Les symptômes, le diagnostic et les formes de la sclérose en plaques

24 mars 2017
Les symptômes de la sclérose en plaques varient d'une personne à l'autre. Le diagnostic de la maladie est difficile car il n'existe pas d'examen spécifique. Souvent, la maladie évolue par poussées avec des phases de rémission. Après des années d'évolution, un handicap permanent peut s'installer.

Sclérose en plaques : des symptômes variés, pas toujours significatifs

Au début de la maladie, les symptômes observés sont souvent passagers et variés. Ils dépendent de la zone du cerveau ou de la moelle épinière touchée par les lésions.

Il peut s'agir de :

  • troubles moteurs (faiblesse musculaire, mouvements anormaux, ) ;
  • gêne visuelle (vision double ou baisse d'acuité visuelle d'un œil) ;
  • perte de la sensibilité (engourdissements ou fourmillements) ;
  • troubles de l'équilibre ;
  • fatigue importante et inhabituelle ;
  • troubles de l'attention, de la mémoire ;
  • troubles de l'humeur et épisodes dépressifs ;
  • problèmes urinaires : difficultés à uriner, par exemple ;
  • constipation ;
  • difficultés sexuelles : impuissance ;
  • douleurs (sensations de décharges électriques) à différents endroits du corps, selon la localisation des lésions ;
  • paralysie faciale (cette atteinte des nerfs crâniens est plus rare et ne concerne que 10 % des cas).

Important : l'apparition de l'un ou de plusieurs de ces symptômes n'indique pas forcément la présence d'une sclérose en plaques. Ces symptômes peuvent être provoqués par d'autres maladies.

Le plus souvent, ces premiers symptômes disparaissent après la première poussée et la récupération est en général complète. Une autre poussée peut survenir quelques mois ou années après.

Dans 15 % des cas, les symptômes initiaux ne régressent pas et s'aggravent progressivement. C'est la forme progressive de la sclérose en plaques.

Reconnaissance de la sclérose en plaque en ALD

Votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre sclérose en plaques en affection de longue durée (ALD).

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Sclérose en plaques : un diagnostic long à poser

Le diagnostic est long à poser car il faut :

  • soit attendre la survenue de deux épisodes distincts de la maladie (cas de la forme par poussées) ;
  • soit avoir constaté une évolution progressive de la maladie sur six mois (cas de la forme progressive).

Il n'existe pas d'examens spécifiques permettant de poser le diagnostic de sclérose en plaques. C'est un ensemble d'anomalies qui confirme le diagnostic. Ainsi, le médecin doit s'assurer que son patient ne présente pas d'autre affection pouvant expliquer les symptômes présentés.

Le patient est pris en charge par une et un bilan est prescrit. Ce bilan comporte :

  • un examen neurologique ;
  • une IRM du cerveau et de la moelle épinière. C'est l'examen le plus parlant, montrant les lésions sous forme de signaux et leur étendue au niveau du système nerveux central ;
  • un fond d'œil ;
  • éventuellement une lombaire ;
  • d'autres examens complémentaires selon les symptômes présentés.

Si le diagnostic est confirmé, d'autres examens peuvent être prescrits avant la mise en route du traitement : analyses de sang, ECG, cardiaque, radiographie pulmonaire...

Des formes multiples de sclérose en plaques et d'évolution variable

Les formes de la sclérose en plaques sont multiples. En effet, les symptômes de la maladie, son évolution et son impact sur la qualité de vie diffèrent d'une personne à une autre. La maladie évolue par poussées ou de manière progressive.

La forme évolutive par poussées

Dans la forme évolutive par poussées, les symptômes peuvent apparaître en quelques heures ou en quelques jours. Ils régressent totalement ou partiellement en quelques semaines (forme appelée rémittente). Le symptôme le plus fréquent est une névrite oculaire (atteinte du nerf optique) avec troubles de la fonction visuelle. La récupération de la fonction visuelle est complète en six mois, dans 80 % des cas.

La maladie évolue sur plusieurs années avec des symptômes variables selon un rythme imprévisible d'apparition des poussées. L'atténuation ou la disparition des symptômes (période de rémission) peut être de durée variable, voire permanente.

La forme récurrente-rémittente représente 85 % des cas de sclérose en plaques.

Après un délai variable de 5 à 20 ans, les poussées laissent des séquelles. Un handicap permanent peut s'installer et s'aggraver de façon progressive, avec ou sans poussées : c'est la phase secondairement progressive de la maladie.

Chez certaines personnes, une incapacité à marcher peut survenir 20 ans après l'apparition de la maladie. Mais il est possible de conserver son autonomie beaucoup plus longtemps.

La forme progressive

Dans le cas de forme progressive, il y a une aggravation des symptômes pendant au moins six mois. Cette forme représente 15 % des cas.

Elle est aussi plus sévère et survient en général après l'âge de 40 ans. L'aggravation de la maladie est régulière, avec ou sans crise supplémentaire.

Variabilité de l'évolution de la sclérose en plaques

Schéma : variabilité de l'évolution de la sclérose en plaques
Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Sclérose en plaques (SEP). Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 30 juin 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sclérose en plaques. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 30 juin 2016]
  • Collège des enseignants de neurologie (CEN). Sclérose en plaques. Site internet : CEN. Paris ; 2012 [consulté le 30 juin 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la sclérose en plaques. Actualisation juillet 2015. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 30 juin 2016]