Spondylarthrite ankylosante : définition et facteurs favorisants

26 septembre 2018
La spondylarthrite ankylosante est une inflammation chronique des articulations, caractérisée par une atteinte du rachis et du bassin. Elle se manifeste par des poussées douloureuses entrecoupées d’accalmies. Elle peut parfois évoluer vers un enraidissement des articulations touchées.

Qu’est-ce que la spondylarthrite ankylosante ?

La spondylarthrite ankylosante, aussi appelée spondyloarthrite ankylosante est une maladie inflammatoire articulaire chronique, caractérisée par une atteinte du squelette axial (colonne vertébrale et articulations sacro-iliaques du bassin).

Elle se manifeste par des crises douloureuses (dites "poussées"), alternant avec des périodes d'accalmie (dites "de rémission").

Après de nombreuses années, cette affection peut évoluer vers un enraidissement des zones touchées (ankylose). Grâce à une prise en charge précoce des patients, cette évolution est devenue rare aujourd'hui.

Les différents types de spondyloarthrite

Les spondyloarthrites représentent un vaste groupe de rhumatismes inflammatoires. Leurs symptômes peuvent être proches avec atteinte du rachis mais aussi des articulations des membres. Il est parfois difficile de les différencier.

Outre la spondylarthrite ankylosante (50 % des cas), on trouve parmi ces spondylo-arthrites :

  • les rhumatismes liés aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) ;
  • le rhumatisme lié au psoriasis;
  • les arthrites réactionnelles :
    • dans la maladie périodique : maladie héréditaire caractérisée par des poussées de fièvre, des douleurs articulaires et des douleurs abdominales pendant 2 à 3 jours,
    • dans le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter qui associe une inflammation articulaire à une atteinte urologique, oculaire et digestive,
    • dans certaines infections digestives à Yersinia (bactérie).

Qui est atteint de spondylarthrite ankylosante ?

La spondylarthrite ankylosante se déclare souvent entre 20 et 30 ans, mais parfois à l’adolescence ou à un âge plus tardif.

Plus fréquente chez l’homme, elle peut néanmoins toucher les deux sexes. Chez les patientes, on diagnostique de plus en plus de formes mineures, qui passaient complètement inaperçues auparavant.

En France, environ 180 000 personnes souffrent d’une spondylarthrite (soit 0,3 % de la population française). Les patients atteints présentent souvent en commun un terrain génétique particulier. Ils sont fréquemment porteurs du gène HLA (Human Leucocyte Antigene) B 27.

Spondylarthrite ankylosante : quelles lésions articulaires ?

La spondylarthrite ankylosante débute par une inflammation aiguë de l’enthèse (enthésite), la partie de l’os où s’insèrent les tendons, ligaments et capsules (enveloppes entourant les articulations).

Cette inflammation se résorbe en laissant une cicatrice constituée de tissus fibreux, qui va s'ossifier petit à petit. Cette ossification, visible à la radiographie, est nommée "enthésophyte".

Quels sont les facteurs favorisant la spondylarthrite ankylosante ?

Les causes de la maladie restent encore inconnues, mais les scientifiques ont repéré plusieurs facteurs favorisants.

Le terrain génétique

Il n’est pas rare que plusieurs membres d’une même famille soient atteints. En effet, certains facteurs génétiques engendreraient une prédisposition à développer une spondylarthrite ankylosante.

Par exemple, 80 à 90 % des patients qui souffrent de spondylarthrite ankylosante sont porteurs du gène HLA (Human Leucocyte Antigene) B 27, présent chez 7 à 8 % des Français. Cependant, on peut porter ce gène et ne jamais présenter la maladie, ou à l’inverse, avoir la maladie sans posséder ce gène.

Un dérèglement du

Certains facteurs, notamment la présence du gène HLA B27, semblent provoquer une mauvaise réponse immunitaire. Ainsi, dans la spondylarthrite ankylosante, le corps fabrique parfois des anticorps dirigés contre lui-même, comme dans certaines maladies auto-immunes.

Des facteurs environnementaux peut-être en cause

Le tabac et la modification durable du microbiote () sont les deux principales hypothèses avancées.

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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Société française de rhumatologie (SFR). Spondylarthrite ankylosante. Site internet : SFR. Paris ; 2016 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Spondylarthrite ankylosante. Site internet : Université médicale virtuelle francophone . Nantes (France) ; 2011 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Spondylarthrite grave. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 26 septembre 2018]
  • Wendling D, Lukas C, Paccou J, Claudepierre P, Carton L, Combe B et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondylarthrite. Rev Rhu. 2014;81(1):6-14
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Spondyloarthrites. Site internet : Inserm. Paris ; 2016 [consulté le 26 septembre 2018]