Difficultés psychologiques chez les jeunes : comment se faire aider ?

20 novembre 2020
Outre son entourage ou les lignes d'écoute, un jeune en détresse psychologique peut trouver de l'aide dans diverses structures d'accueil présentes sur l'ensemble du territoire mais aussi dans son établissement scolaire ou sur son lieu de travail.

Difficultés psychologiques : l'importance de se faire aider

Dès que des difficultés psychologiques se manifestent chez un jeune, il est important de ne pas rester isolé. En dehors du cercle de la famille et des amis (qui peuvent être une aide précieuse), de nombreux moyens existent pour être à l'écoute du jeune, le conseiller, l'aider, l'orienter.

Ce peut être des lignes d'écoute téléphonique, des forums, des étudiants relais, des services médicaux présents dans les écoles ou universités, son médecin traitant, des psychologues libéraux ou structures dédiées : les Points d'accueils écoute jeunes (PAEJ), les Maisons des adolescents (MDA), le Bureau d'aide psychologique universitaire (BAPU), les Services universitaires de médecine préventives et de promotion de la santé (SUMPPS), un Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) ou encore un centre médico-psychologique (CMP).

Des personnes ressources : parents, famille, amis, associations de patients

Alors que pour les jeunes adultes, les amis sont souvent les premiers confidents, les parents sont souvent les plus compétents pour détecter et comprendre la différence entre le fonctionnement normal et la souffrance de leur adolescent. S'ils se questionnent sur d'éventuelles difficultés psychiques de leur enfant, ils ne doivent pas hésiter à en parler autour d'eux : au lycée, aux autres parents d'adolescents, à leur médecin traitant. Les autres membres de la famille peuvent aussi apporter un véritable soutien.

En outre, au cours d'un traitement ou d'une prise en charge de troubles psychiques chez un jeune, les parents sont des partenaires indispensables. Ils sont les moteurs de l'alliance avec les soignants et de l'observance des soins. Ils informent les équipes et accompagnent au quotidien leur adolescent. Sans leur adhésion au projet, l'investissement du jeune est compromis.

Par ailleurs, les associations de patients peuvent apporter de nombreuses informations et un soutien par l'écoute et l'échange d'expériences avec d'autres personnes souffrant de problèmes psychologiques.

Des lignes d’écoute

Il existe des lignes d'écoute destinées aux jeunes et à son entourage. Plusieurs d'entre elles sont regroupées sur un document mis à disposition sur le site Santé publique France.

Fil santé jeunes est destiné aux jeunes de 12 à 25 ans.

Leur site est agrémenté de dossiers sur des thématiques diverses (notamment sur le mal-être, les drogues et les addictions), d'un espace de discussion, et d’un chat.

Il est aussi possible de les appeler : 0 800 235 236, numéro d'aide anonyme accessible tous les jours de 9h à 23h.

Les bénévoles de SOS Amitié apportent une écoute et un soutien aux personnes de tout âge en détresse psychologique ou à leur entourage.

Ils assurent une permanence téléphonique tous les jours, 24h/24. L'appel et le service est gratuit. Pour les joindre : 09 72 39 40 50

Des lignes d'écoute sont proposées aux familles ou aux parents uniquement.

L'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) propose un service national d'écoute téléphonique anonyme et gratuit assuré par des psychologues : Ecoute famille Unafam.

Il est destiné aux personnes qui doivent faire face à la maladie psychique d’un proche.

Les psychologues sont joignables du lundi au vendredi, de 9h à 13h et de 14h à 18h (17h le vendredi) au 01 42 63 03 03.

Le service téléphonique Inter service parents est destiné aux parents résidant en région Île-de-France uniquement et qui rencontrent des difficultés avec leur enfant.

Des professionnels les écoutent, les conseillent et les orientent de manière anonyme et confidentielle. Ils sont disponibles du lundi au vendredi (sauf le mercredi), de 10h à 12h et de 14h à 16h au 01 44 93 44 93 au prix d'un appel non surtaxé, depuis un fixe ou un mobile.

Phare Enfants Parents est une association engagée dans la lutte contre le mal-être et la prévention du suicide des jeunes. Des bénévoles sont à l'écoute des jeunes ou des parents confrontés au mal-être et au suicide des jeunes.

Cette association est joignable par :

  • mail à [email protected] ou [email protected] ;
  • téléphone, du lundi au vendredi de 10h à 17h au 01 43 46 00 62 au prix d'un appel non surtaxé, depuis un fixe ou un mobile.

D'autres lignes d'écoute sont spécialisées sur une thématique bien précise et sont accessibles à la personne qui a besoin d'aide mais aussi à leur entourage. Les appels sont anonymes et gratuits. Il s'agit de :

  • Drogues info service : 0 800 23 13 13, tous les jours, de 8h à 2h ;
  • Tabac info service : 39 89, du lundi au samedi, de 8h à 20h. Si un contact avec un tabacologue est demandé, le service devient payant (prix d'un appel non surtaxé) ;
  • Alcool info service : 0 980 980 930, tous les jours, de 8h à 2h ;
  • Suicide Écoute : 01 45 39 40 00, tous les jours, 24h/24. Coût d'une communication locale. Ce service permet une écoute des personnes en grande souffrance psychologique ou confrontées au suicide, et de leur entourage.

Un autre service concernant le suicide est disponible tous les jours, de 13h à 23h. Il s'agit de SOS Suicide Phénix : 01 40 44 46 45.

Des lieux pour parler de ses difficultés psychiques

Il existe plusieurs structures d'accueil, de conseil ou de soins accueillant les adolescents et les jeunes adultes, qu'ils soient scolarisés ou non.

En outre, le jeune peut toujours se présenter chez :

  • l'infirmière scolaire ou l'assistant social de son établissement scolaire ;
  • l'infirmière, l'assistant social, le psychologue ou le médecin du travail de son lieu de travail ;
  • son médecin traitant qui est souvent en première ligne et peut l'orienter vers un psychologue ou un psychiatre.

Les Maisons des adolescents (MDA)

Les MDA existent sur tout le territoire. Ce type de maison est un lieu d'expression ouvert :

  • aux adolescents et aux jeunes adultes, à partir de 11-12 ans, et jusqu'à 18-21 ou 25 ans, selon les structures ;
  • à leur entourage (amis, parents, famille) ;
  • aux professionnels de l'éducation nationale, travailleurs sociaux, animateurs, formateurs, etc.

Dans une MDA, tous les sujets ou préoccupations propres à l'adolescence peuvent être abordés : le corps, la puberté, la sexualité, les relations aux autres, la famille, les amis, la violence, la consommation de drogues, le mal-être, les prises de risques, etc. Le jeune y est accueilli seul ou accompagné, anonymement, gratuitement et sans rendez-vous.

À la suite d'un ou deux entretiens avec une personne d'accueil, le jeune peut :

  • ne plus revenir si sa situation a évolué ou s'il se sent mieux ;
  • être orienté vers l'un des professionnels de la MDA : un nutritionniste, un médecin généraliste, une assistante sociale, un juriste, un psychologue, etc. ;
  • être orienté vers un travail de groupe : groupe de parole, de médiation thérapeutique (partage d'expérience autour du théâtre, de la musique ou de la peinture, etc.) ;
  • être orienté vers un autre lieu, dans lequel une prise en charge plus longue sera possible : un centre médico-psychologique (CMP), un service hospitalier spécialisé, etc.

Les parents ont également la possibilité d'être reçus et écoutés, avec ou sans le jeune, pour exprimer leurs inquiétudes ou simplement poser des questions.

Les Points accueil écoute jeunes (PAEJ)

Les PAEJ sont des petites structures de proximité présentes sur tout sur le territoire, volontairement proches des jeunes et complémentaires des MDA. Ils s'adressent en priorité aux adolescents et jeunes majeurs de 12 à 25 ans rencontrant des difficultés : conflits familiaux, violences, délinquance, consommation de produits psychoactifs, mal-être, souffrance, dévalorisation, échec, attitude conflictuelle, difficultés relationnelles, conduites de rupture, violentes ou dépendantes, décrochage social, scolaire, etc.

Ces structures accueillent de façon inconditionnelle. Les entretiens sont gratuits et confidentiels, et ne nécessitent pas de rendez-vous. Le jeune peut venir seul ou en groupe, avec ou sans ses parents. Ces derniers pouvant venir seuls aussi.

Les PAEJ ont une fonction d'accueil, d'écoute, de soutien, de sensibilisation, d'orientation et de médiation. Elles se tiennent au contact des jeunes exposés à des situations à risque, ou de leur entourage adulte. Elles permettent aux jeunes d'exprimer leur mal-être et de retrouver des capacités d'initiative et d'action.

Un PAEJ n'est pas un lieu de soins ou d'intervention sociale, il ne propose pas de soin médicalisé ni de prises en charge prolongées.

Le centre médico-psychologique (CMP)

Un CMP est un établissement public qui accueille aussi bien des enfants que des adultes. Il regroupe des psychiatres, des psychologues, des infirmières, des assistantes sociales et d'autres professionnels de santé (ergothérapeutes, psychomotriciens, éducateurs spécialisés, etc.). C'est un lieu d'accueil, d'orientation et de prise en charge de personnes en souffrance et de leurs familles.

Le CMP assure des consultations qui sont entièrement prises en charge par l'Assurance Maladie. Ils fonctionnent par zone géographique. Ils sont sectorisés ; il en existe donc plusieurs par département.

Le Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP)

Le CMPP s'adresse aux enfants et adolescents jusqu'à 20 ans.

Il offre des consultations thérapeutiques ainsi qu'un accompagnement dans le milieu de vie et scolaire. L' est placée sous la responsabilité d'un médecin.

Les CMPP existent dans chaque département et sont directement accessibles aux familles.

Des lieux pour les étudiants en difficulté

Dans le cadre scolaire (lycées, universités), de multiples structures d'accueil, de conseil ou de soins sont accessibles aux lycéens et étudiants.

Les Relais étudiants/lycéens

Ces structures contribuent :

  • à la lutte contre le « décrochage » scolaire ou universitaire, la désinsertion familiale et sociale ;
  • au repérage des situations de violence dans le cadre familial et scolaire ;
  • au dépistage et au traitement précoce des maladies mentales et des conduites addictives ;
  • à la prévention du suicide.

Grâce à des consultations pluridisciplinaires (médecins, psychologues, enseignants, infirmiers, éducateurs, assistantes sociales), les relais permettent d’évaluer une situation précise. Ils vont notamment travailler sur les interactions du jeune avec son environnement, les difficultés rencontrées et les conséquences dans sa vie quotidienne et son parcours d’études. Ces Relais sont un lieu de ressource pour les jeunes, les familles et les professionnels.

Les consultations sont prises en charge par l’Assurance Maladie et sans avance de frais.

Les étudiants relais-santé

Présents dans certains campus universitaires, les étudiants relais-santé (ERS) offrent un premier niveau d'information. Ils accueillent les étudiants, répondent à leurs questions, tout en menant des opérations de sensibilisation et des campagnes d'information destinées aux étudiants.

En effet, pour certains jeunes, il est parfois plus facile de s'adresser à d'autres étudiants, surtout sur des sujets qui peuvent être sensibles. Il est donc capital de ne pas hésiter à les solliciter.

Le Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS)

Chaque université dispose d'un service de santé, le SUMPPS. C'est un lieu d'accueil, d'écoute et d'information en santé.

Il est composé d'une équipe pluridisciplinaire : médecin généraliste, gynécologue, psychiatre, psychologue, infirmière, assistante sociale, etc.

Le Bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU)

Le BAPU est un établissement médico-social. Il propose des consultations médico-psychologiques pour les étudiants et les élèves de classes terminales qui souhaitent une aide psychologique.

Ces consultations sont entièrement prises en charge par l’Assurance Maladie.

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