Obésité : traitement médicamenteux et chirurgical

26 juillet 2018
Lorsqu'une personne souffre d'obésité, il est utile parfois d’associer aux mesures hygiénodiététiques, des médicaments, un suivi psychologique, voire même une prise en charge chirurgicale. Pour cela, divers professionnels de santé l'accompagnent : diététicien(ne), médecin nutritionniste, psychologue, chirurgien etc.

Surpoids et obésité : médicaments et suivi médical

Un traitement médicamenteux d’appoint par orlistat en cas de surpoids peut être prescrit pour lutter contre la prise de poids. Toutefois, il n’est pas recommandé en raison de son efficacité modeste et de ses effets secondaires, notamment digestifs, parfois très graves. S’il est utilisé, il ne peut en aucun cas remplacer des mesures diététiques ni l’activité physique.

Tout usage de médicaments n’ayant pas d’autorisation de mise sur le marché dans le surpoids et l’obésité est proscrit.

N’hésitez pas à parler de vos difficultés à votre médecin traitant : il vous aidera, ou vous adressera à d’autres professionnels (psychologue, psychiatre, etc.)

Un suivi nutritionnel par une diététicienne peut vous aider. Elle vous conseillera pour équilibrer votre alimentation et pour la composition de vos repas.

Un accompagnement psychologique par un professionnel de santé est parfois utile. Il peut aider à améliorer l’estime de soi et la motivation à perdre du poids. Une peut être utile dans certains cas. Il s'agit d'un travail sur le comportement et les pensées, opinions et croyances, que l'on appelle les cognitions. Cette thérapie ne cherche pas l'origine des problèmes mais vise à traiter les manifestations visibles. C’est une courte, visant toujours à la résolution d’un problème précis. Pour cela, elle agit concrètement sur les comportements problématiques, en cherchant à modifier les pensées (cognitions) et les émotions (ex. : angoisse).

Par ailleurs, n’hésitez pas à contacter des associations de patients qui sont à votre écoute et sauront vous épauler.

La chirurgie bariatrique, traitement de dernier recours de l'obésité

La chirugie de l'obésité : pour qui ?

Dans les cas d’obésité extrême, il existe une solution chirurgicale, appelée chirurgie bariatrique.

La chirurgie de l'obésité connaît un développement rapide en France. 240 000 interventions ont été réalisées entre 2006 et 2014 et 450 000 sont prévues entre 2006 et 2017.

La chirurgie bariatrique est réservée aux personnes :

Cette intervention chirurgicale ne peut être envisagée que si la personne a tenté, sans succès, de perdre du poids grâce à une prise en charge médicale spécialisée de plusieurs mois (avec suivi diététique, activité physique et prise en charge psychologique).

La décision d’opérer est l’aboutissement de discussions entre le médecin traitant, le chirurgien, l’endocrinologue, le nutritionniste, le psychologue ou psychiatre : elle est prise de manière collégiale.

Plusieurs techniques opératoires en cas de chirurgie de l'obésité (chirurgie bariatrique)

Différentes techniques opératoires sont possibles en cas d'obésité :

  • Les interventions chirurgicales dites restrictives limitent la capacité d’ingérer des aliments. Elles réduisent le volume susceptible de recevoir des aliments :
    • pose d’un anneau gastrique ajustable,
    • ablation partielle de l’estomac (gastrectomie longitudinale appelée Sleeve gastrectomy).
  • L'opération dite mixte associe la restriction gastrique à la création d’une dérivation du tube digestif (Bypass). Elle relie la partie haute de l'estomac à la partie centrale de l'intestin grêle. Elle consiste ainsi à "court-circuiter" une partie de l’estomac et de l’intestin, empêchant ainsi l’absorption des aliments.

Ces interventions sont le plus souvent pratiquées sous . Elles ne sont pas anodines : elles exigent une bonne préparation physique et psychologique. Elles requièrent également un bon suivi post-opératoire et un programme d’éducation au plan diététique et de l’activité physique.

La reprise des activités après chirurgie pour obésité

Reprise des activités sportives et de loisir

Durant 2 à 3 semaines après l’intervention chirurgicale pour obésité, il est conseillé d’éviter la natation. Ne reprenez une activité physique qu’entre la 2e et la 4e semaine selon un programme personnalisé dont vous aurez discuté avec votre médecin.

Reprise du travail

Si vous exercez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous est prescrit après la chirurgie bariatrique pour obésité. Sa durée dépend :

  • de l’importance de votre obésité ;
  • de la nature de votre travail : activité sédentaire ou port de charges plus ou moins lourdes... ;
  • de votre état de santé et de votre âge ;
  • de l’acte chirurgical effectué, celui-ci pouvant être associé à un autre acte : cure de hernie... ;
  • des suites opératoires : complications chirurgicales, difficultés à la reprise de l’alimentation, fatigue...

Ainsi un arrêt de 2 semaines peut être suffisant en cas de pose d’un anneau gastrique sous chez une personne ayant un travail sédentaire, ou peu physique. A contrario, 4 semaines sont utiles en cas de port de charges de plus de 25 kg.

Pour les interventions plus importantes : court-circuit ou gastrectomie partielle, l’arrêt peut aller de 3 à 4 semaines selon l’activité professionnelle.

Une adaptation de reprise du travail peut être nécessaire : mi-temps thérapeutique sur une courte période, adaptation du poste de travail... En cas d'arrêt de plus de 30 jours, une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire.

Suivi médical à vie après chirurgie de l'obésité

Pour que les bénéfices de la chirurgie bariatrique chez les personnes obèses soient durables et pour éviter l'apparition d'effets secondaires (carence en fer, en calcium, en vitamine D, dénutrition, mauvais fonctionnement du montage chirurgical...), un suivi médical des patients est indispensable.

Le suivi est organisé par le médecin traitant en coordination avec l'équipe médicochirurgicale. Il est prolongé à vie et comporte :

  • quatre consultations auprès de l'équipe médicochirurgicale (chirurgien, endocrinologue), la première année, puis une à deux par an les années suivantes ;
  • des consultations régulières chez le médecin-traitant.

Une supplémentation systématique en vitamines et particulièrement vitamines D et B 12, en fer est indispensable après un By-pass ou une Sleeve gastrectomy et décidée selon les résultats biologiques après la pose d'un anneau gastrique.

Si vous avez bénéficié d'une chirurgie bariatrique pour obésité, ne négligez pas votre suivi médical, indispensable pour votre santé.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Surpoids et obésité chez l’adulte : prise en charge médicale de premier recours. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2011 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Le Centre d'analyse stratégique. Nouvelles approches de la prévention en santé publique – L’apport des sciences comportementales, cognitives et des neurosciences. Contre l’obésité, prévenir précocement et différemment.Site internet : La documentation française. Paris ; 2010 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Plus d'activité physique et moins de sédentarité pour une meilleure santé. Site internet : Anses. Maisons-Alfort (France) ; 2017 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Obésité : prise en charge chirurgicale chez l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2009 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Chirurgie de l'obésité chez l'adulte. Informations pour le médecin traitant. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2009 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Rapport d’expertise sur l’évaluation des risques liés à l’utilisation de produits de santé à des fins d’amaigrissement. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2012 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Indicateurs pour l’amélioration de la qualité et la qécurité des soins. Chirurgie de l’obésité chez l’adulte : prise en charge préopératoire minimale. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2016 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Orlistat (Alli®, Xenical®) : Mise en garde concernant le risque d’hépatotoxicité – Point d'information. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2011 [consulté le 13 juillet 2018]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail. Chirurgie de l’obésité morbide, après avis de la Haute Autorité de santé. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2013 [consulté le 13 juillet 2018]