La consultation et le traitement en cas de somnolence diurne

20 avril 2017
Une consultation permet d’identifier les différentes causes de somnolence. Les traitements peuvent être très variés : augmentation du temps de sommeil quotidien, modification des prescriptions médicamenteuses, prise de médicaments psychostimulants, soins en lien avec une maladie associée, etc.

La consultation médicale en cas de somnolence diurne

Votre médecin traitant vous interroge d'abord sur votre somnolence, puis il vous examine. Afin de poser son diagnostic, il dispose aussi de plusieurs échelles d’appréciation (dont celle d’Epworth).
Des tests très sensibles lui permettent notamment d’estimer avec finesse les conséquences de la somnolence sur certaines activités. Ils évaluent la capacité à percevoir un signal et à y répondre, à mémoriser, calculer, conduire, etc. En cas de somnolence excessive, les résultats peuvent être perturbés alors même que la personne testée ne perçoit aucun changement.

Votre médecin peut aussi demander un avis médical spécialisé et des examens complémentaires, notamment un bilan du sommeil. Celui-ci est souvent pratiqué dans des unités du sommeil, où l’on réalise diverses mesures objectives.
Pour connaître l’adresse du centre du sommeil le plus proche de chez vous, vous pouvez consulter le site de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

Un bilan du sommeil peut comporter divers examens.

Il s’agit d’un enregistrement du sommeil réalisé soit sur une nuit, soit sur une nuit et une journée. Il peut se faire à domicile ou durant une hospitalisation nocturne.

Cet examen s’effectue dans la journée. Le patient est allongé dans une pièce sombre et calme et doit se laisser aller au sommeil. Après 20 minutes de sieste maximum, il est réveillé par le technicien qui surveille l’enregistrement. Au total, la personne effectue ainsi 4 à 6 siestes, séparées par un intervalle de 2 heures. Les TILE permettent de diagnostiquer certaines maladies comme la narcolepsie, et de quantifier la rapidité à s’endormir dans des conditions favorables.

Ils sont également répétés toutes les 2 heures, mais les conditions sont différentes : le patient est en position semi-allongée, dans une ambiance calme et peu éclairée, et doit résister au sommeil pendant 20 minutes. Cet examen permet de vérifier qu’il dispose d’une vigilance entièrement normale, et en particulier de contrôler l’efficacité d’un traitement sur la somnolence diurne.

D’autres examens de la vigilance sont parfois effectués, selon les besoins. Dans certains cas, un bilan biologique est aussi nécessaire. Il peut comprendre notamment une mesure du taux d’hypocrétine-1 (ou "orexine A"), neurotransmetteur contenu dans le , si le médecin suspecte une narcolepsie avec cataplexie. Chez 90 % des patients atteints, cet examen montre en effet un taux d’hypocrétine-1 très bas (inférieur à 110 pg/mL). Sa réalisation nécessite une lombaire.

Le traitement de la somnolence diurne

Le traitement de la somnolence dépend de sa cause.

Lorsque le sommeil nocturne est écourté ou de mauvaise qualité, la solution la plus efficace consiste à allonger la durée de sommeil nocturne ou à faire une courte sieste l’après-midi. Sur le plan pratique, la sieste nécessite un lieu calme mais pas obligatoirement un lit. Elle doit être de courte durée (de 5 à 20 minutes) pour ne pas perturber le sommeil nocturne et se situer entre 12 heures et 15 heures, lorsque la vigilance de l'organisme baisse naturellement.

Si vous prenez des médicaments responsables de troubles de la vigilance, votre médecin vous recommande l’arrêt ou le remplacement du produit en cause par un médicament présentant moins d'effets secondaires.

Selon la gravité du syndrome d'apnées obstructives du sommeil, différents traitements sont mis en place pour éviter le blocage des voies aériennes :

  • Les propulseurs mandibulaires (ou ) poussent la mâchoire inférieure en avant et empêchent la langue de se replier et de bloquer la voie aérienne. Ces appareils augmentent l'espace compris entre la base de la langue et le . Pour assurer son bon maintien, l'orthèse doit être réalisée sur mesure et ajustée par des praticiens dentaires spécialement formés, ou thermoformée adaptée directement sur les arcades dentaires. Elle doit être portée toutes les nuits. La denture doit être en bon état.
  • L'application d'une ventilation nocturne en pression positive continue (PPC) dans les voies aériennes supérieures évite le blocage de l'inspiration et prévient la survenue de l'apnée.
    Le débit d'air est fourni par une machine, reliée à un masque nasal par un tuyau souple. Le masque est appliqué sur le visage par un système de harnais.
    Il existe divers appareils, masques et accessoires PPC.

Grâce au traitement, le sommeil est de meilleur qualité et la somnolence diurne diminue.

Le traitement de la maladie en cause dans la survenue de la somnolence (hypothyroïdie, maladie rénale chronique, maladie de Parkinson…) améliore la vigilance diurne.

On prescrit des médicaments stimulant la vigilance (psychostimulants), très efficaces contre les endormissements (modafinil ou, en l’absence d’amélioration, méthylphénidate). Leur usage est très réglementé, la première prescription devant être faite par un neurologue, un médecin exerçant dans un centre du sommeil ou en milieu hospitalier. En effet, ces produits peuvent avoir des effets secondaires cutanés, cardiovasculaires ou psychiatriques (troubles du comportement, pensées anormales, idées suicidaires).

Pour ces raisons :

  • la dose efficace est établie progressivement, selon les réactions de chaque patient ;
  • la prise de ces substances doit impérativement être signalée à votre pharmacien et à tout nouveau médecin consulté.

Le cas échéant, signalez rapidement à l’équipe médicale tout effet secondaire au traitement.

Par ailleurs, ces produits sont contre-indiqués chez :

En cas de crises de cataplexie, le médecin peut aussi prescrire de l’oxybate de sodium. Cette substance présente des effets secondaires tels que des vertiges, nausées, céphalées et plus rarement, des troubles respiratoires graves et neuropsychiatriques.

Si vous prenez un traitement contre la narcolepsie, soyez également très vigilant sur les interactions possibles avec d’autres produits, en particulier les neuroleptiques (agissant sur le psychisme pour traiter notamment les psychoses) et les pilules contraceptives.

En cas d'échec de ces traitements, un médicament nommé Wakix° (pitolisant) peut être prescrit à un adulte présentant une narcolepsie avec ou sans catalepsie.

Il est parfois nécessaire de soigner de façon indépendante d’éventuels symptômes associés à la narcolepsie (ex. : hallucinations).

Sources
  • La Revue du Praticien. Somnolence diurne excessive. Site internet : Société française de recherche et médecine du sommeil. Saint-Cloud (France) ; 2007 [consulté le 1er avril 2015]
  • Centre national de référence narcolepsie et hypersomnie (CNRNH). "Trop dormir, une maladie ?". Site internet : CNRNH. Montpellier (France) ; 2014 [consulté le 1er avril 2015]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). XYREM. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2012 [consulté le 1er avril 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Place et conditions de réalisation de la polysomnographie et de la polygraphie respiratoire dans les troubles du sommeil – Rapport d'évaluation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 1er avril 2015]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Restriction des indications du modafinil (Modiodal 100 mg, comprimé) – Lettre aux professionnels de santé. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2011 [consulté le 1er avril 2015]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Méthylphénidate : données d’utilisation et de sécurité d’emploi en France. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2013 [consulté le 1er avril 2015]