Le bilan médical de la stérilité ou infertilité

05 septembre 2018
Une consultation médicale pour infertilité s'envisage, le plus souvent, lors de l'absence de grossesse au bout d'une ou deux années de rapports sexuels réguliers. Ce délai peut être plus court en fonction de l'âge et des problèmes médicaux antérieurs du couple.

La première consultation médicale en cas d'infertilité

Une consultation médicale devient nécessaire lorsqu'un couple n'arrive pas à concevoir un enfant après 12 à 24 mois de rapports réguliers (deux ou trois fois par semaine) aux périodes propices, en l'absence de contraception.

Cette consultation a lieu beaucoup plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l'homme ou la femme.

Cette consultation permet :

  • de confirmer le diagnostic d'infertilité par son ancienneté ;
  • de retrouver une cause parfois simple d'infertilité qui peut être facilement modifiée (par exemple : mauvaise connaissance des processus de la fécondation et des périodes de ) ;
  • d'envisager, après un examen médical du couple, les examens complémentaires nécessaires.

La consultation médicale nécessite la présence des deux membres du couple, tous deux concernés par l'exploration de l'infertilité.

En premier lieu, le médecin recherche l'existence de facteurs favorisant l'infertilité féminine ou masculine :

  • l'âge ;
  • pour la femme : l'âge de la puberté, la régularité des cycles menstruels, le passé gynécologique (fausses couches, IVG...) ;
  • le passé médical et chirurgical pouvant avoir un impact sur la fertilité (traitement d'une cryptorchidie, d'un fibrome utérin, d'une endométriose par exemple) ;
  • l'existence d'une maladie chronique actuelle (diabète...) ;
  • l'existence d'une maladie génétique ou d'une difficulté à concevoir un enfant chez des parents proches ;
  • le mode de vie :
    • le travail (exposition à des composés toxiques sur la reproduction, comme les solvants organiques, l'exposition à la chaleur, aux pesticides...),
    • l'environnement (produits toxiques à proximité des lieux de vie),
    • le tabagisme,
    • les addictions (drogues, cannabis, héroïne et alcool) ;
  • la vie sexuelle : date d'arrêt de la contraception et pratiques sexuelles (fréquence et régularité des rapports, troubles de la ...)

Le médecin procède ensuite à l'examen des deux membres du couple. L'examen clinique comporte un examen général, complété d'un examen gynécologique chez la femme et d'un examen des organes génitaux chez l'homme.

Les examens complémentaires de la stérilité : le bilan d'infertilité

En général, après un examen médical, le médecin prescrit tout d'abord au couple les examens les plus simples. Il peut, si nécessaire, envisager un bilan plus complet.

La prescription médicale des examens complémentaires et leur ordre de priorité dépendent des résultats de l'examen clinique et des données de l'interrogatoire.

L'analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels de la femme par la courbe de température

Elle permet au médecin d'évaluer la qualité de l' et, ainsi, de fixer les dates des examens à faire. Le médecin demande de réaliser une ou plusieurs courbes de température. La courbe de température est réalisée sur une période maximale de trois mois.
La femme est invitée à noter la température prise par un thermomètre médical, tous les matins avant le lever, à partir du premier jour des règles, et la reporter sur une courbe.

La prise de sang pour mesurer les taux hormonaux

Le médecin indique le jour où la prise de sang doit être réalisée. Ce dosage (œstradiol, , LH, FSH, prolactine et hormone anti–Mullérienne AMH qui est un marqueur de la réserve ovarienne en follicules…) permet de détecter certaines anomalies du fonctionnement ovarien ou de l'.

L'échographie pelvienne par voie endovaginale

Elle permet d'évaluer la réserve ovarienne en follicules et de rechercher certaines causes ovariennes (kystes...) et utérines (fibrome, polypes, malformations, endométriose...)

L'hystérosalpingographie (hystérographie) et

Cet examen radiologique visualise la cavité de l'utérus et les trompes au moyen d'un produit injecté dans l'utérus. Il met en évidence des anomalies de l'utérus (fibrome, polypes, utérus cloisonné...), ou une obstruction des trompes utérines, empêchant la migration de l' dans l'utérus. Il s'effectue en première partie du cycle, après les règles.

Cet examen peut être remplacé ou complété par une qui consiste à observer l'intérieur de l'utérus au moyen d'une fibre optique introduite dans la cavité utérine.

La abdomino-pelvienne

Elle permet de diagnostiquer des anomalies des trompes ou des pathologies pelviennes (ex : endométriose ...) et traiter certaines d’entre elles.

D'autres examens peuvent être nécessaires

Il s’agit de :

  • une biopsie de l'endomètre ( interne de l'utérus) effectuée dans la seconde partie du cycle ;
  • un complément de bilan hormonal (par ex dosage des androgènes en cas de suspicion des polykystiques) ;
  • une IRM de la région abdomino–pelvienne ;
  • un caryotype.

La prescription des examens complémentaires chez l'homme dépend des résultats de l'examen clinique et des données de l'interrogatoire.

Le spermogramme

Cet examen est indispensable car il permet d'identifier la plupart des infertilités masculines. Pratiqué en laboratoire, il consiste à recueillir du sperme par masturbation, après trois à cinq jours sans rapport sexuel afin d'obtenir un sperme riche en spermatozoïdes. Le sperme est alors examiné au microscope afin d'effectuer une numération des spermatozoïdes et d'observer leur morphologie. Un nombre insuffisant de spermatozoïdes, ou la prédominance de spermatozoïdes de morphologie anormale peut être à l'origine de la stérilité.

Le spermogramme ne doit pas être réalisé si l'homme a de la fièvre ou prend des médicaments.

En cas d'anomalie, l'examen doit être renouvelé pour confirmer, ou non, les anomalies observées.

Cet examen peut être complété par la recherche d'un germe dans le sperme (spermoculture) ou un test de migration-survie des spermatozoïdes qui calcule la proportion des spermatozoïdes encore mobiles à 24 heures.

En cas d'anomalies de ce premier bilan, d'autres examens sont prescrits

Il s'agit :

  • d'un bilan plus poussé du sperme, à la recherche d'anticorps anti–spermatozoïdes ou d'anomalies de la composition du sperme ;
  • d'une échographie des organes génitaux (testicules, prostate) ;
  • d'un bilan hormonal (, FSH...) ;
  • d'une analyse du caryotype (ensemble des chromosomes d'une cellule) lorsqu'une infertilité d'origine chromosomique est suspectée et éventuellement des tests génétiques ;
  • d'une biopsie testiculaire.

Au moment de l', le col de l'utérus sécrète une substance transparente, la , qui permet aux spermatozoïdes de remonter dans l'utérus.

L’examen consiste à prélever de la au cours d'un examen gynécologique réalisé dans les six à douze heures qui suivent un rapport sexuel.

L'objectif de cet examen est de s'assurer de :

  • la qualité de la de la femme,
  • la présence et la mobilité des spermatozoïdes de l'homme dans celle-ci.

Il permet d’étudier l’interaction glaire-spermatozoïdes et de rechercher des anomalies : insuffisance de la glaire et/ou du sperme, suspicion d’anomalies immunologiques en présence d’une glaire et d’un sperme normaux.

Sources
  • Agence de la biomédecine. L'infertilité. Site internet : Assistance médicale à la procréation. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 5 septembre 2018]
  • Société française d'endocrinologie. Infertilité du couple : conduite de la première consultation. Site internet : SFE. Paris ; 2015 [consulté le 5 septembre 2018]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. L'infertilité. Site internet : CNGOF. Paris ; 2016 [consulté le 5 septembre 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Assistance médicale à la procréation (AMP). Des techniques pour aider les couples infertiles. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 5 septembre 2018]