Diagnostic et traitement du syndrome des jambes sans repos

23 octobre 2017
Une consultation médicale suffit souvent à diagnostiquer le syndrome des jambes sans repos. Parfois, des examens complémentaires sont nécessaires. Le traitement repose sur des gestes simples et une hygiène de vie saine. Des médicaments peuvent contribuer à traiter les symptômes et/ou leur cause.

Comment se déroule la consultation médicale ?

Si vous consultez pour un syndrome des jambes sans repos (SJSR), le médecin vous interroge d’abord sur vos symptômes (intensité, circonstances de survenue, fréquence, évolution, etc.) Il vous demande aussi si ces signes influent sur votre sommeil, votre vigilance diurne et votre humeur.

Ensuite, le praticien vous questionne sur :

  • d’éventuels cas de SJSR dans votre famille ;
  • vos antécédents médicaux personnels (ex. : diabète, insuffisance rénale chronique) ;
  • les traitements que vous prenez (certains médicaments d’automédication pouvant déclencher ou aggraver les symptômes).

Enfin, le médecin vous examine.

En général, cette première consultation suffit pour confirmer le diagnostic. Toutefois, votre praticien peut aussi vous prescrire :

  • une prise de sang, afin de vérifier votre taux de votre fer sanguin;
  • un enregistrement du sommeil, permettant de mieux percevoir les effets du SJSR sur vos nuits ;
  • une consultation chez un neurologue (spécialiste des maladies du système nerveux) ou un spécialiste des troubles du sommeil. Ceux-ci peuvent en effet assurer une prise en charge médicale mieux adaptée à votre cas, si nécessaire.

Une fois le diagnostic établi, votre médecin vous informe sur la maladie et son évolution possible, son caractère fluctuant avec des périodes d’accalmie et d’aggravations possibles qui pourront nécessiter des adaptations thérapeutiques.

Un diagnostic souvent tardif

En moyenne, la maladie est diagnostiquée dix ans après les premiers signes. Ce retard peut s’expliquer par la méconnaissance du SJSR. En particulier, ses symptômes peuvent être confondus avec ceux de certaines pathologies neurologiques ou vasculaires.

Quels peuvent être les traitements prescrits en cas de SJSR ?

Afin de choisir les soins les mieux adaptés à votre cas, le médecin mesure l’intensité de votre SJSR. Il utilise pour cela une échelle d’évaluation précise (formes dites "légères", "modérées", "sévères" et "très sévères"), en se basant sur :

  • la nature de vos symptômes ;
  • leur répercussion sur votre humeur et sur votre vie sociale, familiale et professionnelle.

Une hygiène de vie saine et dans certains cas, un traitement médicamenteux, permettent d'atténuer les signes du syndrome.

Dans les formes légères, des gestes simples et l’adoption d’une bonne hygiène de vie suffisent en général à atténuer les signes. Ces mesures d'hygiène sont cependant indispensables dans les formes plus graves de la maladie.

Dans les formes sévères, responsables de perturbations importantes du sommeil ou d’un retentissement sur la qualité de vie et si les mesures prises dans la vie quotidienne se révèlent insuffisantes, votre médecin peut vous prescrire un médicament de la famille des agonistes dopaminergiques (ex. : pramipexole, ropinirole, rotigotine en patch cutané). Ces produits pallient le manque de dopamine (substance permettant la transmission de l’information dans le système nerveux), qui favorise l’apparition du SJSR. Reproduisant l’action de cette dans l’organisme, les dopaminergiques sont souvent très efficaces.

Les doses prescrites par votre médecin dépendent de vos symptômes :

  • En cas de manifestations intermittentes, le traitement se prend durant les épisodes de SJSR. Il peut aussi être indiqué en préventif (dans les situations qui déclenchent systématiquement des signes).
  • Si les symptômes sont réguliers et fréquents, les prises médicamenteuses se font en continu.

Des effets secondaires sont possibles : nausées, vomissements, baisse de tension artérielle, somnolence diurne, hallucinations et rarement troubles du comportement (par exemple achats compulsifs). Pour les éviter, les dopaminergiques sont prescrits à doses modérées, augmentées progressivement.

Ce traitement est seulement symptomatique. En effet, il n’existe pas encore de médicament permettant la guérison du syndrome des jambes sans repos.

Ces médicaments ne sont pas remboursés par l'Assurance Maladie dans le cadre de cette maladie.

Le traitement de la cause ou des facteurs du SJSR

Si votre SJSR est lié à une autre maladie (anémie par carence en fer, diabète, etc.), celle-ci sera traitée pour éliminer la cause des symptômes.

De plus, tout médicament potentiellement déclencheur ou aggravant sera, si possible, supprimé et remplacé par le médecin traitant.

Sources
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Quelle place pour les agonistes dopaminergiques dans le syndrome des jambes sans repos ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ;  2014 [consulté le 19 septembre 2017]
  • Haba-Rubio J, Heinzer R, Tafti M, Krieger J. Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) – Neurologie. 2012;17-009-A-15.
  • Desautels M, Michaud M. Le syndrome des jambes sans repos : lorsque les jambes s'impatientent. Site internet : La Médecin du Québec. Québec (Canada) ; 2014 [consulté le 19 septembre 2017]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Vous et... vos médicaments dopaminergiques. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2014 [consulté le 19 septembre 2017]
  • Réseau Morphée. Le syndrome des jambes sans repos. Site internet : Réseau Morphée. Garches (France) ; 2010 [consulté le 19 septembre 2017]