La consultation et le traitement en cas de sécheresse de la bouche

16 avril 2018
Pour trouver la cause d'une sécheresse de la bouche, le médecin traitant peut prescrire divers examens (analyse chimique de la salive, mesure de son débit, prise de sang, etc.). Le traitement comporte des substituts salivaires, des lubrifiants à usage local, voire des médicaments par voie générale.

La consultation médicale pour sécheresse de la bouche

Lors de l'entretien médical, le médecin traitant évalue l'importance de la sécheresse buccale et la gêne ressentie. Il fait le point sur les médicaments pris par son patient et il l'examine.

Pour  identifier le manque de salive, le médecin peut pratiquer des tests approximatifs mais simples comme le "test au sucre". Pour cela, il évalue la vitesse de fonte dans la bouche d’un morceau de sucre calibré (un morceau de sucre n°4 placé sous la langue fond normalement en 3 mn).

Parfois, d’autres examens sont prescrits, à savoir :

  • une mesure du débit de salive (sialométrie) non stimulé et stimulé (stimulation par exemple par du jus de citron gardé en bouche) ;
  • une analyse chimique de la salive ;
  • une échographie des glandes salivaires ;
  • exceptionnellement, une des glandes salivaires, pour analyser leur fonctionnement ;
  • des examens sanguins (recherche d’auto-anticorps comme le ) et une biopsie des glandes salivaires, si une est suspectée (syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, etc.)

Par ailleurs, en cas de bouche sèche, un rendez-vous chez le chirurgien-dentiste est indispensable tous les 3 à 4 mois. Cela permet de rechercher d’éventuelles caries ou une maladie des gencives.

Le traitement de la sécheresse buccale

Le traitement dispensé en cas de sécheresse de la bouche vise à :

  • faciliter l’alimentation et l’élocution pour améliorer le quotidien ;
  • prévenir les troubles bucco-dentaires.

Il peut prendre plusieurs formes selon les cas.

Lorsqu’une hyposialie (baisse de la production de salive) apparaît comme effet secondaire d’un médicament, le médecin peut proposer :

  • d’arrêter la prise du médicament en question ;
  • si l’arrêt est impossible, de réduire les doses à prendre ou de les répartir différemment (ex. : quantité administrée en plusieurs prises quotidiennes au lieu d’une seule) ;
  • de remplacer la substance prescrite par une autre, présentant un moindre risque d’hyposialie.

Diminuer la sécheresse buccale peut aussi passer par le traitement de l’affection responsable de cette sécheresse (déshydratation, lupus érythémateux disséminé...)

Lorsque la salive manque, le traitement consiste d’abord à appliquer un certain nombre de mesures hygiénodiététiques au quotidien. Le médecin traitant doit s’assurer que la personne boit suffisamment chaque jour.

Il peut aussi prescrire des substituts de salive et des lubrifiants buccaux, à renouveler au moins toutes les 3 heures et à utiliser aussi avant les repas et au coucher. Ces produits se présentent sous la forme d’un liquide à pulvériser ou d’un gel. Ils contribuent à hydrater la buccale, selon le degré d’assèchement et d’inconfort. Cependant, aucun d’eux ne remplace totalement la salive naturelle : ils ne possèdent pas ses propriétés protectrices, et leur effet reste de courte durée.

Des bains de bouche bicarbonatés peuvent être prescrits pour diminuer l'acidité de la bouche et prévenir la survenue d'une mycose de la bouche.

Ils servent à augmenter la production de salive par les glandes salivaires, en cas d’insuffisance des traitements locaux. Ces médicaments ne sont efficaces que si les glandes salivaires sont encore capables de sécréter de la salive (on parle de "fonction salivaire résiduelle"). On ne les donne donc pas si les glandes salivaires sont totalement détruites (par exemple après chirurgie ou radiothérapie).

Deux types de médicaments peuvent être prescrits pour stimuler la production de salive.

  • La pilocarpine
    Elle augmente la sécrétion de salive chez les patients qui peuvent encore en produire. Ce médicament a une efficacité démontrée. Néanmoins, cette substance provoque parfois des effets secondaires gênants (hypersudation, douleurs abdominales, nausées, maux de tête, vertiges...), qui limitent son usage.
  • L’anétholtrithione
     Ce médicament a des effets secondaires (diarrhée, coloration foncée des urines) et son efficacité est modérée.

Les soins buccodentaires en cas de sécheresse de la bouche

Pour protéger les dents et prévenir les caries, le chirurgien-dentiste peut :

  • appliquer du vernis fluoré sur les dents ;
  • conseiller l’utilisation d’un gel à haute dose de ou d’un dentifrice contenant des fluorures.

Afin d’éviter une maladie des gencives (gingivite puis parodontite), il pratique aussi un détartrage régulier.

Enfin, il recommande parfois l’usage d’un gratte-langue pour corriger une mauvaise haleine.

Sources
  • Boisramé S, Remaud M, Pers J-O. Conduite à tenir devant une sécheresse buccale. EMC - Oto-rhino-laryngologie 2017:1-7 [Article 20-628-D-10]
  • Papo T. Conduite à tenir en présence d’un syndrome sec. In : AKOS (Traité de médecine). Paris : Elsevier Masson ; 2014. 10.1016/S1634-6939(14)66054-3
  • Société canadienne du cancer. Sécheresse de la bouche. Site internet : Société canadienne du cancer. Toronto (Canada) ; 2018 [consulté le 23 janvier 2018]
  • Fondation contre le cancer. Bouche sèche ou douloureuse. Site internet : Fondation contre le cancer. Bruxelles ; 2017 [consulté le 23 janvier 2018]
  • NIH Senior Health. Dry Mouth. Site internet : NIH Senior Health. Bethesda (États-Unis) ; 2014 [consulté le 23 janvier 2018]
  • Cochrane. Les interventions pour la gestion de la sécheresse buccale : thérapies topiques. Site internet : Cochrane. Londres ; 2011 [consulté le 23 janvier 2018]