Le traitement de la spondylarthrite ankylosante

27 septembre 2018
Pour lutter contre la douleur de la spondylarthrite ankylosante, le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des antalgiques ou des corticoïdes. Si ces médicaments sont insuffisants, un traitement de fond est administré sous stricte surveillance médicale.

Les objectifs du traitement de la spondylarthrite ankylosante

La spondylarthrite ankylosante nécessite une prise en charge globale comprenant un traitement médicamenteux, des soins de rééducation et de réadaptation et des mesures sociales et professionnelles.

Tous ces éléments sont aussi importants les uns que les autres pour :

  • lutter contre la douleur liée à l'inflammation ;
  • éviter l'enraidissement et prévenir d’éventuelles complications ;
  • améliorer votre qualité de vie.

L’équipe médicale assurant la prise en charge se compose du médecin traitant, et d'autres professionnels de santé selon les besoins : rhumatologue, spécialiste de médecine physique et de réadaptation, ophtalmologiste, dermatologue ou gastro-entérologue, chirurgien orthopédique, masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue, ergothérapeute...

Le traitement médicamenteux de la spondylarthrite ankylosante

Le de la spondylarthrite ankylosante

Le prescrit par le médecin agit rapidement contre la douleur. Il peut varier selon la forme et la sévérité de la spondylarthrite ankylosante.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou "AINS"

Ils représentent le traitement de base de la maladie, et dans de nombreux cas, le seul médicament prescrit. Ils ont souvent une grande efficacité contre les douleurs, les réveils nocturnes et la raideur articulaire matinale. La prise d'AINS est adaptée individuellement et elle est la plus courte possible en raison de leurs effets secondaires gastro-intestinaux et de leur toxicité rénale.

Les antalgiques

Ils aident également à lutter contre les douleurs résiduelles ou sont utilisés en cas de contre-indications aux AINS.

Les corticoïdes ()

Ces médicaments luttent contre l’inflammation. Ils sont utilisés :

  • soit directement en dans la zone douloureuse, au niveau d'une articulation,
  • soit par voie orale, à dose la plus faible possible, en courte cure, lorsqu’il est nécessaire d’arrêter les AINS.

Le suivi médical permet au médecin d’adapter le traitement selon son efficacité. Par exemple, il est parfois nécessaire d'essayer plusieurs AINS avant de trouver celui qui vous convient le mieux. Le médecin indique également à son patient les précautions à prendre et les signes anormaux qui doivent l'alerter en cours de traitement.

Le de la spondylarthrite ankylosante

Lorsque les AINS prescrits n’atténuent pas suffisamment la douleur, le médecin prescrit un (en concertation avec un rhumatologue) pour diminuer, voire supprimer les crises douloureuses et pour contrôler l'évolution de la spondylarthrite ankylosante. Ces traitements agissent après plusieurs semaines.

Le choix du traitement dépend avant tout de la forme de la maladie :

  • la sulfasalazine, le léflunomide et le peuvent être utilisés après échec du en cas d’atteinte des zones périphériques (articulations des membres) ;
  • les anti-TNF alpha correspondent à une nouvelle génération de (infliximab, étanercept, etc.) Ils sont indiqués dans toutes les formes de spondylarthrite, en cas d'échec des autres thérapeutiques, mais seulement après un bilan préalable et sous surveillance très stricte. Leur prescription initiale est faite à l’hôpital, et seuls des spécialistes peuvent renouveler le traitement.
Reconnaissance de la spondylarthrite ankylosante en ALD

Si votre spondylarthrite ankylosante nécessite un , votre médecin traitant peut demander sa reconnaissance en affection de longue durée (ALD).

Les examens et les soins en rapport avec l’affection sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

Le traitement non médicamenteux de la spondylarthrite ankylosante

Certaines mesures liées aux habitudes de vie font partie intégrante du traitement de la spondylarthrite ankylosante. La rééducation, les soins de pédicurie-podologie et parfois la chirurgie sont utiles.

L'arrêt du tabac

L'usage du tabac entraîne des poussées douloureuses plus fréquentes et aggrave la spondylarthrite ankylosante. Il est donc important d'arrêter de fumer.

La kinésithérapie et les exercices à domicile

La rééducation et la réadaptation s'adressent à tous les patients, dès le début de la spondylarthrite ankylosante. Elles ont pour but de lutter contre les douleurs et d’accompagner la réadaptation socioprofessionnelle du patient. Elle permet aussi d'éviter l'enraidissement de la colonne vertébrale ou des articulations en mauvaise position.

Les séances évoluent selon les phases de la maladie :

  • en période de crise, le praticien utilise surtout la physiothérapie pour tenter de soulager la douleur. Il indique à son patient des postures et gestes à adopter pour lutter contre les mauvaises attitudes que l'on prend souvent lorsqu'on a mal ;
  • en période d'accalmie, le kinésithérapeute emploie surtout des techniques de renforcement musculaire et d'assouplissement. Il montre également les positions à privilégier pour éviter la déformation des articulations.

Très souvent, en accord avec le médecin ou le rhumatologue, le kinésithérapeute donne à son patient un autoprogramme adapté d'exercices à pratiquer à la maison, en alternance avec les séances.

Les soins de pédicurie et appareillages

Pour être soulagée, la personne présentant une spondylarthrite ankylosante peut être amenée à utiliser des béquilles ou des cannes, à porter un corset (par exemple en cas de déformation anormale de la colonne vertébrale vers l’arrière, entre les omoplates) ou un autre appareillage de repos. Ces équipements sont confectionnés pour diminuer la douleur et éviter les déformations.

Selon l'état du patient, des soins de pédicurie-podologie (confection de semelles orthopédiques par exemple) et d’ergothérapie peuvent être recommandés. L’ergothérapeute oriente le patient par exemple dans le choix ou la confection d’aides techniques ou d’aménagements de votre environnement (cuisine, sanitaires, etc.)

Un soutien psychologique

Un suivi psychologique est conseillé en cas de retentissement psychologique important, dans le but de mieux accepter la maladie et de mieux vivre avec elle.

La chirurgie

Elle est indiquée dans certains cas, si une grosse articulation est sévèrement atteinte par la spondylarthrite ankylosante (ex. : mise en place d’une prothèse de hanche lorsque l'articulation coxo-fémorale est lésée).

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Société française de rhumatologie (SFR). Spondylarthrite ankylosante. Site internet : SFR. Paris ; 2016 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Spondylarthrite ankylosante. Site internet : Université médicale virtuelle francophone . Nantes (France) ; 2011 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Wendling D, Lukas C, Paccou J, Claudepierre P, Carton L, Combe B et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondylarthrite. Rev Rhu. 2014;81(1):6-14
  • Collège français des enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation. Spondylarthrite ankylosante. Site internet : Cofemer. Paris ; 2009 [consulté le 27 septembre 2018]
  • Institut National de la Santé et de la recherche Médicale. Spondyloarthrites. Site internet : Inserm. Paris ; 2016 [consulté le 27 septembre 2018]