Le traitement de la spondylarthrite ankylosante

26 juin 2017
Pour lutter contre la douleur, le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des antalgiques ou des corticoïdes. Si ces médicaments sont insuffisants, un traitement de fond est administré sous stricte surveillance médicale.

Une prise en charge globale

La spondylarthrite ankylosante nécessite une prise en charge globale comprenant :

  • un traitement médicamenteux ;
  • des soins de rééducation et de réadaptation ;
  • des mesures sociales et professionnelles.

Tous ces éléments sont aussi importants les uns que les autres pour :

  • lutter contre la douleur liée à l'inflammation ;
  • éviter l'enraidissement et prévenir d’éventuelles complications ;
  • améliorer votre qualité de vie.

L’équipe médicale assurant la prise en charge se compose du médecin traitant, et éventuellement, d'autres professionnels de santé :

  • rhumatologue ;
  • spécialiste de médecine physique et de réadaptation ;
  • masseur-kinésithérapeute ;
  • pédicure-podologue ;
  • chirurgien orthopédique ;
  • spécialiste d’ergothérapie ;
  • ophtalmologiste, dermatologue ou gastro-entérologue (dans certaines formes de spondylarthrites).

Si le diagnostic de spondylarthrite ankylosante est confirmé, votre médecin traitant peut faire une demande de prise en charge à 100 % au titre d'une affection de longue durée. En fonction de certains critères, l’Assurance Maladie vous remboursera peut-être en totalité les soins concernant votre maladie, dans la limite des tarifs conventionnés.

Les traitements médicamenteux de la spondylarthrite ankylosante

La posologie diffère en fonction du traitement et de chaque patient.

Le prescrit par le médecin agit rapidement contre la douleur. Il peut varier selon la forme et la sévérité de la spondylarthrite ankylosante.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou "AINS"

Ils représentent le traitement de base de la maladie, et dans de nombreux cas, le seul médicament prescrit. Ils ont souvent une grande efficacité contre les douleurs, les réveils nocturnes et la raideur articulaire matinale.

Les antalgiques

Ils aident également à lutter contre la douleur.

Les corticoïdes ( )

Ces médicaments peuvent être utilisés de trois manières différentes pour lutter contre l’inflammation. Ils sont utilisés soit directement en injection dans la zone douloureuse (infiltrations), soit par voie orale lorsqu’il est nécessaire d’arrêter les AINS.

Le suivi médical permet au médecin d’adapter le traitement selon son efficacité. Par exemple, il est parfois nécessaire d'essayer plusieurs AINS avant de trouver celui qui vous convient le mieux. Le médecin indique également à son patient les précautions à prendre et les signes anormaux qui doivent l'alerter en cours de traitement.

Lorsque les premiers médicaments prescrits n’atténuent pas suffisamment la douleur, le médecin prescrit un (en concertation avec un rhumatologue) pour diminuer, voire supprimer les crises douloureuses et pour contrôler l'évolution de la maladie. Ces traitements agissent après plusieurs semaines.

Le choix du traitement dépend avant tout de la forme de la maladie :

  • la sulfasalazine, le léflunomide et le peuvent être utilisés après échec du en cas d’atteinte des zones périphériques (articulations des membres) ;
  • les anti-TNF alpha correspondent à une nouvelle génération de (infliximab, étanercept, etc.) Ils sont indiqués dans toutes les formes de spondylarthrite mais seulement après un bilan préalable et sous surveillance très stricte, en cas d'échec des autres thérapeutiques. Leur prescription initiale est faite à l’hôpital, et seuls des spécialistes peuvent renouveler le traitement.
Reconnaissance de la spondylarthrite ankylosante en ALD

Si votre spondylarthrite ankylosante nécessite un , votre médecin traitant peut demander sa reconnaissance en affection de longue durée (ALD).

Les examens et les soins en rapport avec l’affection sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

Les traitements non médicamenteux de la spondylarthrite ankylosante

Certaines mesures liées aux habitudes de vie font partie intégrante du traitement. La rééducation, les soins de pédicurie-podologie et parfois la chirurgie sont utiles.

L'usage du tabac entraîne des poussées douloureuses plus fréquentes et aggrave la maladie. Il est donc important d'arrêter de fumer.

Les techniques de rééducation et de réadaptation s'adressent à tous les patients, dès le début de la maladie. Elle a pour but de lutter contre les douleurs et d’accompagner la réadaptation socioprofessionnelle du patient. Elle permet aussi d'éviter l'enraidissement de la colonne vertébrale ou des articulations en mauvaise position.

Les séances évoluent selon les phases de la maladie :

  • en période de crise, le praticien utilise surtout la physiothérapie pour tenter de soulager la douleur. Il indique à son patient des postures et gestes à adopter pour lutter contre les mauvaises attitudes que l'on prend souvent lorsqu'on a mal ;
  • en période d'accalmie, le kinésithérapeute emploie surtout des techniques de renforcement musculaire et d'assouplissement. Il montre également les positions à privilégier pour éviter la déformation des articulations.

Très souvent, en accord avec le médecin ou le rhumatologue, le kinésithérapeute donne à son patient un autoprogramme adapté (exercices à pratiquer à la maison, en alternance avec les séances).

Pour être soulagé, le patient peut être amené à utiliser des béquilles ou des cannes, à porter un corset (par exemple en cas de déformation anormale de la colonne vertébrale vers l’arrière, entre les omoplates) ou un autre appareillage de repos. Ces équipements sont confectionnés pour diminuer la douleur et éviter les déformations. Des semelles orthopédiques peuvent également se révéler utiles.

Selon l'état du patient, des soins de pédicurie-podologie (confection de semelles orthopédiques par exemple) et d’ergothérapie peuvent être recommandés. L’ergothérapeute oriente le patient par exemple dans le choix ou la confection d’aides techniques ou d’aménagements de votre environnement (cuisine, sanitaires, etc.)

Un suivi psychologique est conseillé en cas de retentissement psychologique important, dans le but de mieux accepter la maladie et de mieux vivre avec.

Elle est indiquée dans certains cas, si une grosse articulation est sévèrement atteinte (ex. : mise en place d’une prothèse de hanche).

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine ; 2008 [consulté le 19 juin 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Paris ; 2014 [consulté le 19 juin 2017]
  • Wendling D, Lukas C, Paccou J, Claudepierre P, Carton L, Combe B et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondylarthrite. Rev Rhu. 2014;81(1):6-14
  • Collège français des enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation. Spondylarthrite ankylosante. Site internet : Cofemer. Paris ; 2009 [consulté le 19 juin 2017]
  • Institut National de la Santé et de la recherche Médicale. Spondyloarthrites. Site internet : Inserm. Paris ; 2015 [consulté le 19 juin 2017]