Reconnaître les signes d’alerte d’une souffrance psychologique chez un jeune

20 novembre 2020
Il importe de distinguer la souffrance psychique des jeunes à la « crise d’adolescence ». Plusieurs comportements ou actes permettent d'alerter sur le malaise d'un jeune. Il est important de savoir les reconnaître pour se faire aider.

Crise d'adolescence ou jeune en souffrance ?

Il est important de différencier « crise d'adolescence » et « jeune en souffrance ». L'adolescence est une période de grande vulnérabilité compte tenu des modifications physiques, psychiques et sociales qui s'y opèrent. Ce long processus de transition est parsemé de challenges que le jeune doit affronter pour se construire. Il s'opère, chez la majorité d'entre eux, avec des périodes de crises passagères.

Lorsque des facteurs déstabilisateurs (un deuil, une absence, un traumatisme ou encore un déménagement ou la précarité) viennent perturber cette période, ce moment essentiel de construction peut facilement créer une souffrance morale. Lorsque celle-ci est manifeste, il est important de demander de l'aide.

Or, il est des situations dans lesquelles l'adolescent ou l'adule jeune n'a pas vraiment conscience de sa propre souffrance. Certains signes peuvent aider à sonner l'alarme.

Jeune en souffrance : les signes d'alerte

Certains signes permettent d'alerter le jeune ou son l'entourage sur une possible souffrance psychique. Celle-ci se traduit par des comportements, des actes ou des dires, tels que :

  • l'incapacité à faire face aux tâches de la vie quotidienne. Le jeune ne se sent pas capable de se rendre à l'école, à l'université, sur le lieu où il suit une formation, un stage ou sur son lieu de travail. Cette incapacité peut se traduire par un absentéisme important ;
  • des difficultés à entrer en contact avec les autres. Ce handicap le pousse à l'isolement, au rejet des réunions de groupe, au refus d'avoir des relations sexuelles ;
  • la répétition des plaintes somatiques. Les adolescents ont souvent du mal à trouver les mots pour exprimer ce qu'ils ressentent, et le corps sert alors de médiateur. Des somatisations tels que des douleurs multiples ou un trouble du sommeil persistant peuvent interpeler par leur répétition et l'absence d'anomalie physique associée ;
  • la répétition des situations d'échec, qui peut se constater aux examens notamment ;
  • des actes agressifs fréquents contre soi-même. Ils se traduisent par une consommation excessive d'alcool, de cannabis, de médicaments ou autre. Ils peuvent aussi être des scarifications, des attitudes alimentaires restrictives (anorexie) ou excessives (boulimie) ou encore, une conduite automobile ou la pratique d'un sport risquée. Ils peuvent aussi aboutir à des tentatives de suicide ;
  • des actes agressifs contre les autres comme le vol, les agressions, le harcèlement, etc. ;
  • une souffrance morale liée à des traumatismes anciens comme la maltraitance physique ou morale, des agressions physiques ou sexuelles, un harcèlement subi ;
  • des interrogations qui sont sources d'angoisse, faisant que le jeune opère des modifications de son apparence physique, cherche son orientation et son identité sexuelles.

Si ces manifestations ont un retentissement sur le fonctionnement du jeune, se répètent, s'accumulent et durent plus de six mois, il est capital de chercher de l'aide.

Différencier une adolescence difficile d'une maladie débutante est parfois ardu. Mais devant un adolescent qui semble aller mal, il ne faut pas hésiter à consulter même si c'est « pour rien ». Cette option est préférable à une prise en charge tardive. En effet, une détection précoce des troubles psychiques permet d'éviter toute complication.

  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Santé mentale des adolescents. Site internet : OMS. Genève (Suisse), 2020 [consulté le 19 octobre 2020]
  • Haute autorité de santé (HAS). Manifestations dépressives à l'adolescence : repérage, diagnostic et prise en charge en soins de premier recours - Recommandation de bonne pratique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 19 octobre 2020]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Schizophrénie. Site internet : Inserm. Paris ; 2020 [consulté le 19 octobre 2020]
  • Lachal J. Santé mentale et adolescence, une période à risque - Réalités familiales. Familles et Santé mentale. 2018;120-121