Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de la spondylarthrite

24 avril 2017
En présence de symptômes évocateurs de la maladie, le médecin traitant examine son patient et prescrit un bilan sanguin et des radiographies. Il peut prendre l’avis de spécialistes. Parfois, d’autres analyses sanguines et examens d’imagerie médicale se révèlent nécessaires.

Les symptômes de la spondylarthrite ankylosante

Souvent, au début de la maladie, les patients ignorent qu’ils sont atteints. En effet, la spondylarthrite ankylosante se manifeste par des poussées de douleurs dorsales qui peuvent paraître banales. De plus, ces crises durent quelques jours à quelques semaines et finissent par se calmer.

Dans ce contexte, le diagnostic peut être posé jusqu’à huit ans après le début de la maladie, ce qui retarde d’autant la prise en charge médicale.

C’est pourquoi, en cas de douleur de la colonne vertébrale, certains signes évocateurs doivent alerter le patient et l'inciter à consulter :

  • les douleurs se déclarent plutôt la nuit et réveillent la personne vers deux ou trois heures du matin ;
  • elles ne sont pas calmées par le repos ;
  • elles surviennent dans une fesse, parfois dans les deux et parfois "à bascule" ;
  • un talon (ou les deux) est douloureux le matin au réveil, et la situation s'améliore peu à peu lors de la marche ;
  • un doigt ou un orteil gonfle entièrement ;
  • une raideur articulaire est présente le matin au réveil et dure plus d'une demi-heure ;
  • les douleurs sont associées à une fatigue importante ;
  • les crises douloureuses perdurent pendant au moins trois mois, et ont tendance à durer de plus en plus longtemps.

Le diagnostic de la spondylarthrite ankylosante

Plus le diagnostic de spondylarthrite ankylosante est précoce, plus il est possible de mettre en place une prise en charge rapide et efficace. Elle a pour objectifs d'atténuer les symptômes et d'éviter les complications (notamment l'enraidissement de la colonne vertébrale ou des articulations en mauvaise position).

C’est pourquoi il est important de consulter rapidement en présence de symptômes évoquant la maladie.

Le médecin traitant examine le patient et l'interroge sur ses symptômes de manière approfondie. Il lui prescrit ensuite des examens :

  • des analyses sanguines. Elles permettent de rechercher les signes d’une éventuelle inflammation et la présence d'auto-anticorps ;
  • des radiographies. Elles aident à localiser les premières atteintes articulaires dans les zones douloureuses du corps (bassin, colonne vertébrale). Même si les résultats des radiographies sont normaux, on ne peut pas écarter totalement le diagnostic de spondylarthrite ankylosante.

Pour préciser le diagnostic, le médecin prend l'avis d'un rhumatologue.

Si les résultats du bilan initial n'apportent pas assez d'éléments, le médecin prescrit d'autres examens, en fonction des atteintes liées à la maladie :

  • une échographie des articulations (examen utilisant les ) ;
  • une IRM et/ou un scanner des articulations sacro-iliaques et du rachis.

Si le rhumatologue l’estime nécessaire, des analyses de sang complémentaires sont effectuées. Elles permettent de rechercher d’éventuelles prédispositions génétiques au développement de la spondylarthrite ankylosante (recherche du gène HLA B).

Enfin, en cas d’atteintes de la peau ou de l'œil, l’avis d'un dermatologue ou d'un ophtalmologue est parfois nécessaire.
Le diagnostic final repose sur un ensemble d'éléments obtenus grâce à ces différents bilans.

Reconnaissance de la spondylarthrite ankylosante en ALD

Si votre spondylarthrite ankylosante nécessite un , votre médecin traitant peut demander sa reconnaissance en affection de longue durée (ALD).

Les examens et les soins en rapport avec l’affection sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

 

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L'évolution de la spondylarthrite ankylosante

En début de maladie, l'évolution de la spondylarthrite ankylosante est imprévisible. Il n’y a pas de lien entre l’intensité de la douleur et le développement de l’ankylose. Les traitements actuels permettent le plus souvent de bien limiter les poussées et leurs conséquences. Un suivi médical rigoureux est indispensable pour adapter le traitement selon les phases de la maladie.

L'évolution est variable selon les patients. La maladie se développe souvent de façon très différente d’une personne à l’autre.

Parfois, la spondylarthrite reste peu évolutive et n’entraîne pas de conséquences importantes. Ces formes mineures semblent plus courantes chez les femmes.

La plupart des malades souffrent de formes intermédiaires de la spondylarthrite.

Chez d'autres patients, cette affection devient de plus en plus sévère, avec des crises de plus en plus fréquentes. Des symptômes légers peuvent même persister pendant les périodes de rémission.

L’inflammation gagne un nombre croissant d’articulations (par exemple, elle s’étend tout au long de la colonne vertébrale). Les zones atteintes peuvent s'enraidir progressivement jusqu'à l'ankylose totale, ce qui entraîne une déformation et une gêne très importantes.

Dans certains cas, à un stade avancé de la maladie, la cambrure normale de la colonne lombaire disparaît et le dos est voûté (cyphose dorsale). Lorsque les articulations périphériques sont touchées, leur mobilité peut aussi être limitée.

En cas d’atteinte de l’œil, l’apparition de cicatrices gênant la vision est possible. Pour prévenir et dépister ces complications éventuelles, une surveillance ophtalmologique est programmée.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine ; 2008 [consulté le 2 janvier 2015]
  • Société française de rhumatologie (SFR). Spondylarthrite ankylosante. Site internet : SFR. Paris ; 2007 [consulté le 25 janvier 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Paris ; 2014 [consulté le 2 janvier 2015]
  • Wendling D, Lukas C, Paccou J, Claudepierre P, Carton L, Combe B et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondylarthrite. Rev Rhu. 2014;81(1):6-14