Symptômes, diagnostic et évolution de la scoliose

14 novembre 2019
Souvent asymptomatique, la scoliose doit faire l’objet d’un dépistage systématique chez les enfants et les adolescents. Si la maladie est détectée, des radiographies permettent de préciser le diagnostic, puis de suivre l’évolution des courbures de la colonne vertébrale.

Scoliose : quels symptômes ?

La scoliose de l'enfant et de l'adolescent se développe le plus souvent progressivement au cours de la croissance. En général son évolution est lente avant la puberté, puis s'accélère durant cette période. Habituellement l'enfant ne se plaint de rien.
C’est pourquoi une inspection systématique du dos est recommandée une fois par an chez les enfants et adolescents. En effet, la détection la plus précoce possible de la scoliose est essentielle pour une bonne prise en charge médicale.

L'adulte atteint d’une scoliose se plaint parfois de lombalgies. Cependant, cette maladie est asymptomatique la plupart du temps. Seul un examen médical permet alors de la détecter.

Le diagnostic de la scoliose

Pour détecter une scoliose, le médecion procède à un examen médical de son patient.

L’inspection du dos se déroule en plusieurs étapes :

  • La personne est mesurée debout et éventuellement couché. Elle se met ensuite debout, torse nu, et joint ses deux pieds nus. Le médecin recherche alors une éventuelle asymétrie du pli de la taille ou des épaules, premiers signes d’une scoliose.
  • Le patient, toujours debout, se penche vers l’avant, mains jointes, tête en bas et jambes tendues. Le médecin regarde l’arrière de son dos pour rechercher une gibbosité (déformation du dos en forme de bosse) dans le haut du thorax (ou plus rarement au niveau des vertèbres lombaires).
  • Le médecin examine l’enfant ou adolescent pour savoir à quel stade de son développement physique il se trouve (période de croissance, puberté).

Si des signes de scoliose sont présents, le médecin poursuit son observation par un examen complet (neurologique, orthopédique...) à la recherche d’une maladie ou d’une malformation qui pourrait déformer la colonne vertébrale (ou "rachis").

Si, au terme de la consultation, une scoliose a été détectée, le médecin demande des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic :

  • des radiographies de la colonne vertébrale dans sa totalité, de face et de profil : elles permettent  :
    • d’évaluer l’importance des déformations existantes,
    • de mesurer l’amplitude de courbe majeure du rachis, exprimée en degrés et appelée angle de Cobb.
      Ces informations aideront à suivre l’évolution de la scoliose dans le temps ;
  • des radiographies de la main et du poignet gauches, du coude chez l'enfant et des radiographies du bassin chez l'adolescent afin de déterminer l'âge osseux (degré de maturation de l'os par rapport à l'âge) ;
  • selon les cas et le traitement envisagé, d’autres examens peuvent être nécessaires : scanner, IRM, épreuves fonctionnelles respiratoires…

La scoliose et l'angle de Cobb

Schéma expliquant la manière de calculer l’angle de Cobb en cas de scoliose (cf. description détaillée ci-après)

La scoliose est une déviation anormale de la colonne vertébrale. Elle forme une courbe sur l’un des côtés du dos.

Pour déterminer l’amplitude de la déformation de la colonne vertébrale, les médecins calculent l’angle de Cobb. Il se mesure sur une radiographie du rachis, de face. Deux droites sont tracées partant des deux vertèbres les plus inclinées. L’angle formé par l’intersection de ces droites est l’angle de Cobb.

Comment évolue une scoliose ?

L’évolution de la scoliose est mesurée plusieurs fois par an, et conditionne le traitement.

On parle de scoliose évolutive dans les cas suivants :

  • la scoliose de l’enfant augmente durant la puberté, au point que la courbure du rachis, d’au moins 15° au départ, s’accentue de 5° entre deux radiographies à 4 ou 6 mois d'intervalle ;
  • la courbure du rachis est d’emblée supérieure à 30°, quel que soit l’âge de la personne touchée.

De manière générale, chez les adultes, la scoliose est souvent stabilisée. Toutefois, elle peut encore évoluer, de façon plus lente qu’à l’adolescence.

Enfin, pour les femmes, la scoliose s’aggrave parfois à la ménopause (surtout si elle touche la zone lombaire). Durant cette période, la chute du taux hormonal (en œstrogènes) peut être responsable d'ostéoporose et fragilise l’os.

Les scolioses importantes peuvent avoir d’autres conséquences :

  • une diminution des capacités respiratoires liée à la déformation du thorax ;
  • un impact esthétique (déformation du corps, perte de taille) et psychologique, parfois vécu douloureusement par le patient et altérant sa qualité de vie au quotidien.
La reconnaissance de la scoliose en ALD

Une prise en charge des examens et des soins à 100 % (selon les tarifs de l’Assurance Maladie), en rapport avec la scoliose, est possible au titre de l’affection de longue durée (ALD), selon des critères médicaux bien définis et dans les cas suivants :

  • le patient, quel que soit son âge, souffre d’une scoliose évolutive ;
  • le patient est adulte et son affection engendre une perte de taille, ou évolue de telle sorte qu’un traitement orthopédique ou chirurgical est nécessaire.

Le cas échéant, la demande de prise en charge est établie par le médecin traitant pour les personnes de plus de 16 ans ou par tout autre médecin pour les enfants de moins de 16 ans.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Scoliose structurale évolutive (dont l’angle est égal ou supérieur à 25°) jusqu’à maturation rachidienne. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 22 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Scoliose idiopathique structurale évolutive. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 22 octobre 2018]
  • Faundez A, Genevay S. Lombalgie du sujet âgé : le cas méconnu de la scoliose adulte. Rev Med Suisse. 2010;6(255):1358-62
  • De Bodman C, Zambelli P-Y, Dayer R. Scoliose idiopathique de l’adolescent : critères diagnostiques et prise en charge. Rev Med Suisse 2017;13:422-426