Le traitement de la sclérose en plaques

19 mars 2019
À ce jour, aucun traitement ne guérit la sclérose en plaques. Un traitement de fond prévient les récidives des poussées dans les formes récurrentes-rémittentes. Les formes progressives ne peuvent bénéficier que d'un traitement symptomatique. La rééducation est utile à tous les stades de la maladie.

Sclérose en plaques : objectifs de la prise en charge

La prise en charge thérapeutique des personnes atteintes de sclérose en plaques est assurée par une équipe médicale spécialisée (neurologue, médecin de rééducation...) en coordination avec le médecin traitant. Elle fait également appel à d'autres professionnels de santé, selon les besoins : ophtalmologiste, kinésithérapeute, ergothérapeute...

Si les traitements ne permettent pas de guérir la sclérose en plaques, ils préviennent de mieux en mieux la récidive des poussées et la survenue d'un handicap définitif. Cependant, ils ne sont pas efficaces sur la forme de sclérose en plaques d'emblée progressive.

Les traitements ont pour objectif de :

  • soulager les symptômes pour améliorer la qualité de vie ;
  • réduire le nombre, la durée et l'intensité des poussées et l'inflammation aiguë liée à la maladie ;
  • éviter les complications liées à l'immobilité, et ce grâce à la rééducation fonctionnelle.

Le traitement des poussées de sclérose en plaques

En cas de poussée de sclérose en plaques, des corticoïdes sont prescrits, en perfusion, sous forme de « bolus ».

Ils permettent de diminuer la durée de la poussée et d'accélérer la récupération.

Ils ne préviennent par la survenue d'une nouvelle poussée.

Le traitement de fond de la sclérose en plaques

Seul un neurologue peut prescrire et renouveler le de sclérose en plaques. Le patient peut être orienté vers d'autres spécialistes, en coordination avec le médecin traitant.

Les médicaments du appartiennent à deux catégories :

  • les immunomodulateurs, utilisés pour compenser le dérèglement du souvent impliqué dans les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques :
    • interférons ß par voie inectable sous-cutanée ou intramusculaire,
    • glatiramère par voie injectable sous-cutanée,
    • diméthyl fumarate en comprimé,
    • tériflunomide en comprimés ;
  • les immunosuppresseurs pour les cas de sclérose en plaques plus sévères. Ces traitements agissent à long terme sur le , ils sont plus puissants que les immunomodulateurs. Ils peuvent réduire le nombre de poussées, retarder ou réduire le handicap et le nombre de lésions. Ces immunosuppresseurs sont plus ou moins sélectifs et ont donc un effet plus ou moins marqué sur le . Il s’agit de :
    • la mitoxantrone administrée en perfusion,
    • du natazilumab (anticorps monoclonal) en perfusion,
    • du fingolimod par voie orale ( sélectif).

Le neurologue informe la personne des effets secondaires des traitements qui nécessitent une surveillance (en particulier, risque infectieux avec les immunosuppresseurs, toxicité cardiaque avec la mitoxantrone...).

Les femmes traitées doivent utiliser une contraception car ces médicaments peuvent présenter un risque en cas de grossesse.

Le traitement des symptômes et complications de la sclérose en plaques

Les symptômes varient d'une personne à l'autre et le traitement de la sclérose en plaques est adapté à chaque cas particulier. Le but du traitement est d'améliorer la qualité de vie des personnes.

Il s'agit de soulager la douleur quand elle existe, de diminuer les contractures, de traiter la constipation, l'anxiété, les troubles urinaires, sexuels...

La rééducation est utile à chaque stade de la maladie. Elle l'est également en dehors des poussées pour le renforcement musculaire, dès que la fatigue devient invalidante ou qu'une nouvelle gêne apparaît. Selon les besoins de chaque personne, la rééducation peut avoir lieu en cabinet de ville, en hôpital de jour ou dans un centre de rééducation.

Voici quelques exemples de rééducation :

  • en cas d'autonomie : auto-rééducation et entretien musculaire ;
  • en cas de poussées importantes : rééducation pour éviter les complications liées à l'immobilité ;
  • en cas de perte d'autonomie : aides pour apprendre à se déplacer en fauteuil roulant, pour maintenir sa force musculaire et ses activités de la vie quotidienne.
Reconnaissance de la sclérose en plaque en ALD

Votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre sclérose en plaques en affection de longue durée (ALD).

Les examens et les soins en rapport avec l’affection sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Sclérose en plaques (SEP). Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 19 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sclérose en plaques. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 19 mars 2019]
  • Collège des enseignants de neurologie (CEN). Sclérose en plaques. Site internet : CEN. Chantepie (France) ; 2017 [consulté le 19 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la sclérose en plaques. Actualisation juillet 2015. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 19 mars 2019]