant de plus d’1 an, sans symptômes chez le patient.

Comment la syphilis se transmet-elle ?

La transmission de la syphilis se fait par voie sexuelle

La syphilis est très facilement transmise lors de rapports sexuels non protégés avec une personne déjà contaminée. Et ce, qu’il s’agisse de rapports :

  • vaginaux (pénétration vaginale) ;
  • anaux (pénétration anale) ;
  • oraux-génitaux (rapports bouche-sexe ou fellation).

Le tréponème ne survit pas à l'air libre et la contamination ne peut avoir lieu que par contact direct avec :

  • le chancre (ulcération isolée ou plaie syphilitique), symptôme de la syphilis primaire ;
  • des lésions cutanées ou muqueuses excoriées (écorchées de façon superficielle), symptômes présents lors de la syphilis secondaire.

Le risque de contagion est considéré comme maximal pendant la 1ère année d'évolution de la maladie (période précoce). Les tréponèmes sont alors présents d’abord sur le chancre, puis à la surface des lésions de la peau et surtout des muqueuses.

La transmission de la syphilis de la mère à l'enfant lors d'une grossesse est une éventualité rare en France

La syphilis congénitale est rare en France, en raison du dépistage de la syphilis chez les femmes enceintes.

Si une mère est infectée et n'est pas traitée, elle peut transmettre la maladie à son enfant. Cette transmission a lieu pendant la grossesse ou lors de l’accouchement.

En cas de syphilis précoce (moins d’1 an), le risque de transmission mère-enfant est d’environ 70 %. Il est de 10 % en cas de syphilis tardive.

La syphilis chez la femme enceinte a des conséquences graves pour l’enfant :

  • augmentation des cas de décès in utero ou peu après la naissance ;
  • prématurité et faible poids de naissance ;
  • présence de séquelles graves (surdité, troubles de la vue, malformations, etc.)

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