Surveillance du diabète : les fondamentaux

14 septembre 2017
Un suivi régulier est essentiel pour vérifier l’équilibre de votre diabète. Il permet de contrôler l’évolution de votre maladie, de déceler les éventuelles complications et de prévenir leur aggravation. Il comprend des visites chez le médecin et des examens complémentaires (biologiques ou autres).

L’objectif du suivi médical

La surveillance médicale vise à :

  • suivre l’évolution de la maladie ;
  • évaluer l’efficacité et la bonne tolérance des soins ;
  • s’assurer d’une prise en charge optimale ;
  • vous apprendre à « gérer » votre maladie au quotidien ;
  • contrôler le bon développement de votre enfant quand c’est lui qui est diabétique.

Le suivi médical des diabètes de type 1 et 2 se fait au moins 4 fois par an par votre médecin traitant.

En fonction des examens prévus et des éventuelles complications, votre médecin vous propose une orientation vers le diabétologue, le cardiologue, l’ophtalmologiste, le et le podologue.

L'exonération du ticket modérateur

Les diabètes de type 1 et de type 2 sont reconnus affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec ces pathologies sont pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

Un suivi régulier avec votre médecin et le soutien d’autres services

Une visite médicale est recommandée au moins tous les 3 mois, mais peut être plus fréquente si nécessaire.

Ces visites permettent à votre médecin :

  • de réaliser un examen clinique ;
  • de faire le point avec vous sur l’équilibre de votre diabète, grâce à la mesure de l’hémoglobine glyquée et au suivi de la glycémie (autosurveillance glycémique) lorsqu’elle est réalisée ;
  • de vérifier avec vous si les objectifs fixés ensemble sont atteints. En fonction des résultats, il peut vous proposer d’adapter votre mode de vie ou votre traitement médicamenteux.

Il vous propose aussi des examens de suivi pour rechercher d’éventuelles complications et limiter leur aggravation grâce à une prise en charge adaptée. Il vous indique à quel rythme les renouveler.

Dans certains cas, il peut aussi vous orienter vers un diabétologue.

Un moment d’échange

La visite chez votre médecin est aussi l’occasion d’évoquer avec lui les difficultés que vous pouvez rencontrer (sur l’alimentation, l’activité physique, le traitement ou les examens qui vous sont prescrits).

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les préparer à l’avance et à noter par écrit les changements que vous avez pu observer depuis la précédente visite.

Si vous faites une autosurveillance de votre glycémie, pensez à apporter à votre médecin le carnet sur lequel vous notez vos glycémies.

Pour mieux vivre avec votre maladie, vous devez bien la connaître. Votre médecin peut ainsi vous proposer de participer à des cycles de formation sur la prise en charge de votre diabète.

Il est recommandé de suivre une formation sur le diabète dans une structure éducative spécialisée : hôpital, réseau de soins, maison du diabète. Les associations sont également impliquées dans l'éducation thérapeutique et la prise en charge des patients diabétiques. Votre enfant atteint de diabète peut aussi participer à des cycles d’éducation pour compléter et enrichir ses connaissances dans des structures adaptées à son âge.

L'Assurance Maladie propose de bénéficier du service sophia aux personnes :

  • atteintes de diabète de type 1 ou de type 2 ;
  • de plus de 18 ans ;
  • prises en charge dans le cadre d'une affection de longue durée (ALD).

Ce programme vise à les aider à mieux vivre au quotidien avec leur diabète et à limiter les risques de complications.

Ce service propose un soutien et des conseils personnalisés, adaptés à l’état de santé et aux besoins de chacun. Il repose sur :

  • des échanges par téléphone avec un infirmier-conseiller en santé ;
  • l’envoi régulier de documents d’informations ;
  • un site internet avec de la documentation et un espace personnalisé.

Ceci dans le but d’approfondir ses connaissances sur la maladie et d’adapter ses habitudes de vie au quotidien.

Pour en savoir plus sur ce service gratuit, consultez la rubrique sophia ou appelez un infirmier-conseil (prix d’un appel) au :

  • 0 811 709 709 en France métropole, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, et le samedi de 9 h à 13 h ;
  • 0 809 109 974 si vous résidez à la Réunion, du lundi au vendredi de 7 h 30 à 15 h 30 ;
  • 0 809 100 097 si vous résidez en Guadeloupe, Martinique ou Guyane, du lundi au vendredi de 7 h à 13 h.

Un auto-suivi au quotidien

La toilette est un bon moment pour examiner chaque jour son corps, et dépister un élément qui vous paraîtrait anormal. Il est recommandé de faire particulièrement attention :

  • À ses pieds, à la recherche d’éventuelles lésions, de signes d’infection, de déformations des orteils ou encore d’une modification de l’aspect de la peau, comme l’apparition d’une sécheresse ou de rougeurs. Comme il est difficile d’examiner le dessous de ses pieds, il est possible d’utiliser un miroir, ou de se faire aider par un proche.
  • À ses dents et gencives à chaque brossage, et vérifier l’absence de saignement et de rougeur.

Si lors de cet auto-examen, vous détectez quelque chose d’anormal, il est recommandé d’en parler rapidement avec votre médecin.

Les soins de podologie

Vous êtes diabétique ? Vos soins de podologie peuvent être pris en charge par l'Assurance Maladie quand vos pieds présentent des risques élevés de blessures importantes.

Votre médecin traitant ou votre diabétologue peut vous prescrire 4 à 6 séances par an, en fonction de l'importance du risque de lésions.

Les bilans biologiques

Toutes les analyses permettent de s’assurer d’un bon suivi de votre diabète.

Le dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) est l’élément clé pour le suivi de l’équilibre du diabète. Cet examen sanguin est prescrit par votre médecin, au moins 2 fois par an. Il reflète l'équilibre moyen de vos glycémies au cours des 3 derniers mois.

La glycémie varie tout au long de la journée en fonction de l’apport alimentaire, de l’activité physique réalisée et de la prise de médicaments. En revanche, l’hémoglobine glyquée n’est pas influencée au jour le jour par ces facteurs. Elle est le reflet de la glycémie moyenne sur une durée d’environ 3 mois. Plus les glycémies ont été élevées pendant cette période, plus le taux d’hémoglobine glyquée est élevé.

Votre médecin fixe avec vous un objectif cible tenant compte de votre situation personnelle.

Les complications au niveau des reins évoluent le plus souvent silencieusement pendant des années et peuvent passer inaperçues. Leur dépistage repose principalement sur le bilan rénal qui permet de rechercher les premiers signes d'atteinte rénale.

Les dosages pratiqués, à partir d’un échantillon d’urine et d’une prise de sang, donnent des informations sur l’état des reins et sur leur fonctionnement.

Un bilan rénal est recommandé au moins 1 fois par an.

Le bilan lipidique repose sur une prise de sang qui permet de déceler les anomalies des graisses (ou lipides) et d’évaluer le facteur de risque cardiovasculaire.

En excès dans le sang, les lipides augmentent le risque d’avoir une maladie au niveau du cœur et des vaisseaux. Ces anomalies passent longtemps inaperçues si on ne les recherche pas.

Le bilan lipidique est recommandé au moins 1 fois par an.

Les autres examens complémentaires

Dans le cadre du suivi du diabète, d’autres examens complémentaires sont recommandés. Leur objectif est de détecter les éventuelles complications du diabète au niveau des yeux, des dents et des gencives, du cœur et des vaisseaux.

La rétine est un élément essentiel à la vue. Son atteinte est la complication du diabète la plus fréquente au niveau des yeux. On parle de rétinopathie diabétique.

Un examen régulier du fond d’œil permet de la dépister avant l’apparition de symptômes et d’en assurer la prise en charge et le suivi.

Cet examen ophtalmologique est recommandé au moins 1 fois tous les 2 ans.

Réalisé par un chirurgien-dentiste, cet examen permet de faire des soins de prévention sur les dents et les gencives et de dépister rapidement d’éventuelles complications.

Ce bilan dentaire est recommandé 1 fois par an car le risque d’infection est plus élevé chez les personnes diabétiques.

Cet examen permet de vérifier le bon fonctionnement du cœur et d’en enregistrer l’activité électrique. Il se fait généralement au repos en quelques minutes, mais il peut être complété par un ECG sur 24 h à l’aide d’un appareil portable, ou par un ECG d’effort.

L’ECG de repos est recommandé 1 fois par an.

D’autres examens peuvent être proposés, en présence de facteurs de risque qui peuvent favoriser l’apparition de complications, tels que :

Ces examens permettent de détecter et de prévenir l’aggravation de complications liées au diabète. Il s’agit notamment d’une échographie-doppler du cœur ou des artères.

L’autosurveillance de la glycémie

L’autosurveillance de la glycémie est un élément clé pour le suivi du traitement par . Elle consiste à mesurer soi-même sa glycémie sur un , grâce à une goutte de sang prélevée le plus souvent à l’extrémité d’un doigt.

Elle est systématique et pluriquotidienne en cas de traitement par insuline ; elle permet d’adapter la dose d’insuline, et de confirmer des situations d’hyperglycémie ou d’hypoglycémie.

Elle est parfois prescrite par votre médecin, dans certaines situations, en cas de diabète de type 2 non traité par .

Dans tous les cas, votre médecin vous indique la fréquence des mesures à réaliser et ce que vous pouvez faire en fonction des résultats.

Lecteur de glycémie : les modalités de remboursement

Chez l'adulte, un est remboursé tous les 4 ans.

Chez l'enfant et l'adolescent de moins de 18 ans, 2 lecteurs sont pris en charge tous les 4 ans pour en avoir 1 au domicile et 1 à l'école.

Les lecteurs pris en charge sont garantis 4 ans au minimum. Il est important de conserver tous les documents relatifs à cette garantie afin d'obtenir le remplacement de l'appareil par le fabricant, en cas de panne (une nouvelle prescription par le médecin est alors inutile).

Faciliter votre suivi médical

Bien vivre avec sa maladie, c’est avant tout bien la connaître :

  • Faites-vous expliquer les objectifs fixés avec le médecin traitant (hémoglobine glyquée, tension artérielle, lipides, poids etc.)
  • Apprenez à reconnaître les premiers signes d’hypoglycémie, d’acidocétose.
  • N’hésitez pas à échanger avec les professionnels de santé : interrogez-les sur votre maladie et notez les questions que vous vous posez entre 2 consultations.

Concernant votre traitement :

  • Respectez le rythme des consultations et des contrôles biologiques.
  • Mettez en pratique les conseils d’hygiène de vie (perte de poids notamment).
  • Suivez attentivement votre prescription médicale et ne modifiez pas la prise des médicaments.
  • Pour une bonne efficacité de votre traitement, respectez-le et apprenez à adapter éventuellement l’insuline selon le résultat des tests glycémiques.
  • Signalez tout effet indésirable.
  • Ne prenez aucun autre médicament sans en référer à votre médecin ou à votre pharmacien.
  • Si vous devez subir des soins, signalez au professionnel de santé la nature de votre traitement.

Autres cas de consultation :

  • Consultez sans attendre votre médecin traitant devant l’apparition de symptômes anormaux qui vous inquiètent : fièvre, plaie, douleurs au niveau du thorax…
  • Demandez un soutien psychologique si vous en ressentez le besoin.
Vaccination contre la grippe

Se faire vacciner contre la grippe saisonnière permet de limiter le risque d'infection susceptible de déséquilibrer votre diabète. L'Assurance Maladie prend en charge votre vaccin à 100 %.

« Je tire mon chapeau aux infirmiers sophia ! »

« Mon diabète, je ne le ressens pas vraiment au quotidien » admet Nicole, 66 ans. Diabétique depuis 2007, elle s’est inscrite au service sophia il y a près de 4 ans « même si, au début, j’avoue que je ne voyais pas trop l’utilité d’être accompagnée par téléphone… »

Prise de conscience progressive

Le service sophia est d’abord fondé sur un accompagnement régulier au téléphone par des infirmiers-conseillers en santé. « J’étais réticente, » précise-t-elle, « mais j’écoutais quand même les infirmiers quand ils m’appelaient. » La fréquence des appels et leurs contenus sont déterminés en fonction de la situation de chaque personne. Nicole est régulièrement appelée par les infirmiers sophia et, petit à petit, l’accompagnement téléphonique a commencé à prendre du sens. « À chaque nouvel appel, nous abordions quelque chose qui m’interpellait dans la gestion de mon diabète. J’ai peu à peu pris conscience que c’était une maladie qui pouvait avoir de graves conséquences. »

Dialogue enrichi avec le médecin

Par son expérience, Nicole décrit concrètement l’objectif visé par le service sophia : un soutien et une écoute dans la durée pour une meilleure qualité de vie, en plus du suivi assuré par le médecin traitant. « Les échanges ont avancé doucement jusqu’à ce que je me mette moi aussi à poser des questions aux infirmiers, par exemple sur les soins des pieds. Puis je poursuis ce dialogue avec mon médecin. » Elle insiste sur les qualités d’écoute et l’intérêt du suivi réalisé par les infirmiers sophia : « à chaque appel, si j’évoque de moi-même un sujet concernant mon diabète, un autre infirmier à l’appel suivant prend le relais en douceur pour savoir où j’en suis. Et jusqu’à présent mon diabète est bien équilibré ».

Engagement et bienveillance

« Je suis impressionnée par l’engagement des infirmiers sophia, » poursuit Nicole. « Ils sont bienveillants, à l’écoute… et persévérants aussi ! » Le journal « sophia et vous » et les livrets Repères lui sont-ils utiles ? « Je les ouvre et les regarde, mais j’avoue que je ne lis pas toujours tout en entier ! » concède Nicole. « Tous ces moyens d’informations sur la maladie et sa prise en charge au quotidien sont très utiles. C’est grâce à des aides de ce type que les gens ne baissent pas les bras, continuent à être sensibilisés et mobilisés pour agir pour leur santé. »

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Diabète de type 1 (DID). Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 27 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée - Diabète de type 1 et diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 27 octobre 2016]
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques (CEEDMM). Diabète sucré de type 1. Site internet : campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Diabète sucré de type 1. Site internet : campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 27 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 2 – Vivre avec un diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • National Health Service (NHS). Type 2 diabetes. Site internet : NHS choices. Londres ; 2016 [consulté le 27 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide parcours de soins - Diabète de type 2 de l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 3 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide - Affection de longue durée - Diabète de type 1 de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 1 de l’adulte – Vivre avec un diabète de type 1. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • HAS : Suivi du patient diabétique à l’exclusion du suivi des complications. Janvier 1999.