Scoliose : le suivi médical et la vie quotidienne

23 mars 2017
Vous ou votre enfant êtes soigné pour une scoliose ? Pour une bonne efficacité du traitement, suivez bien les conseils de l’équipe soignante, en fonction du calendrier fixé. S’il faut porter un corset ou après une opération, quelques précautions permettent de mieux vivre les activités courantes.

Quel suivi médical pour une scoliose ?

La prise en charge d’une scoliose est pluridisciplinaire. Selon les cas, elle peut en effet demander la collaboration de plusieurs professionnels :

  • médecin traitant ;
  • pédiatre ;
  • radiologue ;
  • chirurgien orthopédique ;
  • rhumatologue ;
  • médecin de rééducation ;
  • masseur-kinésithérapeute ;
  • orthoprothésiste (spécialiste de la fabrication et du port de corsets).

Si nécessaire, l’équipe soignante travaille aussi avec les services sociaux, médico-professionnels et éducatifs (ex. : médecins scolaires, médecins du travail...)

En cas de scoliose débutant dans l’enfance ou l’adolescence, il est primordial de prolonger le suivi médical tout au long de la vie. La maladie peut encore évoluer après la fin de la croissance osseuse.

Pour favoriser un suivi plus efficace, voici quelques conseils :

  • dès le début de la prise en charge et à chaque consultation, vous êtes suivi par votre médecin, votre pédiatre ou tout autre professionnel de santé. Ils vous aident à comprendre le traitement et vous expliquent ses modalités et ses éventuels effets indésirables. Pensez à noter vos questions entre deux consultations. Comprendre la scoliose, ses symptômes et son évolution possible, les choix du traitement peut aider à mieux suivre le traitement ;
  • suivez attentivement le traitement prescrit. Il est très important de porter régulièrement le corset, d’effectuer toutes les séances de rééducation et d’appliquer les mesures postopératoires, le cas échéant. Tout ceci, dans le respect du calendrier de suivi ;
  • respectez les visites de surveillance et les examens de contrôle, même si vous vous sentez bien : il est capital de mesurer l'efficacité du traitement ;
  • signalez au médecin traitant tout symptôme qui vous paraîtrait anormal ou tout effet secondaire du traitement.

Porter un corset au quotidien

En cas de traitement incluant le port d’un corset, voici quelques conseils qui aident à mieux vivre avec cet appareil :

  • Il faut s’habituer progressivement au corset. On peut d’abord le porter pendant 6 h sur 24 pendant quelques jours, puis augmenter peu à peu le portage sur trois semaines, jusqu’à atteindre 22 h sur 24. Il est normal que l’appareil semble serré pendant quelque temps, un peu comme des chaussures neuves.
  • Il est nécessaire de protéger la peau sous le corset pour éviter toute plaie, surtout aux endroits où l’appareil fait pression. Pour cela, on enfile toujours avant le corset un maillot de corps en coton, sans couture et bien ajusté (cela limite les plis). En cas d’utilisation d’un T-shirt, on le porte à l’envers afin que les coutures n’appuient pas sur la peau. Chaque fois que l’on retire le corset, il faut vérifier qu’il n’y a ni douleur, ni rougeur, ni plaie. Si vous constatez l’un de ces symptômes, prenez conseil auprès de votre médecin ou de l’orthoprothésiste.
  • Il est recommandé de rester physiquement aussi actif que possible pour garder une bonne musculature du tronc. Le port du corset tend à affaiblir les muscles, surtout dans la région du ventre et dans le bas du dos.
  • Il est indispensable de garder une bonne hygiène alimentaire pour éviter un éventuel excès de poids qui surchargerait le rachis. Pour vous aider, demandez conseil à votre médecin traitant.

Les mesures à suivre en cas d’opération chirurgicale

Si vous avez été opéré, sachez que les tiges fixées sur la colonne vertébrale resteront en place définitivement.

Suite à l’intervention, un déséquilibre du tronc risque de persister quelque temps. En effet, la partie du rachis laissée mobile doit s’habituer à la position de la colonne vertébrale après l’opération. Un nouvel équilibre va s’établir progressivement. Pour ne pas trop solliciter la zone opérée (surtout si elle s’étend au secteur lombaire), prenez quelques précautions :

  • ne pratiquez aucune activité sportive pendant plusieurs mois, période nécessaire pour aboutir à la consolidation du rachis ;
  • pendant six mois, évitez la position assise sur des sièges bas, qui demande une importante flexion de la hanche.

Dans tous les cas, suivez les conseils du chirurgien.

Après l’opération, si vous exercez une activité professionnelle, vous bénéficierez d’un arrêt de travail. Informez votre médecin traitant de votre profession et de vos conditions de travail (mode de transport utilisé, activité manuelle, etc.). Votre médecin pourra vous orienter vers le médecin du travail pour une visite de pré-reprise, permettant :

  • d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez ;
  • de proposer si nécessaire des mesures adaptées ou une reprise d’activité à temps partiel pour motif thérapeutique, avant de reprendre à temps plein.

Sachez qu’après un arrêt de travail supérieur à un mois, une visite de reprise auprs du médecin du travail est obligatoire. Elle doit être effectuée dans un délai de huit jours après votre retour en entreprise.

En cas de difficultés à reprendre votre activité professionnelle, une reconnaissance du statut de travailleur handicapé est parfois possible.

Rapprochez-vous d’une association de patients

Certaines associations peuvent vous informer sur la scoliose et vous aider dans l’aménagement de votre mode de vie, notamment après une opération. Elles peuvent aussi vous fournir une expertise en matière de défense de vos droits.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Scoliose structurale évolutive (dont l’angle est égal ou supérieur à 25°) jusqu’à maturation rachidienne. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 8 octobre 2014]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Scoliose évolutive. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 8 octobre 2014]
  • Mary P. Prise en charge de la scoliose idiopathique de l’enfant et de l’adolescent. Revue du Rhumatisme. 2004;71:160-70.
  • Biot B. Scoliose de l’adulte : place de la rééducation et des corsets. Revue du rhumatisme. 2004;71:301-8.