Sècheresse de la bouche : définition, symptômes et causes

05 avril 2017
La sensation de "bouche sèche", ou xérostomie, est due à une réduction de la production de salive appelée hyposialie. Elle peut se manifester par une soif accrue, des problèmes bucco-dentaires, voire des difficultés pour parler ou absorber les aliments.

Qu’est-ce que la sècheresse de la bouche ?

La sécheresse buccale, aussi appelée "xérostomie", est liée à une diminution de la qualité et de la quantité de salive produite (hyposialie). Temporaire ou permanente, la xérostomie peut être :

  • isolée ;
  • associée à une sécheresse des yeux et du vagin, voire de la peau et de la digestive (on parle alors de syndrome sec).

L’impression de "bouche sèche" est diversement appréciée et ressentie selon les personnes. Certaines présentent une hyposialie (faible production de salive) sans sensation de sécheresse buccale. À l’inverse, d’autres personnes disent avoir la bouche sèche, sans toutefois qu’il y ait diminution objective de la quantité de salive produite.

Environ 500 à 600 ml de salive sont produits par 24 heures !

La salive est fabriquée par différentes glandes salivaires (parotides, glandes sublinguales, sous-maxillaires et glandes mineures).

Elle joue plusieurs rôles :

  • protéger les muqueuses et les gencives des agents infectieux ;
  • préserver l’émail des dents en neutralisant l’acidité des aliments, ce qui contribue à la prévention des caries ;
  • lubrifier les muqueuses pour aider à la production de sons, la mastication et la déglutition ;
  • faciliter la perception du goût ;
  • participer à la digestion en décomposant la nourriture, grâce à l’action des salivaires.

Les symptômes de la sécheresse buccale

Ils peuvent être variés.

La personne éprouve :

  • la sensation d'avoir la bouche et/ou la gorge collantes et sèches ;
  • des fendillements des lèvres et de la langue, qui est parfois anormalement rouge ;
  • une impression de brûlure ou d’irritation buccale, surtout pendant l’absorption de nourriture épicée ;
  • une soif accrue.

Ces symptômes sont liés notamment à l'absence de salive sous la langue, où ce liquide est normalement présent en abondance.

Celle-ci se manifeste par :

  • une diminution de la perception du goût des aliments (dysgueusie) ;
  • des difficultés à mastiquer et avaler (dysphagie) ;
  • des troubles de la parole avec problèmes d’élocution (dysphonie) ;
  • des difficultés dans le port des prothèses dentaires.

On observe :

  • des lésions ou infections dans la bouche (ex. : mycose buccale) ;
  • une accumulation de débris alimentaires entre les dents, sur les muqueuses et dans les éventuelles prothèses ;
  • une mauvaise haleine ou "halitose" ;
  • une inflammation des gencives (gingivite) ;
  • des caries dentaires.

Les causes de la sécheresse buccale et de la faible production de salive

Plusieurs mécanismes peuvent intervenir dans la diminution de production de la salive (hyposialie) : manque d’apport d’eau, destruction plus ou moins importante des glandes salivaires ou perturbation dans leur fonctionnement.

L’hyposialie est observée dans les situations suivantes :

  • Le vieillissement
    Avec l’âge, les glandes salivaires fabriquent moins de salive.
  • Un épisode de déshydratation
    En cas de déshydratation et en l’absence de réhydratation, la sécheresse buccale perdure.
  • La prise de médicaments
    De très nombreuses substances peuvent être en cause :
    • ,
    • antidépresseurs,
    • ,
    • certains antalgiques,
    • neuroleptiques (agissant sur le psychisme),
    • antiparkinsoniens (prescrits contre la maladie de Parkinson, anxiolytiques (traitant l'anxiété),
    • anticholinergiques (qui soignent des affections diverses comme les vomissements ou la maladie de Parkinson),
    • ,
    • antihypertenseurs (contre l’hypertension artérielle),
    • médicaments prescrits dans les chimiothérapies anticancéreuses...
  • Certaines maladies chroniques
    La sécrétion de salive est parfois diminuée dans les situations suivantes :
    • les maladies auto-immunes comme le syndrome de Gougerot-Sjögren, responsable d’une sécheresse des yeux, de la bouche et des muqueuses génitales. Cette affection survient surtout chez la femme entre 40 et 60 ans, de façon isolée ou associée à d’autres pathologies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, etc.),
    • le VIH/sida,
    • le diabète,
    • la maladie rénale chronique,
    • après une radiothérapie de la tête et/ou du cou (causant souvent une sécheresse buccale importante par destruction des glandes salivaires),
    • après l’ablation chirurgicale des glandes salivaires.
Stress et bouche sèche

Le stress peut également engendrer une sensation de bouche sèche. Ce phénomène courant, de courte durée, disparaît de lui-même après l’épisode de stress.

Sources
  • Papo T. Conduite à tenir en présence d’un syndrome sec. In : AKOS (Traité de médecine). Paris : Elsevier Masson ; 2014. 10.1016/S1634-6939(14)66054-3
  • Société canadienne du cancer. Sécheresse de la bouche. Site internet : Société canadienne du cancer. Toronto (Canada) ; 2015 [consulté le 22 avril 2015]
  • Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique (CBIP). Sécheresse de la bouche : étiologie et prise en charge. Site internet : CBIP. Gand (Belgique) ; 2010 [consulté le 22 avril 2015]
  • Centre de santé et de services sociaux de Québec-Nord. La xérostomie, concertation multidisciplinaire en gériatrie : causes, conséquences et solutions. Site internet : Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale. Québec (Canada) ; 2009 [consulté le 22 avril 2015]