La prise en charge de l'infertilité

25 avril 2017
Le bilan d'infertilité permet à l'équipe médicale de définir les modalités d'une prise en charge adaptée au couple.

Le traitement de l'infertilité

Le bilan d'infertilité du couple est essentiel. Il est analysé par une équipe de médecins. Il permet d'évaluer le délai souhaitable pour une prise en charge, les chances de conception naturelle et propose une prise en charge adaptée au couple.

En l'absence d'anomalies, le but est de rassurer le couple et de dédramatiser la situation.

Quel que soit le projet thérapeutique, le médecin propose, si nécessaire, une meilleure hygiène de vie :

  • Le sevrage tabagique de la femme est souhaitable car le tabac diminue la fertilité naturelle et a un effet négatif en cas de FIV (fécondation in vitro). De même le tabagique est recommandé chez l’homme avant toute AMP (aide médicale à la procréation).
  • La perte de poids en cas d’obésité : l’obésité diminue les chances de grosses par fécondation in vitro et augmente le risque de complications lors de la grossesse.
  • La fréquence des rapports sexuels : une fréquence de un jour sur deux pendant la période de fertilité assure les meilleures chances de . Des rapports sexuels quotidiens n’augmentent pas les chances de conception.
  • Conseils hygiéno–diététiques :
    • Alimentation :
      • Il est proposé à la femme de diminuer sa consommation de café (ou équivalent en caféine apporté par d’autres boissons) si la consommation est supérieure à 5–6 tasses par jour (surtout si elle est associée à la consommation de tabac).
      • Il lui est conseillé d’adopter un régime alimentaire équilibré.
    • Activité physique :
      • La femme doit éviter les exercices physiques intenses et réguliers.
      • Pour l’homme : il est recommandé d’éviter de porter des pantalons trop serrés qui compriment les testicules provoquant une augmentation de la température testiculaire nuisible à la production des spermatozoïdes. Il est recommandé d’éviter l’exposition aux pesticides et polluants organo-chlorés.

Il s'agit de la stimulation ovarienne, utilisée en cas de troubles de l'. Elle consiste à provoquer l' avec des médicaments. En pratique, la prise d'un médicament, comme le citrate de clomifène, stimule et déclenche une .

Les risques de grossesses multiples et de prématurité sont augmentés après stimulation ovarienne.

Il est envisagé lorsqu'il existe une cause "opérable" à la stérilité :

L'assistance médicale à la procréation

L'assistance médicale à la procréation (AMP) est conduite par une équipe médicale, dans des centres agréés.

L'AMP comporte trois techniques différentes, selon les résultats des examens complémentaires et l'origine de la stérilité, masculine, féminine ou du couple.

La technique

Proposée en première intention, cette technique consiste à mettre en rapport un ou deux obtenus par stimulation ovarienne et des spermatozoïdes introduits directement dans l'utérus. L'insémination artificielle ne nécessite pas d'hospitalisation. Les spermatozoïdes sont déposés à l'intérieur de l'utérus à l'aide d'une pipette. Ensuite, la fécondation se fait selon le processus naturel, dans le corps de la femme.

L'insémination permet d'éviter le contact avec la , au niveau du col. Pour y avoir recours, les trompes doivent être en bon état.

Le sperme est recueilli par masturbation ou, parfois, par biopsie des testicules ou prélèvement dans l'épididyme. En cas de stérilité d’origine masculine, on a recours au sperme de donneur.

Les indications

Les médecins proposent cette technique en cas de dysfonctionnement de la ou lorsque le sperme est pauvre en spermatozoïdes, ou encore quand leur mobilité est diminuée (les anomalies spermatiques doivent cependant être modérées). L'insémination peut être proposée en cas d'infertilité inexpliquée.

La technique

Elle consiste à féconder un ovocyte avec un "in vitro", c'est–à–dire en dehors du corps de la femme, puis à implanter l'œuf fécondé dans l'utérus.

Comme pour l'insémination, la FIV nécessite une stimulation ovarienne pour permettre la croissance et la maturation de plusieurs . Ces sont recueillis par voie vaginale, sous contrôle échographique, sous anesthésie locale ou générale. Les et les spermatozoïdes préparés sont mis en contact.

Puis, les spermatozoïdes viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l'ovocyte : c'est le processus naturel de la fécondation mais celle–ci se fait in vitro.

Deux à cinq jours après, un ou deux embryons sont introduits dans l'utérus, sous contrôle échographique.

Les indications

Les médecins proposent la FIV lorsqu'il existe une obstruction ou une absence de trompes, une , des anomalies constatées au spermogramme ou lorsque la stérilité est inexpliquée.

La technique

Également appelé ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection), la fécondation in vitro par micro–injection consiste à introduire un seul dans chaque ovocyte, à l'aide d'un microscope et d'une pipette : 48 heures après, un à deux embryons sont introduits dans l'utérus.

Les indications

Cette technique est indiquée lorsqu'il existe des anomalies sévères des spermatozoïdes, en cas d'auto–immunisation (anticorps dirigés contre les spermatozoïdes) ou d'échec de la FIV classique.

En 2013, 23 651 enfants sont nés grâce à l’Assistance Médicale à la Procréation.

L'assistance médicale à la procréation est multiple :

  • Dans 95 % des cas, il s'agit d'une AMP intra–conjugale : les et les spermatozoïdes sont ceux du couple.
  • Dans les autres cas, du fait d’un défaut de qualité ou du nombre des gamètes, ou du risque de transmission d’une maladie génétique, les tentatives font appel à des spermatozoïdes ou des , issus d’un don.
  • Beaucoup plus rarement, et lorsque les deux membres du couple présentent une infertilité, l'accueil d'embryons congelés d'un couple donneur qui n'a plus de projet parental et qui consent à l'accueil peut être proposé à ce couple.
Prise en charge des actes de procréation médicalement assistés

Les bilans et les soins pour stérilité peuvent être pris en charge à 100 %, demandez conseil à votre médecin traitant. Les actes de procréation médicalement assistés sont pris en charge jusqu'au 43e anniversaire de la femme, sous accord préalable.

Sont pris en charge :

  • une seule insémination artificielle par cycle, avec un maximum de six pour obtenir une grossesse ;
  • quatre tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse.
Sources
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Infertilité du couple : conduite de la première consultation. Site internet : campus d'endocrinologie de l'université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 6 janvier 2016]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Recommandations pour la pratique clinique. La prise en charge du couple infertile ; 2010
  • Bilan actualisé de l’infertilité en 2011 Ph. Merviel, E. Lourdel, R. Cabry, M. Brzakowski, V. Boulard, F. Brasseur, A. Devaux, H. Copin Centre d’AMP, Pôle Femme–Mère–Enfant, CHU Amiens Site les JTA. Paris
  • Huyghe E, Izard V, Rigot JL, Pariente JL, Tostain J, les membres du comité d'andrologie de l'association française d'urologie. Évaluation de l'homme infertile : recommandations AFU 2007. Prog Urol. 2008;18(2):95–101.
  • Agence de la biomédecine. L'infertilité. Site internet : Assistance médicale à la procréation. Saint–Denis (France) ; 2015 [consulté le 6 janvier 2016]