La consultation et le traitement en cas de sécheresse de la bouche

20 avril 2017
Pour trouver la cause de vos symptômes, votre médecin traitant peut vous prescrire plusieurs sortes examens (analyse chimique de la salive, mesure de son débit, prise de sang, etc.). Le traitement comporte des substituts salivaires, des lubrifiants à usage local, voire des médicaments par voie générale.

La consultation médicale pour sécheresse de la bouche

Votre médecin traitant vous interroge et fait le point sur les médicaments que vous prenez. Ensuite, il vous examine afin d’identifier les symptômes dus à la sécheresse buccale.

Le médecin peut aussi pratiquer le "test au sucre", pour diagnostiquer une baisse de la production de salive. Pour cela, il évalue la vitesse de fonte dans la bouche d’un morceau de sucre calibré.

Parfois, d’autres examens sont prescrits, à savoir :

  • une mesure du débit de salive ;
  • une analyse chimique de celle-ci ;
  • une des glandes salivaires, pour analyser leur fonctionnement ;
  • des examens sanguins (recherche d’auto-anticorps comme le ) et une biopsie des glandes salivaires, si une est suspectée (syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, etc.)

Par ailleurs, en cas de bouche sèche, un rendez-vous chez le chirurgien-dentiste est indispensable tous les 3 à 4 mois. Cela permet de rechercher d’éventuelles caries ou une maladie des gencives.

Le traitement en cas de sécheresse buccale

Les soins dispensés en cas de sécheresse de la bouche visent à :

  • faciliter l’alimentation et l’élocution pour améliorer le quotidien ;
  • prévenir les troubles bucco-dentaires.

Ils peuvent prendre plusieurs formes selon les cas.

Lorsqu’une hyposialie (baisse de la production de salive) apparaît comme effet secondaire d’un médicament, le médecin peut proposer :

  • d’arrêter la prise du produit en question ;
  • si l’arrêt est impossible, de réduire les doses à prendre ou de les répartir différemment (ex. : quantité administrée en plusieurs prises quotidiennes au lieu d’une seule) ;
  • de remplacer la substance prescrite par une autre, présentant un moindre risque d’hyposialie.

Diminuer la sécheresse buccale peut aussi passer par le traitement de l’affection responsable de cette sécheresse (déshydratation, lupus érythémateux disséminé...)

Il consiste d’abord à appliquer un certain nombre de mesures au quotidien. Votre médecin traitant doit s’assurer que vous buvez suffisamment. Il peut aussi vous prescrire des substituts de salive et des lubrifiants, (à renouveler au moins toutes les 3 heures et à utiliser aussi avant les repas et au coucher), ainsi que des bains de bouche. Ces produits se présentent sous la forme d’un liquide à pulvériser ou d’un gel. Ils contribuent à hydrater la buccale, selon le degré d’assèchement et d’inconfort. Cependant, aucun d’eux ne remplace totalement la salive naturelle : ils ne possèdent pas ses propriétés protectrices, et leur effet reste de courte durée.

Ils servent à augmenter la production de salive par les glandes salivaires, en cas d’insuffisance des traitements locaux. Ils sont indiqués en cas de syndrome sec (dû à une maladie générale ou faisant suite à une radiothérapie).

Deux types de médicaments peuvent être prescrits.

  • L’anétholtrithione
    Ce médicament a des effets secondaires (diarrhée, coloration foncée des urines). Il est efficace seulement si les glandes salivaires sont encore capables de sécréter de la salive (on parle de "fonction salivaire résiduelle"). On ne le donne donc pas si ces glandes sont totalement détruites, par exemple suite à une chirurgie ou à une radiothérapie.
  • La pilocarpine
    Elle augmente la sécrétion de salive chez les patients qui peuvent encore en produire. Néanmoins, cette substance provoque parfois des effets secondaires gênants (sudations, crampes abdominales), qui limitent son usage.

Les soins bucco-dentaires en cas de sécheresse de la bouche

Pour protéger les dents et prévenir les caries, le chirurgien-dentiste peut :

  • appliquer du vernis fluoré sur les dents ;
  • conseiller l’utilisation d’un gel ou d’un dentifrice contenant des fluorures.

Afin d’éviter une maladie des gencives, il pratique aussi un détartrage régulier. Enfin, il recommande parfois l’usage d’un gratte-langue pour améliorer la mauvaise haleine.

Sources
  • Société canadienne du cancer. Sécheresse de la bouche. Site internet : Société canadienne du cancer. Toronto (Canada) ; 2015 [consulté le 22 avril 2015]
  • Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique (CBIP). Sécheresse de la bouche : étiologie et prise en charge. Site internet : CBIP. Gand (Belgique) ; 2010 [consulté le 22 avril 2015]
  • Centre de santé et de services sociaux de Québec-Nord. La xérostomie, concertation multidisciplinaire en gériatrie : causes, conséquences et solutions. Site internet : Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale. Québec (Canada) ; 2009 [consulté le 22 avril 2015]
  • Revue Médicale Suisse. Syndrome de Sjögren : enfin une nouvelle approche de traitement. Site internet : Revue Médicale Suisse. Chêne-Bourg (Suisse) ; 2012 [consulté le 22 avril 2015]
  • Cochrane. Les interventions pour la gestion de la sécheresse buccale : thérapies topiques. Site internet : Cochrane. Londres ; 2011 [consulté le 22 avril 2015]