Somnolence diurne : définition, causes et facteurs de risque

16 février 2018
La somnolence diurne excessive se traduit par un besoin non désiré et parfois incontrôlable de dormir dans la journée. C’est pourquoi, au quotidien, elle représente une gêne voire un risque d'accident. Cette affection concerne surtout les personnes qui ne dorment pas assez.

Qu’est-ce que la somnolence diurne ?

La somnolence diurne (ou somnolence dans la journée) se manifeste par "une envie de dormir" au cours de la journée et correspond à une diminution momentanée de l’éveil.

La somnolence est un phénomène normal quand il survient le soir vers l’heure du coucher, après le déjeuner, ou à d’autres moments dans des circonstances particulières (après une soirée festive ou une nuit blanche par exemple). La somnolence diurne est également fréquente chez les personnes âgées.

En revanche, la somnolence diurne excessive (ou encore "pathologique") se traduit par "un besoin non désiré de dormir" qui :

  • se manifeste quotidiennement ou presque, en dehors des moments précités ;
  • constitue une gêne pour la personne.

Dans ce cas, le besoin de dormir dans la journée peut être irrésistible et de véritables épisodes d’endormissement, plus ou moins récupérateurs, surviennent parfois.

La somnolence diurne excessive concerne un Français sur cinq. Près de 30 % des adolescents de 15 à 19 ans manquent de sommeil.

Les symptômes de la somnolence diurne excessive

La somnolence peut se manifester de différentes façons.

La sensation d’être la plupart du temps somnolent, mal réveillé

L’envie de dormir est alors permanente. Il est également difficile de se concentrer et de fixer son attention.

Un réveil matinal pénible

La personne a l’impression d’être mal réveillée, d’être incapable de réfléchir en se levant. Ces difficultés peuvent aussi se manifester après une sieste. Parfois, pour pouvoir se sentir mieux réveillée le matin, la personne a besoin de dormir 10 à 12 heures par nuit.

Des endormissements involontaires se répétant une ou plusieurs fois dans la journée

Ils surviennent plus facilement dans :

  • une ambiance calme, monotone, lorsque la personne est inoccupée ou passive ;
  • des circonstances indésirables (au volant, au travail, en classe, etc.)

Ces endormissements sont soit incontrôlables, soit contrôlés et évités par le mouvement, la marche ou le fait de prendre la parole.

Un besoin de s’allonger pour dormir dans la journée, trop fréquent et/ou sans bénéfice

La sieste peut se renouveler plusieurs fois dans la journée mais n’apporte pas toujours de soulagement.

Les causes de la somnolence diurne excessive

Elles peuvent être très variées, mais l'insuffisance de sommeil est la principale cause de somnolence diurne.

C’est la principale cause de somnolence. Sur le long terme, la personne ne dort pas suffisamment longtemps pour maintenir un niveau d’éveil normal. Elle se trouve ainsi en privation chronique de sommeil.

Dans ce cas, l’envie de dormir se déclenche principalement l’après-midi ou le soir, surtout en situation de passivité ou au volant d’un véhicule. Les endormissements ne sont pas irrésistibles et, s’il est possible de s’assoupir, le sommeil est récupérateur.
On observe aussi des troubles de l’attention et de la concentration, une irritabilité et des troubles de l'humeur, une baisse des performances scolaires ou professionnelles, un manque de motivation ou encore une fatigue chronique. Des symptômes physiques peuvent s'associer : maux de tête, surpoids, douleurs multiples, susceptibilité aux infections par baisse des défenses immunitaires...

Le temps de sommeil est souvent insuffisant chez :

  • les jeunes parents ;
  • les personnes travaillant beaucoup ou ayant un travail qui perturbe le rythme circadien veille-sommeil : travail posté (3 × 8…), vols transméridiens… ;
  • les personnes souffrant d’insomnies ;
  • les étudiants et adolescents (leur privation de sommeil se manifeste souvent par des endormissements durant les cours ou pendant les pauses).

C’est une cause très fréquente de troubles de la vigilance diurne. En effet, de nombreux produits perturbent les mécanismes du sommeil et peuvent induire une somnolence, certains étant plus souvent en cause. Pami eux :

  • les hypnotiques ;
  • les neuroleptiques ;
  • les antidépresseurs ;
  • les anxiolytiques ;
  • certains antihistaminiques ;
  • certains antiépileptiques ;
  • certains antalgiques ;
  • certains antihypertenseurs (médicaments contre l’hypertension artérielle) ;
  • les corticoïdes ;
  • la théophylline ;
  • les opiacés ;
  • les amphétamines et stimulants apparentés.

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) se caractérise par la survenue d'obstructions fréquentes (complètes ou partielles) des voies respiratoires de l'arrière-gorge, durant le sommeil nocturne. Ce phénomène est responsable d'interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration.

Le SAOS se manifeste par :

  • un ronflement sévère et quotidien ;
  • des épisodes d'étouffement, de respiration haletante pendant le sommeil ;
  • une reprise de respiration bruyante ;
  • un sommeil agité, entrecoupé de micro-éveils à répétition ;
  • un sommeil non réparateur ;
  • un besoin d'uriner plus d’une fois au cours de la nuit (nycturie).

Le sommeil étant alors de mauvaise qualité, une somnolence et des endormissements incontrôlables peuvent apparaître pendant la journée.

Les mouvements périodiques des membres inférieurs se manifestent, pendant le sommeil, par des mouvements répétés et brusques des pieds ou des membres inférieurs, à l'origine de multiples petits réveils nocturnes. Si les personnes concernées n’en ont pas toujours conscience, ces secousses peuvent gêner le sommeil du conjoint, ce dernier ayant également l'impression de recevoir "des coups de pieds" dans la nuit.

Le sommeil est alors fragmenté et non récupérateur, ayant pour conséquence des épisodes anormaux de somnolence diurne. Ces mouvements sont souvent associés à un syndrome des jambes sans repos.

Cette somnolence sévère se manifeste par des épisodes brusques d’endormissement de 10 à 15 minutes, irrésistibles et très récupérateurs. La maladie serait due à la dégénérescence de neurones située dans l'hypothalamus (région à la base du cerveau), qui sécrètent des (hypocrétines ou "orexines") impliqués dans les mécanismes du sommeil.

On différencie trois formes de narcolepsie, les deux premières touchant surtout les jeunes :

  • La narcolepsie avec cataplexie (ou "maladie de Gélineau") est une maladie du sommeil d'origine génétique (98% des narcoleptiques ont un groupage HLA particulier : DQB1 06-02) et auto-immune.
    Elle se traduit par une somnolence diurne avec des épisodes d’endormissements irrésistibles, plusieurs fois par jour, à n’importe quelle heure. Ces signes s’accompagnent d’une cataplexie. Il s’agit d’un effondrement musculaire qui peut être partiel (tête, mâchoire, bras, mains) ou, plus rarement, généralisé (avec chute).
    Ces symptômes surviennent à l’occasion d’une surprise, d’une émotion (généralement agréable) ou d’un rire.
    D’autres manifestations peuvent s’y associer, comme des hallucinations, des paralysies du sommeil (impossibilité de bouger ou parler pendant quelques secondes au réveil) voire un somnambulisme.
  • La narcolepsie sans cataplexie est de cause mal connue, et souvent mal diagnostiquée (en raison de l’absence d’épisodes de cataplexie, qui aident à identifier la maladie).
  • La narcolepsie liée à une maladie neurologique survient après un traumatisme crânien, une sclérose en plaques, une tumeur cérébrale ou une maladie dégénérative (ex. : maladie de Parkinson)...

L'hypersomnie est une pathologie rare. Elle débute avant 25 ans et touche les deux sexes et peut prendre deux formes :

  • Avec allongement de la durée du sommeil, elle entraine une somnolence diurne excessive et un ou deux endormissements quotidiens. Généralement, ils sont moins irrésistibles que dans la narcolepsie, mais l’assoupissement est de longue durée et ne permet pas de récupérer un bon éveil. Parallèlement, le sommeil de nuit est allongé (10 heures au moins) et de bonne qualité. Quant au réveil matinal et après la sieste, il est extrêmement difficile.
  • Sans allongement de la durée du sommeil, on observe aussi une somnolence diurne excessive plus ou moins continue, accompagnée de siestes. Toutefois, la qualité du réveil et la durée du sommeil nocturne sont normales (le sommeil de nuit peut être légèrement allongé, mais reste inférieur à 10 heures).

Des épisodes de somnolence diurne excessive peuvent apparaître en cas de pathologies :

Une somnolence diurne excessive peut aussi survenir après un traumatisme crânien.

D’autres causes de somnolence diurne excessive existent, mais elles sont rarissimes.

La narcolepsie et l’hypersomnie sont des maladies rares 

Si vous souhaitez vous informer sur l’une de ces affections, vous exprimer librement et être écouté, appelez Maladies Rares Info services au 01 56 53 81 36. Une équipe de professionnels répondra à toutes vos questions.

Les conséquences de la somnolence diurne excessive

Elles comprennent :

  • un risque accru d’accidents de la route, du travail ou domestiques ;
  • une altération des performances scolaires ou professionnelles ;
  • des difficultés sociales et familiales.
Sources
  • Hausser-Hauw C. Hypersomnie et insomnie chez l'adulte. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2014;9(2):1-8 [Article 1-0730].
  • La revue du praticien. Somnolence diurne excessive. Site internet : Société française de recherche et médecine du sommeil. Saint-Cloud (France) ; 2007 [consulté le 1er avril 2015]
  • Haut Conseil de la santé publique. Numéro thématique – Épidémiologie des troubles du sommeil. Bull Epidemiol hebd. 2012;44-45.
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Rapport sur le thème du sommeil. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2006 [consulté le 14 février 2018]
  • Orphanet. Narcolepsie-cataplexie. Site internet : Orphanet. Paris ; 2009 [consulté le 14 février 2018]
  • Orphanet. Narcolepsie sans cataplexie. Site internet : Orphanet. Paris ; 2009 [consulté le 14 février 2018]
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Troubles du sommeil de l'enfant et de l'adulte. Site internet : CEN. Paris [consulté le 14 février 2018]