Le diagnostic de la stéatose hépatique et de la stéato-hépatite non alcooliques

14 novembre 2019
Les personnes présentant une stéatose hépatique ou une stéato-hépatite non alcoolique ne ressentent généralement aucun symptôme particulier. Le diagnostic ne peut être posé qu’après plusieurs examens : évaluation d’un surpoids, bilan sanguin, échographie abdominale, etc.

Les circonstances de découverte d’un "foie trop gras" ou stéatose hépatique non alcoolique

La stéatose hépatique non alcoolique est généralement asymptomatique (sans aucun symptôme particulier). Il peut arriver parfois que la personne ressente de vagues symptômes de fatigue, des malaises ou une gêne abdominale.

C'est pourquoi, cette maladie est recherchée chez les personnes présentant :

  • un diabète de type 2 ;
  • une obésité, surtout en cas d’obésité morbide (l’indice de masse corporelle - IMC - est > 35) et d’obésité abdominale ;
  • un syndrome métabolique ;
  • des apnées du sommeil ;
  • une élévation chronique des hépatiques, remarquée lors d’une prise du sang avec dosage de l’aspartate aminotransférase (AST) et de l'alanine aminotransférase (ALT) ;
  • une hyperferritinémie, découverte lors d’une prise du sang.

Le diagnostic de la stéatose hépatique et de la stéato-hépatite non alcooliques

Afin d’établir le diagnostic de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD - Non Alcoholic Fatty Liver Disease) ou de stéato-hépatite non alcoolique (NASH - Non Alcoolic Steato Hepatitis), le médecin traitant :

  • doit connaître la consommation d’alcool du patient et la prise de médicaments propice à la stéatose hépatique ;
  • calcule son IMC ;
  • recherche les symptômes d’une hypertension artérielle (HTA) ;
  • prescrit généralement des examens complémentaires.

Une consommation d’alcool très faible ou inexistante

Le diagnostic de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD - Non Alcoholic Fatty Liver Disease) ou de stéato-hépatite non alcoolique (NASH - Non Alcoolic Steato Hepatitis) ne peut être posé que si la consommation d’alcool est très faible, soit :

  • moins de 20 g/jour chez les femmes ;
  • moins de 30 g/jour chez les hommes.

Cette information est indispensable car il n’existe, à ce jour, aucun examen diagnostic permettant de distinguer avec certitude une atteinte hépatique alcoolique d’une atteinte hépatique non alcoolique.

Par ailleurs, le médecin traitant interroge son patient sur la prise de médicaments pouvant être en cause dans une stéatose : les corticoïdes, l’amiodarone, le , etc.

La recherche d’un surpoids ou d’une obésité

Connaitre le poids et la taille du patient permet de calculer son IMC (= poids / taille2), l’objectif étant de rechercher un surpoids ou une obésité.

Calculer votre IMC - Indice de masse corporelle

cm
kg

Votre IMC : -
Corpulence normale (18.5 < IMC < 25)
Poids compris entre

Si le résultat de l’IMC se situe entre :

  • 25,0 et 29,9 kg/m², il existe un surpoids ;
  • 30,0 et 34,9 kg/m², il s’agit d’obésité modérée ;
  • 35,0 et 39,9 kg/m², il s’agit d’une obésité sévère ;
  • plus de 40 kg/m², on parle d’obésité massive.

Le tour de taille est un autre indicateur, donnant une image simple de l’excès de graisse accumulée au niveau de l’. Cette mesure doit être réalisée dans des conditions précises :

  • sans vêtements, directement sur la peau ;
  • debout, les pieds joints, avec les bras relâchés de chaque côté du corps ;
  • à la fin d'une expiration normale ;
  • en plaçant un mètre ruban horizontalement, à mi-distance entre la partie inférieure de la dernière côte et la partie la plus haute de l’os du bassin.

Le tour de taille est jugé élevé s’il est >ou = à :

  • 80 cm pour une femme ;
  • 94 cm pour un homme.

Mesure du tour de taille

 surpoids et tour de taille

La recherche d’une HTA

Afin de rechercher une éventuelle hypertension artérielle, le médecin traitant doit mesurer la tension à l’aide d’un tensiomètre électronique dont le brassard est adapté à la taille du bras.

La tension artérielle doit être mesurée au moins 2 fois de suite au cours d’une même consultation. La fréquence cardiaque (nombre de battements du cœur par minute) est également mesurée.

Cette mesure se fait tout d’abord en position assise ou couchée, après 3 à 5 min dans le calme et le repos.

La tension artérielle est ensuite mesurée debout, après 1 à 3 min de maintien de la position debout, afin de rechercher une chute anormale de la tension artérielle. Dans ce cas, on parle d'.

Lors de la première consultation, la tension doit être prise aux 2 bras. Si la mesure diffère d’un bras à l’autre, de nouvelles mesures seront faites sur le bras donnant le résultat le plus élevé.

Le chiffre de tension retenu est la moyenne des chiffres trouvés.

Le diagnostic d'HTA est confirmé par le médecin traitant grâce à de nouvelles prises de la tension, lors de consultations rapprochées (3 consultations en 3 à 6 mois).

On parle d’hypertension artérielle si l'on constate, à plusieurs reprises, les résultats suivants :

  • le 1er chiffre est = ou > à 14 cmHg (140 mmHg), quel que soit le 2nd chiffre ;
  • le 2nd chiffre est = ou > à 9 cmHg (90mmHg), quel que soit le 1er chiffre.

Quels examens pour faire le diagnostic stéatose hépatique ou de stéato-hépatite non alcoolique ?

Le bilan sanguin

Le médecin traitant prescrit une prise de sang qui permet d’établir :

  • la formule sanguine. Elle détermine le nombre de cellules sanguines (globules rouges, globules blancs et plaquettes) et leurs caractéristiques ;
  • le dosage de la glycémie (taux de sucre dans le sang) ;
  • le dosage des hépatiques. Ce bilan hépatique comprend les mesures de l’alanine amino transférase (ALAT), l’aspartate amino transférase (ASAT) et le gamma-GT (GGT) ;
  • un bilan lipidique pour mesurer le cholestérol total, le HDL-cholestérol, le LDL-cholestérol ;
  • le test d’insulinorésistance afin de déterminer l’index HOMA (de l’anglais, Homeostasis Model Accessment of resistance) ;
  • un bilan du fer.

Si les résultats de cette prise de sang montrent des anomalies, un autre bilan sanguin vient le compléter pour déterminer les sérologies des hépatites B et hépatite C qui pourraient, dans leur forme chronique, expliquer le problème hépatique.

Les autres examens permettant de poser le diagnostic de stéatose hépatique non alccolique ou de stéato-hépatite non alcoolique

Plusieurs examens complémentaires permettent au médecin traitant de confirmer le diagnostic de la stéatose hépatique.

L’échographie abdominale permet de voir la structure du foie et recherche une .

Si une du foie est suspectée, d’autres examens peuvent être demandés, mais ne sont pas remboursés par l‘Assurance Maladie :

  • les marqueurs sériques de , mesurés grâce à une prise de sang ;
  • la mesure de l'élasticité et de la du foie, à l'aide d'un appareil à . Cet examen n'est pas invasif et totalement indolore. En cas d’obésité du patient, une sonde adaptée est utilisée.

Une biopsie hépatique peut être effectuée. Cet examen reste, en théorie et à ce jour, le seul permettant de faire le diagnostic de certitude pour la NASH (on parle alors de diagnostic histologique) et d’apprécier la gravité de l’atteinte du foie. Cette n’est pratiquée que lorsque cela est indispensable car il s’agit d’un acte pouvant avoir des complications (douleurs, hémorragie, infection, etc.). Les prélèvements font l’objet d’une .
Les lésions du foie observées sur les tissus hépatiques prélevés par biopsie sont :

  • la simple stéatose hépatique (NAFLD - Non Alcoholic Fatty Liver Disease). Le résultat des examens montre que plus de 5 % des (cellules du foie) ont des vacuoles graisseuses ;
  • la stéato-hépatite non alcoolique (NASH - Non Alcoolic Steato Hepatitis). En plus de l’accumulation des graisses dans le foie, il existe des lésions d’inflammation, une destruction des cellules du foie et l’apparition d’une , voire d’une cirrhose.

Le bilan complémentaire de la stéatose hépatique et de la stéatohépatite non alcooliques

Lorsque qu’une stéatose hépatique ou une stéato-hépatite non alcoolique est diagnostiquée, il est nécessaire de compléter le bilan de santé afin de rechercher :

  • un diabète de type 2 ;
  • d’éventuelles maladies cardiovasculaires (angine de poitrine, artérite des membres inférieurs, etc.) en évaluant le risque cardiovasculaire ;
  • un syndrome d’apnée du sommeil ;
  • une hypothyroïdie ;
  • une ostéoporose ;
  • un syndrome des polykystiques.

    Qu’est–ce que le syndrome des polykystiques ?

    Il s’agit d’un trouble hormonal touchant plus de 5 % des femmes en âge de procréer, et causant différents symptômes, tels que :

    • des kystes ovariens multiples (plus de 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre, sur au moins un ovaire), visibles à l'échographie ;
    • une et des règles rares ou absentes (), voire infertilité ;
    • une pilosité excessive liée à un taux élevé de certains androgènes (hormones mâles).

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