Reconnaître le syndrome de l'intestin irritable

27 juin 2017
Le syndrome de l'intestin irritable (SII), ou syndrome du colon irritable (SCI), ou colopathie fonctionnelle, est un trouble du fonctionnement de l’intestin (du côlon ou gros intestin), très fréquent, sans gravité mais responsable d’une gêne importante.

Qu’est-ce que le syndrome de l'intestin irritable ?

Le syndrome de l'intestin irritable (SII) appelé également syndrome du côlon irritable (SCI) associe des troubles du fonctionnement de l'intestin comprenant :

  • des douleurs abdominales,
  • un inconfort,
  • des troubles du transit.

On parle également de colopathie fonctionnelle.

C'est une affection fréquente qui touche environ 5 % de la population française. Elle est et sans gravité, mais en raison de sa chronicité, elle altére la qualité de vie des personnes qui en souffrent.

Le diagnostic est fait habituellement entre 30 et 40 ans. Plus rarement, ce syndrome peut se manifester chez les enfants et adolescents. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

Les mécanismes du syndrome de l'intestin irritable

Les mécanismes de survenue du syndrome du côlon irritable sont mal connus et multiples, mais on observe dans cette pathologie :

  • un trouble de la motricité intestinale : les contractions de l'intestin grêle et du côlon peuvent être soit trop fortes, soit trop faibles. Les aliments se déplacent alors trop rapidement ou trop lentement, entraînant une diarrhée ou une constipation ;
  • des anomalies de la sensibilité intestinale : les personnes qui ont une colopathie fonctionnelle ont des intestins plus sensibles. Elles ressentent plus péniblement des phénomènes pourtant normaux, comme des ballonnements, des flatulences, des maux intestinaux ;
  • une micro-inflammation intestinale avec des anomalies de la flore bactérienne digestive ;
  • une majoration des troubles en rapport avec l'alimentation.

Le tube digestif

Schéma : tube digestif

Les facteurs favorisant le syndrome de l'intestin irritable

Les symptômes du syndrome de l'intestin irritable peuvent être déclenchés ou favorisés par la fatigue ou les situations de stress (changements dans le quotidien, voyages, etc.). Une infection intestinale sévère peut déclencher un syndrome de côlon irritable.

Des facteurs psychologiques comme l'anxiété ou des repas non équilibrés ou trop copieux peuvent également amplifier les symptômes.

À l'inverse, pendant le repos ou les périodes de vacances, les symptômes ont tendance à diminuer.

La digestion est un long processus

Après une première digestion partielle dans l'estomac, les aliments arrivent dans l'intestin grêle. Au cours de cette progression, l'organisme absorbe la majorité des dont il a besoin. Les résidus des aliments digérés passent ensuite dans le côlon pour constituer les selles. L'intestin grêle et le côlon font avancer les aliments en se contractant. Au cours de la digestion, la dégradation des aliments par la entraîne une fermentation naturelle et la production de gaz.

Les symptômes du syndrome de l'intestin irritable

Les symptômes les plus courants sont de trois types :

La douleur abdominale

Elle est le symptôme le plus fréquent. Elle se caractérise par une sensation de spasme ou de crampe et se situe habituellement au niveau des fosses iliaques droite et gauche ou dans la région ombilicale.

Elle survient, en général, après le repas mais peut aussi apparaître au réveil. Elle peut durer de quelques heures à quelques jours. Elle est classiquement soulagée par l'émission de selles ou de gaz.

Les ballonnements abdominaux

Ils sont également fréquents et représentent une gêne qui rend pénible le port de vêtements serrés, en particulier après les repas. Au maximum, il s'agit d'une tension permanente difficilement supportable, avec distension de la paroi abdominale.

Le ballonnement peut s'accompagner de bruits à l'intérieur du tube digestif dus aux déplacements des gaz et des liquides (borborygmes). Comme la douleur, le ballonnement (ou flatulence) peut être amélioré par l'émission de gaz ou de selles.

Les troubles du transit intestinal

Ils se manifestent le plus souvent par une constipation. Toutefois, des diarrhées ou une alternance de diarrhée/constipation peuvent également apparaître.

Ainsi selon le trouble du transit prédiminant observé, on définit différentes formes de syndrome de l'intestin irritable :

  • avec diarrhée prédominante (SII-D),
  • avec constipation prédominante (SII-C),
  • avec alternance diarrhée-constipation ou forme mixte (SII-M).

Pour pouvoir parler de syndrome de l'intestin irritable, les symptômes doivent être présents au moins 1 jour par semaine sur les 3 derniers mois et s'inscrire dans une durée de 6 mois au moins.

Comment évoluent les symptômes ?

Dans la plupart des cas, les symptômes persistent, avec des périodes de crise et d'amélioration, voire d'accalmie.

Des pathologies sont plus fréquemment associées au syndrome de l'intestin irritable :

  • la fibromyalgie,
  • la cystite interstitielle ou syndrome de vessie douloureuse,
  • le syndrome de fatigue chronique,
  • d'autres troubles digestifs comme la dyspepsie...

Le syndrome de l'intestin irritable n'augmente pas le risque de développer un cancer du côlon ou une maladie inflammatoire chronique intestinale (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).

Il ne nécessite pas de chirurgie et ne diminue pas votre espérance de vie.

Schéma : les différentes parties de l'abdomen
Sources
  • World gastroenterology organisation. Syndrome de l'intestin irritable : une approche globale. Site internet : Worldgastroenterology. Milwaukee (USA) ; 2009 [consulté le 7 janvier 2013]
  • Ducrotté P, Goucerol G. Syndrome de l'intestin irritable. Hépato-gastro. 2004;11(4):299-308.
  • Collège des universitaires en hépato-gastro-entérologie. Colopathie fonctionnelle. Site internet : Campus d'hépato-gastro-entérologiede l'Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport. Paris ; 2009 [consulté le 18 décembre 2014]