Symptômes, diagnostic et évolution du syndrome des ovaires polykystiques

02 janvier 2021
Les principaux symptômes du SOPK sont des anomalies du cycle menstruel, une hyperpilosité et de l'acné. Le diagnostic repose sur un bilan hormonal et, si nécessaire, une échographie abdominopelvienne. Le surpoids et l’infertilité font partie des complications.

Les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques

Les symptômes du SOPK apparaissent généralement à l’adolescence, au moment des premières règles, mais peuvent aussi survenir bien plus tard. Ils sont très variables d’une personne à l’autre et ne sont pas tous ressentis avec la même intensité. En effet, le SPOK peut, chez certaines femmes, être particulièrement handicapant.

En outre, ils ne sont pas forcément tous présents, mais chacun d’entre eux doit toutefois faire évoquer le diagnostic du SOPK.

La perturbation du cycle menstruel

On constate fréquemment un trouble de l’ovulation, c’est-à-dire une rareté ou une absence d’ovulation qui se traduit par :

  • des cycles menstruels irréguliers, qui durent plus de 35 à 40 jours et ce, depuis l’adolescence ;
  • voire par l’absence totale de règles ( ).

Ce trouble de l' provoque une infertilité chez la moitié des femmes présentant un SOPK. Entre 25 et 30 ans, l’infertilité est souvent le motif de consultation surtout si les symptômes dus à l’augmentation de sécrétion de la (hyperandrogénie) sont peu marqués.

Le cycle menstruel

Il est composé de 2 phases séparées par l’ovulation :

  • La phase folliculaire prépare à l’ovulation. Dans un cycle normal de 28 jours, elle débute après les règles et dure environ 10 jours. Au cours de cette phase, l’hormone folliculo-stimulante (FSH), fabriquée par l’hypophyse, stimule les follicules ovariens pour qu’ils produisent un mature. Elle favorise également la sécrétion par les follicules, des œstrogènes qui agissent sur l’épaississement de la utérine et la consistance de la .
  • L’ dure 24 à 48 heures. Elle est provoquée par une augmentation soudaine et importante du taux d’hormone lutéinisante (LH), sous l’action des œstrogènes, entraînant la rupture du follicule et la libération de l’ovule mature qui se déplace dans les trompes utérines ( ) jusqu’à l’utérus.
  • La phase lutéale est la période située entre l’ovulation et l’apparition des règles et peut aller de 12 à 14 jours. Après l’ovulation, le follicule transformé en corps jaune produit de la qui contribue à renforcer la utérine en vue de la .

En cas de SOPK, le taux de base de LH est anormalement élevé dans la majorité des cas. Mais il n’augmente pas en milieu du cycle alors que c’est ce phénomène qui déclenche l’ovulation.

L’hyperandrogénie

En présence d’un SOPK, les secrètent trop d’androgènes et particulièrement de . Dès la puberté, cette perturbation peut être responsable :

  • d’une hyperpilosité, voire un hirsutisme chez 70 % des femmes présentant alors un excès de poils sur le visage, la poitrine, le dos, les fesses ;
  • d’une peau grasse et de l’apparition d’acné chez l’adolescente et qui persiste après l'âge de 20 ans ;
  • d’une chute des cheveux (alopécie) sur le sommet du crâne et au niveau des golfes frontaux.

En outre, la moitié des femmes a tendance à prendre beaucoup de poids et rencontre des difficultés à maigrir. Ainsi, le surpoids est fréquent et il existe une corrélation entre l’indice de masse corporelle (IMC) et l’infertilité associée au SOPK.

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Autres symptômes associés dans le SOPK

D’autres symptômes associés peuvent survenir mais restent inconstants, tels que :

  • des taches foncées qui apparaissent sur la peau, le plus souvent sur la nuque, sous les bras et dans la région de l’aine (à l’intérieur des cuisses). Elles sont appelées « acanthosis nigricans » et sont la conséquence d’un taux élevé d’insuline ;
  • une humeur dépressive ;
  • une anxiété ;
  • des apnées du sommeil surtout en cas de surpoids.

Le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques

Afin de confirmer le diagnostic de syndrome des polykystiques, il est nécessaire de faire un bilan sanguin et éventuellement, de réaliser une échographie abdominopelvienne.

Un bilan sanguin hormonal et métabolique

En cas de suspicion de SOPK, une prise de sang est nécessaire pour effectuer un bilan hormonal .

Un bilan hormonal est pratiqué entre le 2e et le 5e jour du cycle menstruel. Chez les patientes qui n’ont plus de règles, celles-ci sont provoquées par un traitement à base de administré pendant 10 jours. Le bilan hormonal comporte plusieurs dosages.

La FSH et la LH sont produites par l’hypophyse. Ce sont les hormones qui contrôlent la production hormonale ovarienne et le cycle ovarien. Normalement, le taux de base de LH est inférieur à celui de FSH au moment de l’ovulation et une élévation du taux de LH est observée juste avant l’ovulation

En cas de SOPK, le taux de ces hormones varie généralement peu au cours du cycle ; le taux de base de LH est supérieur à celui de FSH et n’augmente pas en milieu du cycle. On parle d’inversion du rapport FSH/LH.

Ce dosage comprend l’évaluation du taux :

  • de circulante ;
  • d’androsténedione ;
  • du sulfate de déhydroépiandrostérone (SDHA).

Le résultat de ce dosage affiche des taux élevés en cas de SOPK.

Selon les cas, d'autres hormones peuvent être également dosées :

  • la prolactine, qui joue un rôle notamment dans la reproduction et lors de l’allaitement ;
  • l’hormone 17 bêta-œstradiol qui intervient pendant l’ovulation ;
  • l’hormone 17 hydroxy ;
  • le TSH (thyroid-stimulating hormone) qui stimule la thyroïde.

Un bilan métabolique sanguin complète le bilan hormonal :

  • un dosage de la glycémie et éventuellement l’insulinémie qui affiche des taux élevés en cas de SOPK ;
  • un bilan lipidique pour mesurer le cholestérol et la triglycéride.

L’échographie abdominopelvienne

Au début du cycle menstruel, chaque ovaire contient normalement 5 à 10 petits follicules d’environ 5 mm. Seul l’un d’entre eux deviendra un ovocyte fécondable. En cas de SOPK, la maturation folliculaire est bloquée par l’excès d’androgènes et les follicules immatures s’accumulent, sans en laisser un évoluer vers le stade d’ovocyte.

Une échographie abdominopelvienne permet de mettre en évidence de nombreux petits follicules, au nombre de 20 au moins et de diamètre inférieur à 9 mm et/ou un volume ovarien important, sans présence de kyste ni de follicule dominant.

Néanmoins, cette observation ne suffit pas au diagnostic de SOPK. En effet, certaines femmes en âge de procréer peuvent avoir de tels résultats lors d’une échographie, sans pour autant présenter les autres symptômes du SOPK.

En outre, les symptômes cliniques et biologiques permettent à eux seuls de poser le diagnostic du SOPK. Cette technique n‘est donc pas toujours indispensable, voire même inutile chez les adolescentes qui présentent souvent les critères cliniques et biologiques spécifiques au SOPK.

Les critères qui permettent de confimer le diagnostic du SOPK

Le diagnostic du SOPK nécessite la présence d’au moins 2 des 3 critères suivants :

  • une hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné, alopécie androgénique) ou biologique ;
  • une rare ou absente ;
  • une augmentation du volume des et leur aspect « polykystique » à l’échographie par voie vaginale.

L’évolution du syndrome des ovaires polykystiques

Le SOPK peut entrainer des complications diverses à long terme.

L’hypersécrétion des androgènes par l’ovaire favorise le développement d’un surpoids qui prédispose à l’insulinorésistance, c’est-à-dire que l’insuline sécrétée par le est peu active.

Le SOPK augmente le risque de syndrome métabolique, facteur de risque de maladies cardiovasculaires tels que l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, l'AVC, etc.

Le syndrome métabolique : quelles sont les mesures ?

Une personne est atteinte de syndrome métabolique lorsqu’elle présente une obésité abdominale (c’est-à-dire un tour de taille supérieur à 80 cm chez les femmes et supérieur à 94 cm chez les hommes) associée à au moins 2 des facteurs suivants :

  • un taux élevé de triglycérides. Il est alors égal ou supérieur à 1,7 mmol/L, l’équivalant de 150 mg/dL ;
  • un faible taux de cholestérol HDL, aussi appelé « bon » cholestérol. Il est alors inférieur à 1,29 mmol/L (50 mg/dL) chez une femme ;
  • une hypertension artérielle. La tension artérielle, également appelée « pression » artérielle, est supérieure ou égale à 130 mmHg pour la pression artérielle systolique et à 85 mmHg pour la pression artérielle diastolique ;
  • un taux élevé de glycémie veineuse (ou diabète de type 2). À jeun, ce taux est alors égal ou supérieur à 5,6 mmol/L (100 mg/L).

Le SOPK est souvent responsable d’infertilité compte tenu de la diminution ou de l’absence d’ovulation. En effet :

  • 50 % des femmes avec un SOPK ont une infertilité primaire c’est-à-dire qu’elles n'ont jamais eu de grossesse ;
  • 25 % ont une infertilité secondaire qui se caractérise par une impossibilité de tomber enceinte après avoir eu un ou plusieurs autres enfants.

Les femmes enceintes présentant un SOPK ont plus souvent des grossesses présentant des complications avec un risque accru :

Ce type de risques est augmenté en cas d’obésité et de surpoids.

Le SOPK augmente également le risque de cancer de l’endomètre (tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus).

Il est en outre associé à un risque de dépression (décrit sur le site de l’INRS), et pour les femmes en surpoids, à l’apnées du sommeil, au diabète de type 2 et au foie gras non alcoolique.

  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Site internet : Inserm. Paris ;2019 [consulté le 13 juillet 2020]
  • Hôpitaux universitaires Genève (HUG). Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) – Information pour les femmes concernées. Site internet : HUG. Genève (Suisse) ; 2016 [consulté le 13 juillet 2020]
  • National Health service (NHS). Polycystic ovary syndrome. Site internet : NHS. Londres ; 2019 [consulté le 13 juillet 2020]